À Coachella, le 10 avril 2026, Sabrina Carpenter a transformé son concert en fiction pop hollywoodienne. Au cœur de ce dispositif baptisé “Sabrinawood”, l’apparition de Susan Sarandon, dans le rôle d’une Sabrina Carpenter plus âgée, a introduit l’image rare dans la pop féminine d’une star projetée au-delà de sa jeunesse
Sabrina Carpenter a transformé la scène principale de Coachella en décor de cinéma. Pour son premier set en tête d’affiche, la chanteuse américaine a déployé un spectacle pensé comme un récit à part entière, baptisé “Sabrinawood”, avec faux générique hollywoodien, séquence filmée en noir et blanc, références à Psycho et au Magicien d’Oz, et une scénographie inspirée du Walk of Fame.
Au milieu de ce show très écrit, Susan Sarandon est apparue dans une voiture vintage installée sur un décor de drive-in. Dans cette arrivée au cœur du désert californien affleure aussi l’ombre de Thelma et Louise, l’un des rôles iconiques de l’actrice. Pendant près de sept minutes, elle a livré un monologue dans la peau d’une Sabrina Carpenter plus âgée. Ce basculement a suspendu le rythme du spectacle pour ouvrir un espace plus introspectif, presque crépusculaire. À travers ce double vieilli, la chanteuse fait surgir dans la pop féminine l’image rare d’une star confrontée à ce que le temps fait à son visage, à son identité et à la manière dont les autres continuent, ou non, de la regarder. Elle insiste sur l’écart entre les images anciennes et la femme qu’elles sont censées raconter. La nièce du personnage, dit-elle, peine d’ailleurs à reconnaître dans les photos du passé la femme qu’elle a devant elle. « Tante Sabrina est heureuse, mais elle ne sourit pas. »
Ce choix scénique prend une résonance particulière dans une industrie où la visibilité des femmes reste étroitement liée à la jeunesse. Susan Sarandon a déjà évoqué la faiblesse des rôles proposés aux actrices plus âgées. En 2016, Vanity Fair relevait qu’elle suivait le conseil d’Helen Mirren en refusant les « seconds rôles sans intérêt » souvent réservés aux actrices vieillissantes. Cette séquence intervient aussi après une période de forte controverse pour l’actrice, lâchée par son agence après ses prises de position pro-palestiniennes. Sa présence à Coachella dépasse donc le simple clin d’œil prestigieux. Elle charrie aussi une histoire plus large, celle d’Hollywood et de sa façon d’exposer, de célébrer puis de déplacer ses actrices.



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