LE MEDIA FEMINISTE PIONNIER QUI DOCUMENTE CE QUE L’AGE FAIT AUX FEMMES
Crédit photo : Wikimedia Festival de Cannes 2025

Connue pour son rôle d’Olivia Benson dans New York, unité spéciale, Mariska Hargitay a transformé sa notoriété en levier de réforme judiciaire. Sa fondation vient de franchir une étape majeure dans le traitement des kits de viol aux États-Unis.

Mariska Hargitay, 62 ans, est indissociable d’Olivia Benson, l’enquêtrice devenue capitaine dans New York, unité spéciale. Depuis plus de vingt ans, l’actrice incarne à l’écran une figure de référence dans la prise en charge des crimes sexuels. Mais ce rôle lui a aussi ouvert une autre trajectoire, bien au-delà de la fiction.

Au fil des saisons, Mariska Hargitay a reçu des milliers de lettres et de messages de victimes de viol, d’agressions sexuelles et de violences conjugales. Beaucoup lui racontaient leur histoire, les démarches engagées, les silences rencontrés et les failles du système judiciaire. Cette correspondance a joué un rôle décisif dans son engagement puisqu’en 2004, l’actrice crée la Joyful Heart Foundation, une organisation dédiée à l’accompagnement des victimes de violences sexuelles, de violences conjugales et de maltraitances. L’un des combats les plus structurants de la Fondation concerne les kits de prélèvement après viol. Réalisés après une agression, ces kits permettent de recueillir des preuves ADN essentielles à une enquête. Aux États-Unis, une partie d’entre eux a pourtant été conservée pendant des années sans analyse, dans des commissariats, des laboratoires ou des entrepôts. Ces retards ont laissé de nombreux dossiers sans avancée, alors même que ces preuves pouvaient permettre d’identifier un agresseur, de relier plusieurs affaires ou de relancer une procédure.

Pour répondre aux défaillances dans la gestion des stocks de kits non analysés, la Joyful Heart Foundation a lancé la campagne End the Backlog, que l’on peut traduire par « mettre fin à l’arriéré ». Une mobilisation qui repose sur six piliers de réforme prévoyant notamment l’inventaire des kits non testés, l’obligation de transmettre et d’analyser les anciens kits, l’analyse systématique des nouveaux, la création de systèmes de suivi, l’accès des victimes à l’état d’avancement de leur dossier et des financements dédiés. Cette initiative vient de franchir une étape majeure. Le 1er mai 2026, le Maine est devenu le dernier État américain à adopter au moins une mesure de réforme. L’enjeu porte désormais sur l’application concrète des mesures, l’analyse des kits encore en attente et la prévention de nouveaux arriérés.

Mariska Hargitay a accompagné ce combat sur plusieurs fronts. Avec Joyful Heart Foundation, elle a soutenu un travail de plaidoyer législatif, une campagne nationale et une mobilisation État par État. L’actrice a aussi contribué à porter le sujet dans l’espace public avec le documentaire HBO I Am Evidence, sorti en 2017.

Sophie Dancourt

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