LE MEDIA FEMINISTE PIONNIER QUI DOCUMENTE CE QUE L’AGE FAIT AUX FEMMES
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Vice-présidente depuis 2018, Delcy Rodríguez a été appelée à assurer l’intérim de la présidence vénézuélienne après la capture de Nicolás Maduro par les États-Unis. Sa nomination repose sur un mécanisme constitutionnel, mais suscite des contestations, au Venezuela comme à l’étranger.

La nomination de Delcy Rodríguez est intervenue dans un moment de rupture brutale. Dans les heures qui ont suivi la capture de Nicolás Maduro lors d’une opération menée par les États-Unis, le Tribunal suprême de justice a appliqué la Constitution et a confié l’intérim de la présidence à la vice-présidente. Le mécanisme est légal et la transition immédiate. Aucun calendrier électoral n’a toutefois été annoncé.

Le lendemain de sa désignation, Delcy Rodríguez s’est exprimée lors d’une allocution télévisée diffusée par les médias publics vénézuéliens. Elle a condamné l’opération menée par les États-Unis et repris la qualification de « kidnapping » utilisée par les autorités de Caracas pour décrire la capture de Nicolás Maduro. Elle a affirmé que : « Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre. Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela ». Et a appelé à la libération immédiate de Maduro en le qualifiant de « seul président du Venezuela », réaffirmant que la direction de l’État restait ancrée à Caracas.

La conti

Juriste de formation, Delcy Rodríguez est l’une des figures les plus influentes du pouvoir vénézuélien depuis plus d’une décennie. Proche de Nicolás Maduro, elle s’inscrit dans la continuité du chavisme, courant politique fondé par Hugo Chávez, et construit sur une concentration progressive du pouvoir exécutif et un affaiblissement des contre-pouvoirs institutionnels. Sous sa présidence, puis de manière plus marquée sous Nicolás Maduro, l’appareil judiciaire a été utilisé pour neutraliser des adversaires politiques, avec des poursuites et des emprisonnements d’opposants, de syndicalistes et de figures de la société civile, régulièrement dénoncés par les organisations internationales de défense des droits humains.

Ancienne ministre des Affaires étrangères, puis ministre du Pétrole, Delcy Rodríguez a été l’une des principales porte-voix de cette ligne politique sur la scène internationale. Pour ses détracteurs, elle est l’un des visages d’un système accusé d’avoir verrouillé durablement l’espace politique et d’avoir fait pression sur les médias indépendants comme El Nacional, quotidien historique de l’opposition vénézuélienne. Cette critique de la continuité du pouvoir ne se limite pas au champ médiatique. Dans l’opposition María Corina Machado, figure centrale de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, appelle à l’organisation d’une élection présidentielle. Après la capture de Nicolás Maduro, elle affirme que son camp est prêt à remporter un scrutin libre et annonce son intention de revenir au Venezuela pour y participer. Et présente la voie électorale comme l’issue politique à la crise en cours.

Sophie Dancourt

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