En 2025, 496 245 femmes ont utilisé un traitement hormonal de la ménopause en France, selon une étude EPI-PHARE publiée par l’ANSM et la Cnam. Parmi les femmes âgées de 45 à 60 ans, 4,4 % ont eu recours au THM. Une hausse qui relance aussi la question de l’accès aux soins à la ménopause.
Le chiffre reste limité, mais la tendance est nette. Après une baisse continue entre 2012 et 2022, l’utilisation du traitement hormonal de la ménopause repart à la hausse. Chez les 45-60 ans, la proportion d’utilisatrices était passée de 6,6 % en 2012 à 3,6 % en 2022. Elle atteint 4,4 % en 2025. Cette évolution intervient après deux décennies de prudence autour du traitement hormonal de la ménopause. Les essais thérapeutiques menés aux États-Unis au début des années 2000 avaient mis en évidence des risques accrus d’événements thromboemboliques veineux, cardiovasculaires et de cancer du sein. Ces résultats avaient entraîné un encadrement plus strict et une baisse importante des prescriptions, y compris en France. Depuis 2022, les usages remontent. Entre 2022 et 2025, l’utilisation du THM augmente de 24 %. En 2025, 107 949 femmes de 45 à 60 ans ont commencé un traitement hormonal de la ménopause. Ce niveau correspond à celui observé en 2012, après une division par deux des initiations entre 2012 et 2020.
Ces chiffres indiquent une reprise de l’usage du THM, sans pour autant signaler un recours massif. Le traitement hormonal de la ménopause reste encadré et doit être discuté au cas par cas, selon les symptômes, les antécédents médicaux et le rapport bénéfice-risque propre à chaque femme. En 2025, la Haute Autorité de santé a confirmé sa place dans la prise en charge des troubles du climatère modérés à sévères, notamment lorsque les symptômes altèrent la qualité de vie. Le THM peut également être prescrit pour prévenir l’ostéoporose chez certaines femmes à risque de fracture, lorsqu’elles ne peuvent pas bénéficier des traitements habituellement proposés. Dans tous les cas, la prescription suppose une évaluation initiale précise et une réévaluation au moins une fois par an. Cet encadrement s’accompagne d’une évolution des pratiques. L’étude relève un recours désormais largement majoritaire aux gels et patchs à base d’estradiol, plutôt qu’aux formes orales.
Au-delà de la hausse des prescriptions, l’étude pointe un accès inégal à la prise en charge. Lorsqu’elle analyse les caractéristiques des nouvelles utilisatrices ayant initié un traitement en 2024, EPI-PHARE relève un profil socio-économique plus favorisé que chez les non-utilisatrices. Ces femmes ont un recours aux soins plus fréquent, elles participent davantage aux dépistages des cancers et présentent moins de comorbidités, notamment moins d’antécédents cardio-métaboliques et de cancers. L’accès à une prise en charge de la ménopause semble aussi dépendre du niveau d’information, du suivi médical déjà installé et de la capacité à accéder aux bons interlocuteurs.
Plus d’une première prescription sur deux est réalisée par un gynécologue libéral, devant les médecins généralistes. Cette répartition éclaire une autre dimension du sujet. L’accès au THM dépend aussi de la possibilité d’identifier un interlocuteur formé, disponible et en mesure d’aborder la ménopause comme un véritable enjeu de santé.


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