Calcul de la pension plus favorable, nouveaux trimestres pour les carrières longues, bonification dans la fonction publique. Depuis ce 1er septembre, plusieurs règles de retraite liées aux enfants évoluent.
Deux décrets publiés au Journal officiel le 31 juillet 2026 modifient plusieurs règles concernant la retraite des mères et les droits accordés au titre des enfants. Elles concernent principalement les femmes, dont les carrières restent davantage affectées par les interruptions d’activité, le temps partiel et les écarts de rémunération. L’enjeu n’est pas marginal. Fin 2024, la pension moyenne de droit direct des femmes résidant en France reste inférieure de 36 % à celle des hommes, selon les dernières données de la Drees. Cet écart reflète notamment des carrières moins rémunératrices et plus souvent interrompues.
Une ou deux mauvaises années pourront sortir du calcul
Premier changement pour la retraite des mères, le calcul de la pension devient plus favorable pour les parents bénéficiant de trimestres ou de bonifications au titre de leurs enfants.
Jusqu’à présent, dans les régimes où la retraite est calculée à partir des meilleures années de revenu, le salaire ou revenu annuel moyen était établi sur les 25 meilleures années. Désormais, ce calcul porte sur les 24 meilleures années pour un enfant et les 23 meilleures années à partir de deux enfants. Sont notamment concernés le régime général, les régimes agricoles et certains indépendants.
Concrètement, la mesure permet d’écarter du calcul une ou deux années de revenus plus faibles. Elle peut donc être particulièrement favorable aux femmes dont la carrière comporte des périodes de temps partiel, des interruptions ou une progression salariale importante. L’effet ne sera toutefois pas spectaculaire pour toutes. Selon les estimations gouvernementales rapportées par Le Monde, le gain moyen atteindrait environ 1 % de pension pour les femmes concernées, avec des écarts importants selon les parcours professionnels.
Les trimestres pour enfants peuvent désormais aider à partir en carrière longue
Deuxième évolution, les trimestres accordés au titre des enfants peuvent désormais être intégrés, dans certaines limites, au nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d’un départ anticipé pour carrière longue. Jusqu’ici, ces majorations n’entraient pas dans ce calcul. Jusqu’à deux trimestres liés aux enfants peuvent désormais être retenus. Cette modification peut permettre à certaines femmes ayant commencé à travailler jeunes d’atteindre plus tôt la durée d’assurance nécessaire pour partir avant l’âge légal.
Elle ne crée cependant pas automatiquement un droit au départ anticipé. Les autres conditions du dispositif carrière longue restent applicables, notamment l’âge auquel l’activité professionnelle a commencé et le nombre de trimestres validés en début de carrière. Service-Public rappelle que le dispositif concerne les personnes ayant commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans, selon les situations.
Certaines majorations pour enfants pouvant également être attribuées aux pères, ces nouvelles règles ne sont pas exclusivement réservées aux femmes.
Une nouvelle bonification pour certaines fonctionnaires
Troisième changement, les femmes fonctionnaires bénéficient d’une nouvelle bonification d’un trimestre par enfant né à partir du 1er janvier 2004, à condition d’avoir accouché après leur recrutement dans la fonction publique. Le décret précise que ce trimestre est intégré aux droits à pension des fonctionnaires concernées. La mesure vaut également pour certaines ouvrières des établissements industriels de l’État.
Cette bonification doit améliorer le calcul de la pension de certaines mères fonctionnaires. Elle ne modifie en revanche pas les règles applicables aux enfants nés avant 2004.
Des mesures qui corrigent une partie seulement des inégalités
Ces nouvelles règles sur la retraite des mères prennent davantage en compte les conséquences de la maternité sur les carrières. alors qu’une partie importante des écarts se construit plusieurs décennies auparavant. En 2024, dans le secteur privé, le revenu salarial annuel moyen des femmes reste inférieur de 21,8 % à celui des hommes. Même à volume de travail identique, l’écart atteint encore 14 %, selon l’Insee. Le temps partiel plus fréquent chez les femmes et les écarts de salaire continuent ainsi de peser sur leurs droits futurs à la retraite.
Les nouvelles règles s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Les personnes proches d’un départ à la retraite, en particulier celles susceptibles de relever du dispositif carrière longue, peuvent vérifier leur situation auprès de leur caisse de retraite ou via les simulateurs officiels d’Info Retraite et de l’Assurance retraite.





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