Dimanche 15 mars 2026, lors de la cérémonie des Oscars à Los Angeles, la directrice de la photographie américaine Autumn Durald Arkapaw est entrée dans l’histoire. Récompensée pour son travail sur Sinners de Ryan Coogler, elle devient la première femme à remporter l’Oscar de la meilleure photographie depuis la création de la catégorie en 1929.
Dans l’histoire des Oscars, ce prix est l’un des plus masculins. Avant elle, seules quelques femmes avaient réussi à être nommées, dont Rachel Morrison pour Mudbound en 2018 ou Ari Wegner pour The Power of the Dog en 2022. Aucune n’avait encore gagné. Mais au-delà du symbole, c’est son discours qui a marqué la soirée. Sur scène, Autumn Durald Arkapaw a interrompu ses remerciements pour s’adresser directement aux femmes présentes dans la salle. « J’aimerais que toutes les femmes dans cette salle se lèvent, parce que je sais que je ne serais pas arrivée ici sans vous ». La cheffe-opératrice a poursuivi visiblement émue : « ’ai ressenti tellement d’amour de la part des femmes tout au long de cette campagne. Des moments comme celui-ci arrivent grâce à vous. »
Ce moment a transformé son Oscar individuel en victoire collective. Car dans les métiers techniques du cinéma — et particulièrement dans les départements image — les femmes restent encore très minoritaires. Âgée de 46 ans, Autumn Durald Arkapaw s’est imposée ces dernières années comme l’une des directrices de la photographie les plus remarquées d’Hollywood. Formée à l’American Film Institute, elle s’est d’abord illustrée dans le cinéma indépendant avant de signer l’image de projets très visibles, comme Black Panther: Wakanda Forever ou la série Loki.
Sa collaboration avec le réalisateur Ryan Coogler sur Sinners marque une nouvelle étape dans sa carrière. Originaire de Los Angeles et d’ascendance philippine et afro-créole, elle a progressivement imposé une signature visuelle très remarquée à Hollywood. Lors de la cérémonie, la cheffe-opératrice a également évoqué son histoire familiale, expliquant avoir apporté avec elle la photo de son grand-père, Guillermo Pagan Bautista, résistant philippin pendant la Seconde Guerre mondiale.
À Hollywood, où les Oscars aiment écrire l’histoire, cette victoire en marque une. Après près d’un siècle d’attente, la statuette de la meilleure photographie revient enfin à une femme. Mais l’image qui restera de la soirée n’est peut-être pas celle du trophée. C’est celle d’une salle entière qui se lève.



Ajouter un commentaire