Vingt-neuf ans après sa disparition, Lady Di reste une icône bien au-delà de son style. Dans sa façon de s’habiller, de parler, de s’affirmer ou de poser ses limites, voici huit attitudes qu’on peut encore lui emprunter aujourd’hui.
1. Refuser la posture de victime
29 juin 1994. À la télévision britannique, le prince Charles reconnaît avoir été infidèle pendant leur mariage. Le même soir, Diana est attendue à une soirée organisée à la Serpentine Gallery, à Londres. Elle apparaît dans une robe noire courte, décolletée, épaules nues, signée Christina Stambolian. Une tenue qu’elle possède depuis plusieurs années mais qu’elle n’avait encore jamais portée, la jugeant trop audacieuse. La presse la baptisera rapidement la « revenge dress ».
Alors que la soirée devait être dominée médiatiquement par les aveux de Charles, c’est Diana qui capte les regards. Son apparition renverse le récit : au lieu d’incarner l’épouse humiliée, elle impose une image de maîtrise, d’assurance et d’indépendance.
Ce qu’on lui emprunte : le dress code comme armure.
2. Aller au contact
En avril 1987, Diana inaugure au Middlesex Hospital de Londres une unité consacrée aux personnes atteintes du sida. À l’époque, la maladie suscite encore une peur immense et de nombreuses idées fausses circulent sur sa transmission.
Devant les photographes, elle serre sans gant la main d’un patient. Le geste n’est pas banal en 1987. En touchant publiquement un homme séropositif, Diana contribue à déconstruire l’idée que le VIH pourrait se transmettre par un simple contact physique. Elle fera de même quelques années plus tard avec des personnes atteintes de la lèpre, là encore pour combattre la peur et la mise à distance.
Ce qu’on lui emprunte : le geste audacieux.
3. S’exposer pour une cause
En janvier 1997, Diana se rend en Angola avec la Croix-Rouge britannique et le HALO Trust. Casque, visière et gilet de protection, elle traverse une zone minée à Huambo. Les images font immédiatement le tour du monde.
La question des mines antipersonnel est alors très politique et son déplacement suscite des critiques au Royaume-Uni. Diana assume pourtant de sortir du rôle attendu d’une princesse pour attirer l’attention sur les victimes et les conséquences humaines de ces armes.
Quelques mois plus tard, le traité d’Ottawa interdit les mines antipersonnel. Diana n’en est évidemment pas à l’origine à elle seule, mais son engagement a largement contribué à placer le sujet sous les projecteurs.
Ce qu’on lui emprunte : défendre ses idées sur le terrain.
4. Ne plus cacher ses fragilités
En novembre 1995, dans l’interview accordée à l’émission Panorama de la BBC, Diana brise plusieurs tabous à la fois. Elle parle de sa boulimie, de sa dépression postnatale et du mal-être qu’elle a traversé pendant son mariage.
À l’époque, ces sujets sont encore largement tus, et plus encore au sein de la famille royale. En les évoquant publiquement, Diana refuse l’image lisse et silencieuse que son statut lui impose. Elle raconte elle-même ses fragilités plutôt que de laisser les autres les interpréter à sa place.
Cette parole très personnelle contribue aussi à rendre visibles des réalités vécues par de nombreuses femmes, à une époque où la santé mentale et les troubles alimentaires restent beaucoup moins ouvertement abordés qu’aujourd’hui.
Ce qu’on lui emprunte : mettre des mots sur ce qu’on traverse.
5. Savoir lever le pied
En décembre 1993, Diana annonce qu’elle réduit fortement ses engagements publics. La pression médiatique est devenue telle qu’elle dit ne plus pouvoir remplir correctement son rôle tout en préservant une vie personnelle.
Après son divorce en 1996, elle va plus loin encore. Elle abandonne la plupart de ses patronages pour n’en conserver que quelques-uns, notamment autour du sida, de la lutte contre la lèpre, de l’enfance et du cancer.
Dans un univers où la disponibilité permanente fait partie du rôle, Diana choisit donc de réduire, trier et recentrer. Non pas pour disparaître, mais pour consacrer son énergie à ce qu’elle juge réellement important.
Ce qu’on lui emprunte : laisser tomber le FOMO (Fear of Missing Out, la peur de rater quelque chose).
6. Tourner la page avec panache
En juin 1997, quelques semaines avant sa mort, Diana fait vendre aux enchères chez Christie’s à New York 79 robes de sa garde-robe. Certaines ont été portées lors de visites officielles ou de soirées devenues célèbres.
La vente rapporte plus de 3 millions de dollars, reversés au Royal Marsden Hospital Cancer Fund et à l’AIDS Crisis Trust. Mais le geste vaut aussi par sa portée symbolique : après son divorce, Diana se sépare d’une partie très visible de sa vie de princesse et transforme ces vêtements en autre chose qu’en souvenirs.
Au lieu de conserver ces robes comme les reliques d’un rôle qu’elle n’occupe plus, elle les fait circuler, leur donne une nouvelle valeur et clôt un chapitre avec une certaine élégance.
Ce qu’on lui emprunte : se débarrasser de ce qu’on ne veut plus porter — au propre comme au figuré.
7. Sortir de sa bulle
Diana tient aussi à confronter William et Harry à des réalités très éloignées de leur quotidien princier. Enfants, ils l’accompagnent notamment lors de visites privées à Centrepoint, une organisation qui accompagne les jeunes sans domicile.
Diana cherche à leur montrer d’autres vies, d’autres difficultés, d’autres façons de grandir. William expliquera plus tard combien ces rencontres l’ont marqué ; il deviendra patron de Centrepoint en 2005.
Cette volonté de ne pas vivre uniquement entre soi dépasse largement l’éducation de ses fils. Diana multiplie elle-même les contacts avec des personnes que son milieu social aurait pu lui permettre de ne jamais rencontrer.
Ce qu’on lui emprunte : casser l’entre-soi.




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