Un dôme de chaleur précoce s’installe sur la France en mai 2026, avec des températures attendues à des niveaux inédits pour la saison. Les dernières données sanitaires montrent que les fortes chaleurs exposent davantage les personnes âgées, avec un risque plus marqué chez les femmes.
Météo-France prévoit un pic de chaleur qui pourrait dépasser 24 °C entre le dimanche 24 et le mercredi 27 mai, un niveau jamais atteint en mai depuis le début de cette mesure en 1947. Cette chaleur précoce arrive après un été 2025 déjà marqué sur le plan sanitaire. Troisième été le plus chaud mesuré en France depuis 1900, il a été ponctué par quatre épisodes de canicule et a concerné 69 départements. Le bilan publié par Santé publique France donne la mesure de l’impact sur les corps. Au cours de cet été, plus de 24 000 recours aux soins d’urgence ont été recensés pour des pathologies liées à la chaleur, comme l’hyperthermie, la déshydratation ou l’hyponatrémie. Plus de 5 700 décès sont attribuables à l’exposition aux fortes températures. Les personnes âgées concentrent la part la plus lourde de ce bilan. Les 75 ans et plus représentent 53 % des passages aux urgences liés à ces pathologies et près des trois quarts des décès attribuables à la chaleur pendant l’été 2025.
Pour les femmes de 50 ans et plus, le risque reste moins visible dans les données publiques. Les bilans isolent surtout les plus de 65 ans ou les plus de 75 ans, alors que les études sur la thermorégulation montrent que la vulnérabilité peut commencer plus tôt chez les femmes.
Pourquoi les femmes de 50 ans sont impactées
Cette période de la vie concentre plusieurs facteurs rarement étudiés ensemble. La ménopause peut modifier la thermorégulation, le sommeil, la tension artérielle, la composition corporelle et la perception de la chaleur. À ces paramètres physiologiques peuvent s’ajouter des maladies chroniques, certains traitements médicaux, des conditions de travail éprouvantes ou un logement mal adapté.Une étude de Penn State publiée dans American Journal of Physiology-Regulatory, Integrative and Comparative Physiology a montré que les femmes de 40 à 64 ans présentent une vulnérabilité à la chaleur comparable à celle des hommes de 65 ans et plus. Les chercheuses et chercheurs ont observé que les femmes d’âge médian et âgées étaient affectées par la chaleur à des niveaux de température et d’humidité plus bas que les hommes du même âge.
Pour autant, cette donnée ne transforme pas toutes les femmes de 50 ans en population fragile. Elle montre que les seuils de tolérance varient selon le sexe, l’âge et les transformations physiologiques. Elle éclaire aussi un manque de précision dans la prévention. Les fortes chaleurs dépassent largement l’inconfort estival, elles s’inscrivent dans un ensemble de risques sanitaires, sociaux et professionnels encore insuffisamment documentés pour les femmes de 50 à 64 ans.
La chaleur laisse une trace dans le corps
Les effets d’une vague de chaleur ne s’arrêtent pas toujours avec la baisse des températures. Au-delà des malaises, de la fatigue ou des coups de chaud, l’exposition répétée aux fortes chaleurs peut laisser une trace plus profonde dans l’organisme. Une étude publiée en 2025 dans Nature Climate Change a montré qu’elle était associée à une accélération de l’âge biologique, mesuré à partir de marqueurs cellulaires. Cet âge biologique ne correspond pas au nombre d’années vécues. Il renseigne sur l’état réel du corps, influencé par l’environnement, l’alimentation, le stress, l’activité physique, la pollution, les maladies chroniques ou les expositions climatiques. Deux personnes nées la même année peuvent ainsi présenter des marqueurs de vieillissement très différents.
La chaleur entre dans cette équation parce qu’elle agit comme un stress physiologique répété. Elle sollicite le cœur, perturbe la circulation sanguine, favorise la déshydratation, fragilise le sommeil et peut aggraver des pathologies déjà présentes. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que le stress thermique accentue les risques cardiovasculaires, respiratoires, métaboliques et certains troubles de santé mentale. Il augmente aussi le risque d’accidents, notamment lorsque la chaleur altère la vigilance, l’effort physique ou la récupération.
En Europe, les femmes âgées paient un prix plus lourd
Les données européennes confirment que la chaleur ne frappe pas les femmes et les hommes de la même manière. Une étude menée par ISGlobal et publiée dans Nature Medicine estime à 62 775 le nombre de décès liés aux fortes températures en Europe pendant l’été 2024. Le nombre de décès estimés chez les femmes est supérieur de 46,7 % à celui observé chez les hommes. L’écart se creuse avec l’âge. Chez les plus de 75 ans, le taux de décès lié à la chaleur est estimé à un niveau 323 % plus élevé que dans les autres classes d’âge. Cette donnée montre que le genre et l’âge ne s’additionnent pas seulement dans les bilans sanitaires mais se renforcent.
Cette surmortalité féminine ne relève donc pas seulement du grand âge. Elle tient aussi à la manière dont le vieillissement, les maladies chroniques, les traitements médicamenteux, les conditions de vie et les inégalités sociales modifient la capacité à résister aux fortes températures. Les données disponibles documentent surtout les décès les plus visibles, mais elles montrent que les femmes âgées forment un groupe particulièrement exposé lors des épisodes de chaleur extrême.
Article initialement publié en septembre 2025, actualisé en mai 2026 avec les dernières données de Santé publique France, de Météo-France et de l’étude ISGlobal publiée dans Nature Medicine.



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