LE MEDIA FEMINISTE PIONNIER QUI DOCUMENTE CE QUE L’AGE FAIT AUX FEMMES
Crédit photo : screen insta ©Menopunks

Les 26 et 27 juin 2026, Menopunkapalooza a réuni à Portland des figures de la scène punk féministe américaine pour parler de ménopause, de sexualité et d’accès aux soins. Un événement musical conçu comme un outil de mobilisation.

Des concerts, des débats médicaux, une foire aux ressources et un slogan scandé par le public. « Hormones are healthcare », les hormones font partie des soins de santé. Pendant deux jours, Menopunkapalooza a installé la ménopause sur la scène du Crystal Ballroom et du Mission Theater de Portland, dans l’Oregon. le festival a réuni environ 750 personnes et plusieurs groupes issus de la scène punk du nord-ouest des États-Unis. Ce festival a été créé par Alicia J. Rose, musicienne, réalisatrice et animatrice du podcast Menopunks. Son projet part d’un constat personnel. Comme plusieurs artistes présentes, elle raconte avoir traversé la périménopause sans comprendre immédiatement l’origine de ses symptômes et sans recevoir de réponses médicales adaptées.

Au début des années 1990, le mouvement riot grrrl avait fait de la scène punk du nord-ouest des États-Unis un espace de contestation féministe. Certaines de ses pionnières, ainsi que d’autres musiciennes punk de la même génération, prolongent aujourd’hui ce combat en abordant la ménopause, la santé et le vieillissement des femmes. Trente ans plus tard, certaines de ses représentantes prolongent ce combat en abordant la santé des femmes à partir de 45 ans. La démarche vise aussi à contester l’effacement culturel des musiciennes vieillissantes. Gilly Ann Hanner, membre de Calamity Jane, résume cette position dans The Guardian. Voir d’autres femmes remonter sur scène permet de se dire que l’on n’est peut-être pas trop vieille pour continuer à jouer. Et que, même si on l’était, cela ne devrait rien changer.

Le traitement hormonal au cœur des débats

Une partie du festival était consacrée au traitement hormonal de la ménopause et aux difficultés rencontrées par certaines patientes pour accéder à des professionnels correctement formés. Et cette question dépasse largement le cadre du festival. En 2025, The Menopause Society a lancé un programme de formation doté de 10 millions de dollars, avec l’objectif de former 25 000 professionnels de santé en trois ans. L’organisation estime que la plupart des soignants reçoivent encore peu ou pas d’enseignement spécifique sur la ménopause.

Aux États-Unis, la perception de ces traitements reste marquée par la publication, en 2002, des premiers résultats de la Women’s Health Initiative. Leur interprétation avait conduit à une baisse massive des prescriptions. En février 2026, la Food and Drug Administration américaine a approuvé de nouvelles modifications des notices de plusieurs traitements hormonaux, après avoir réexaminé les données scientifiques disponibles.

De la scène au documentaire

Menopunkapalooza devait aussi permettre de financer et de tourner des images pour Menopunks, le documentaire réalisé par Alicia J. Rose. Le film réunira notamment Pat Benatar, Neko Case, Alice Bag et Peaches, ainsi que des professionnelles de santé. Sa diffusion dans des festivals est envisagée pour 2027. Le festival a replacé la ménopause dans l’histoire des luttes féministes. Avec du bruit, de la colère, de l’humour et des femmes qui refusent de quitter la scène parce qu’elles vieillissent.

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Sophie Dancourt

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