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	<title>Mathilde Doiezie, auteur/autrice sur J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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	<title>Mathilde Doiezie, auteur/autrice sur J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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		<title>SORCIÈRES : L&#8217;HISTOIRE DES FEMMES QUI DÉRANGENT À LA LOUPE D&#8217;UNE EXPO</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Jun 2026 06:55:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À Nantes, une exposition retrace l&#8217;une des plus vastes persécutions de l&#8217;histoire en mettant en avant les ressorts historiques et l&#8217;évolution des regards artistiques sur les femmes accusées de sorcellerie. Avant de rentrer dans la pop culture avec des figures sympathiques comme Samantha dans la série «&#160;Ma sorcière bien-aimée&#160;» ou Hermione Granger dans «&#160;Harry Potter&#160;», [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À Nantes, une exposition retrace l&#8217;une des plus vastes persécutions de l&#8217;histoire en mettant en avant les ressorts historiques et l&#8217;évolution des regards artistiques sur les femmes accusées de sorcellerie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de rentrer dans la pop culture avec des figures sympathiques comme Samantha dans la série «&nbsp;Ma sorcière bien-aimée&nbsp;» ou Hermione Granger dans «&nbsp;Harry Potter&nbsp;», la sorcière s&#8217;est traînée une terrible réputation au cours des siècles. Aujourd’hui, de nombreuses femmes ont retourné le stigmate en revendication féministe, avec moult badges et autocollants, mais les ancêtres ont craint pendant plusieurs siècles précédents d&#8217;être considérées comme des sorcières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;autrice féministe Mona Chollet avait analysé le phénomène et ses retombées contemporaines dans son célèbre essai <a href="https://www.editionsladecouverte.fr/sorcieres-9782355221224">«&nbsp;Sorcières&nbsp;: la puissance invaincue des femmes&nbsp;»</a> (La Découverte, 2018). Cette année, le musée d&#8217;Histoire de Nantes y consacre une exposition qui revient jusqu&#8217;au 28 juin sur quatre siècles de persécutions en Europe, ayant fait périr jusqu&#8217;à 90 000 victimes – dont les trois-quarts étaient des femmes – selon les estimations les plus pessimistes. L&#8217;idée&nbsp;: dévoiler la<em> «&nbsp;réalité historique qui se cache derrière cet imaginaire que nous connaissons tous&nbsp;»</em>, explique la commissaire Krystel Gualdé, directrice scientifique du musée d’Histoire de Nantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Racines antiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;exposition remonte à l&#8217;Antiquité pour explorer les racines du phénomène, bien avant l&#8217;apparition même du mot «&nbsp;sorcier&nbsp;» ou « sorcière » au 12e siècle. Déjà, les philosophes comme Platon et Aristote considèrent les femmes comme des hommes inachevés. Une «&nbsp;faiblesse&nbsp;» définit par des hommes qui portera atteinte aux femmes tout au long des siècles suivants&#8230; Une amphore représentant Médée égorgeant ses enfants rappelle que les sorcières ont pu être aussi soupçonnées d’infanticides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, à l&#8217;époque, des magiciennes – autant craintes que vénérées – font aussi partie de la société et sont reconnues pour leurs pouvoirs multiples&nbsp;: celui de composer des philtres, de prédire l&#8217;avenir, de soigner, de jeter ou guérir d’une malédiction&#8230; La magie, le mysticisme, la protection contre le mauvais sort font partie du quotidien, alors que l&#8217;absence de sciences capables d&#8217;expliquer certains phénomènes manque cruellement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Spécificité féminine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À partir du 11e siècle, pour asseoir son pouvoir dans la société, l&#8217;Église catholique combat de manière véhémente toutes les pratiques et croyances qu&#8217;elle associe au paganisme. Elle s&#8217;attaque alors aux magiciennes et aux sorcières, devenues responsables de tous les maux&nbsp;inexplicables : épidémies, famines, meurtres, vols, décès&#8230; Des juridictions dédiées à la lutte contre l&#8217;hérésie et à la sorcellerie apparaissent. En particulier à partir de la publication en 1487 du «&nbsp;Malleus Maleficarum&nbsp;», dont un exemplaire est exposé, qui donne un cadre aux crimes de sorcellerie et les associe à une spécificité féminine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&#8217;au 15e siècle, la féminisation du crime de sorcellerie n&#8217;est pas encore complètement partagée, comme le démontrent des images représentant des hommes initiés. Pourtant, de premières représentations d&#8217;Ève, chassée du paradis avec Adam, montrent le poids de la religion chrétienne dans les liens entre ce qui est considéré comme le péché originel et la première femme de l&#8217;humanité. Les femmes deviennent davantage associées aux forces obscures et à la figure du Diable, en particulier lorsqu&#8217;elles sortent des normes. Et il suffit parfois simplement d&#8217;une dénonciation d&#8217;un voisin pour qu&#8217;une accusation fonde sur elles…</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Discriminations associées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&#8217;art s&#8217;empare de cette panique morale. Cela passe par des miniatures dans des parchemins ou des livres de théologie. Où des femmes apparaissent surmontant divers animaux ou avec un balai entre les jambes. Les représentations de scènes de «&nbsp;sabbat&nbsp;» – cérémonies qui détourneraient les sacrements de l&#8217;Église – deviennent de plus en plus nombreuses. Le terme est dérivé du «&nbsp;shabbat&nbsp;» des personnes juives, elles aussi régulièrement persécutées. L&#8217;exposition rappelle ainsi à quel point les personnes minorisées et discriminées sont souvent assimilées dans les esprits obtus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les artistes de l&#8217;époque, s&#8217;emparer du sujet est un moyen de s&#8217;émanciper des représentations religieuses, les seules véritablement admises, nous apprend l&#8217;exposition. Elle permet de découvrir des gravures d’Albrecht Dürer et de Hans Baldung Grien . Ainsi qu&#8217;une quantité de peintures sorties des collections de différents musées, qui dépeignent des scènes de réunions démoniaques, de personnages effrayants, de monstres surréalistes à la manière de Jérôme Bosch.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Lutte contre la persécution et réinvention de la figure</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les violences dont sont victimes les femmes accusées de sorcellerie ont presque toujours été dénoncées, mais pas toujours été entendues. Comme d’autres violences faites aux femmes. Certaines voix se sont élevées plus fort que d’autres, comme celle de Christine de Pisan, philosophe et poétesse du 15e siècle, à la pensée féministe. Les aveux obtenus sous torture, faisant foi pour les procès, finissent par être combattus, notamment par le Parlement de Paris, première juridiction qui prend des sanctions contre les juges qui condamnent sans preuve établie. Au fur et à mesure, les élites prennent de la distance vis-à-vis de ces dénonciations, qui se calment. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis la figure de la sorcière évolue. Des liens entre les sorcières et les premières revendications des femmes sont mis en avant. Elles deviennent alors des femmes fatales et dominatrices sous le pinceau des artistes, proches de la nature en devenant guérisseuses ou naturopathes plus tard, rebelles au système patriarcal et à la modernité.</p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><br><em>Sorcières<br>Château des ducs de Bretagne – Musée d&#8217;histoire de Nantes<br>Jusqu&#8217;au 28 juin<br></em><a href="https://www.chateaunantes.fr/expositions/sorcieres/"><em>https://www.chateaunantes.fr/expositions/sorcieres/</em></a><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br></p>
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			</item>
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		<title>CLAIRE RICHARD : « J’AI COMPRIS QUE JE N&#8217;ÉTAIS PAS SEULE À AVOIR PEUR DE RESSEMBLER À MA MÈRE  »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 06:30:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son ouvrage « Pardonner à nos mères », la documentariste radio et autrice de 40 ans explore les relations tumultueuses qui unissent les filles et leurs mères, dans le contexte du patriarcat. Vous avez grandi en vous répétant un mantra : « Je ne serai jamais comme elle ». Pourquoi avez-vous cherché à comprendre ce qui sépare les filles [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans son ouvrage « Pardonner à nos mères », la documentariste radio et autrice de 40 ans explore les relations tumultueuses qui unissent les filles et leurs mères, dans le contexte du patriarcat.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez grandi en vous répétant un mantra : « Je ne serai jamais comme elle ». Pourquoi avez-vous cherché à comprendre ce qui sépare les filles de leurs mères ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que j&#8217;étais prise depuis très jeune dans un faisceau de difficultés avec ma mère. C&#8217;était assez douloureux, mais je n&#8217;en parlais jamais avec mes amies, je gardais cela privé. Je vivais la situation comme un problème interpersonnel plus que comme quelque chose de sociologique. Puis en 2019, alors que j&#8217;étais enceinte et traversée de plein de sentiments ambivalents, j&#8217;ai découvert le terme de « matrophobie », développé par la théoricienne féministe américaine Adrienne Rich*. Dans son livre « Naître d&#8217;une femme », elle parle de la peur des filles de devenir comme leur mère, notamment à travers l&#8217;expérience de la maternité, en raison de l&#8217;impossible équation que constitue cette institution dans une société patriarcale. C&#8217;est venu clarifier ce que je ressentais de puis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>À ce moment-là, vous découvrez aussi que vous n&#8217;êtes pas seule à chercher à tout prix à éviter de ressembler à votre mère. Qu&#8217;est-ce que cela a changé pour vous ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&#8217;alors, je n&#8217;avais eu droit qu&#8217;à des explications psychologiques sur la relation avec ma mère qui ne me parlaient pas du tout. Là, tout à coup, je tenais une explication politique. Je me rendais compte qu&#8217;il y avait une expérience partagée autour de cette situation. L&#8217;appel à témoignages pour le livre est venu confirmé cela. Le concept de matrophobie m&#8217;est alors apparu comme une idée puissante que j&#8217;ai eu envie de faire voyager pour mieux la faire connaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En quoi une lecture féministe aide-t-elle à comprendre ces différends entre générations de femmes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand j&#8217;étais adolescente, je n&#8217;avais pas les outils féministes pour comprendre pourquoi je cherchais ainsi à m&#8217;opposer à ma mère et à m&#8217;éloigner de l&#8217;image et du rôle de la féminité qu&#8217;elle me renvoyait. Puis en grandissant, je me suis beaucoup intéressée aux théories féministes. Je trouve que lorsqu&#8217;on met le doigt sur un mécanisme, cela permet d&#8217;être moins à sa merci. Alors j&#8217;ai souhaité contribuer à cette cartographie féministe, sur ce que le patriarcat fait à nos relations intimes. Ceci dit, j&#8217;ai eu très peur de trahir la cause féministe, en pointant du doigt les mères. Surtout que les idées sexistes continuent de circuler vigoureusement parmi les jeunes générations et l&#8217;on pourrait être tentée de se concentrer sur la défense basique du féminisme. Jusqu&#8217;à ce que je me rende compte que cette thématique résonnait chez d&#8217;autres femmes et qu&#8217;il y a un enjeu féministe à explorer la question de la complicité des femmes dans la transmission du patriarcat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <br><strong>Cette lecture féministe aide-t-elle forcément à « pardonner à nos mères », comme l&#8217;évoque le titre de votre essai ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;ai mis du temps à accepter ce titre, qui était plutôt une suggestion de mon amie et éditrice Victoire Tuaillon <em>[qui dirige la collection Les Renversantes, aux éditions Leduc]</em>. Souvent, la question du devenir des liens familiaux est posée à travers le pardon. Aussi parce que nous vivons dans une société très influencée par la pensée chrétienne. Personnellement, ce n&#8217;est pas un terme que j&#8217;utilise. Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il s&#8217;agit de nos mères qu&#8217;il faut tout pardonner. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs eu des remarques au sujet de ce titre, qui peut créer des malentendus, en particulier pour des personnes victimes de violences physiques ou psychologiques. Avec ce titre, mon souhait était finalement plutôt de s&#8217;interroger sur ce qu&#8217;on fait de cette relation à nos mères et de cette injonction au pardon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu&#8217;est-ce qui peut quand même permettre de comprendre à vos yeux pourquoi un tel décalage s&#8217;opère entre les mères et leurs filles aujourd&#8217;hui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut comprendre que beaucoup de nos mères<em> [Claire Richard a 40 ans]</em> sont nées avant la généralisation de l&#8217;avortement. Elles font partie de la première génération ayant eu accès à la maîtrise de la contraception. Elles ont pu ouvrir pour la première fois ouvrir un compte à leur nom <em>[à partir de 1965 – voir </em><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/60-ans-de-liberte-bancaire-pour-les-femmes/"><em>notre article</em></a><em>]</em>. Elles ont davantage travaillé, tout en devant assumer la double journée à plein pot. Même si la question de l&#8217;inégalité face au travail domestique avait été théorisé par les féministes dès les années 1970, cela a mis du temps à imprégner les mentalités. Surtout, il y a eu un gros <em>backlash [retour en arrière]</em> féministe dans les années 1980 et 1990. Nos mères ont grandi dans un monde encore plus sexiste que le nôtre, donc elles ont reproduit à un certain degré les structures sociales dans lesquelles elles ont elles-mêmes grandi, de manière inconsciente ou parfois dans une forme de protection pour tenter de nous adapter à ce monde inégalitaire. Il faut aussi se souvenir que toutes nos mères sont des filles, qui elles-mêmes ont grandi avec une mère en lutte ou en proie à la société patriarcale et les normes de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong> Les relations filles-mères sont-elles condamnées à ces difficultés ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, je ne pense pas. Du moins, je n&#8217;espère pas. J&#8217;ai justement entamé ce travail en imaginant qu&#8217;il pourrait aussi constituer une sorte d&#8217;archive d&#8217;une forme affective d&#8217;un temps donné. Je remarque qu&#8217;aujourd&#8217;hui, il y a de plus en plus de parents qui se préoccupent de la façon d&#8217;élever des filles de façon plus égalitaire. Il existe plus d&#8217;outils pour cela aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Votre mère a-t-elle lu votre livre et est-ce venu réparer des choses entre vous ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&#8217;est pas un livre sur notre relation, j&#8217;en dis d&#8217;ailleurs assez peu de choses. Mais bien sûr elle l&#8217;a lu, c&#8217;était très important pour moi qu&#8217;elle puisse le lire avant qu&#8217;il soit publié. Elle m&#8217;a même dit qu&#8217;elle lirait deux fois, une fois de façon brute et une deuxième de façon plus analytique. Mais elle ne m&#8217;en a pas encore parlé, sans doute qu&#8217;elle n&#8217;y est pas prête. Pourtant, j&#8217;ai l&#8217;impression que depuis l&#8217;écriture et la publication du livre, quelque chose s&#8217;est déjà dénoué entre nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.placedeslibraires.fr/listeliv.php?base=allbooks&amp;mots_recherche=pardonner+%C3%A0+nos+m%C3%A8res"><em>Pardonner à nos mères</em></a><em>, coll. Les Renversantes, éditions Leduc, 192 pages, 17 euros, version numérique 12,99 euros</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">*Adrienne Rich, <em>« Naître d&#8217;une femme : la maternité en tant qu&#8217;expérience et institution »</em>, paru pour la première fois aux États-Unis en 1976, puis publié en français chez Denoël / Gonthier en 1981. Une réédition française vient également de paraître en avril chez Hors d&#8217;atteinte, sous le titre <em>« La Maternité obligatoire. De l’expérience intime au poids de l’institution ».</em><br><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br> </p>
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		<title>S&#8217;IMPLIQUER DANS LES MOBILISATIONS FÉMINISTES PASSÉ 50 ANS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l&#8217;occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, J&#8217;ai piscine avec Simone a donné la parole à plusieurs femmes pour questionner leur place dans les mobilisations féministes. Elles nous ont raconté leurs différents héritages, leur prise de conscience tardive ou leur ancrage dans un engagement plus quotidien. Dans les cortèges du 8 [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l&#8217;occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, J&#8217;ai piscine avec Simone a donné la parole à plusieurs femmes pour questionner leur place dans les mobilisations féministes. Elles nous ont raconté leurs différents héritages, leur prise de conscience tardive ou leur ancrage dans un engagement plus quotidien.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les cortèges du 8 mars, les pancartes colorées et les slogans scandés donnent souvent l’image d’un féminisme porté par les jeunes générations. Pourtant, de nombreuses femmes de plus de 50 ans participent aussi aux combats féministes. Parfois dans la rue, parfois autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines ont grandi dans un univers déjà traversé par les luttes féministes. C&#8217;est le cas de Sophie Khalifa, 54 ans. <em>« Mon arrière-grand-mère était suffragette. Je suis tombée dedans petite. »</em> Ensuite, sa grand-tante a élevé sa mère, puis elle et sa sœur, alors que ses parents avaient divorcé en 1977<em>, «&nbsp;l&#8217;année où l&#8217;ONU a reconnu la Journée internationale des droits des femmes&nbsp;»</em>, souligne-t-elle. Une histoire personnelle qui a tracé sa trajectoire féministe. Depuis 15 ans, succédant à un engagement de sa mère, elle s&#8217;est investie au sein du réseau Soroptimist, avec lequel elle participe régulièrement à des actions en faveur des femmes. <em>«&nbsp;J&#8217;ai aussi fait des marches pour l&#8217;égalité salariale, pour l&#8217;endométriose ou pour inscrire l&#8217;IVG dans la Constitution&nbsp;»</em>, décrit-elle. Mais le 8 mars reste un moment essentiel de visibilité des engagements féministes pour elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de femmes racontent une prise de conscience plus tardive, en prise avec des inégalités salariales.<em>« Je suis née dans les années 1970 et je crois qu&#8217;à cette époque, tellement de choses était en train de changer que nous avions l&#8217;impression que l&#8217;égalité des droits était acquise, </em>relate Céline Wienhold, 55 ans.<em>J&#8217;ai fait de super études. Je n&#8217;ai pas eu l&#8217;impression d&#8217;être freinée dans ma carrière. Le féminisme n&#8217;était pas un sujet pour moi »</em>. Puis, en avançant dans sa carrière, elle a pris conscience du décalage qui s&#8217;est créé avec son ex-conjoint, qui ne s&#8217;est pas arrêté pour prendre du temps avec les enfants. <em>« Pour ma génération, l’émancipation est beaucoup passée par les études, par une forme de <em>girl power, </em></em>continue de son côté Fanny Guyomard, 56 ans<em><em>. </em>J&#8217;ai eu une carrière extrêmement riche, mais il a fallu se battre contre les remarques déplacées ou des situations qui relèveraient aujourd’hui du harcèlement sexuel selon la définition actuelle. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le féminisme au prisme du dialogue entre générations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">D&#8217;autres ont été encouragées dans cette voie par leurs filles, qui ont entrevu une brèche dans les questionnements de leur mère. Sandrine Missakian, 53 ans, explique que son féminisme s’est affirmé après une longue carrière au sein d&#8217;une entreprise dont l&#8217;univers était très masculin.<em> «&nbsp;Je me suis questionnée sur mon rôle de manageuse. Je me suis rendu compte que j&#8217;avais été plus dure avec les femmes qu&#8217;avec les hommes, que j&#8217;avais tendance à materner. Mes filles – qui ont 23 et 26 aujourd&#8217;hui – m&#8217;ont encouragée dans mes questionnements en m&#8217;offrant &#8220;Nous sommes toutes des féministes&#8221; de Chimananda Ngozie Adichie. Depuis, j&#8217;ai véritablement fait mon </em>coming out <em>féministe et cela transpire dans toutes mes activités.&nbsp;»</em> Sandrine met cela en application dans plusieurs réseaux d’entrepreneures et dans le monde du sport, en tant que coach de basket, où elle constate que le chemin est encore «<em>&nbsp;très long&nbsp;» </em>pour les jeunes auprès desquels elle est impliquée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gaëlle Pineda, 53 ans, évoque aussi les discussions avec sa fille de 20 ans, venues percuter son travail de sémiologue sur l&#8217;invisibilisation des femmes de plus 50 ans dans l&#8217;univers des médias et de la culture. Il y a deux ans, elle s&#8217;est rendue à sa première manifestation féministe du 8 mars à Paris, avec sa fille et sa mère.<em> «&nbsp;Nous étions trois générations différentes, avec la même intention pour défendre quelque chose&nbsp;»</em>, se souvient-elle. Elle n&#8217;avait jamais participé à une manifestation auparavant, mais s&#8217;y est sentie très à l&#8217;aise, grâce à la <em>«&nbsp;diversité de profils et d&#8217;âge&nbsp;»</em>. <em>«&nbsp;J&#8217;ai découvert qu&#8217;on pouvait avoir un féminisme qui ne s&#8217;exprime pas que par le prisme intellectuel. Qu&#8217;il pouvait aussi être jubilatoire en s&#8217;exprimant dans la rue, rien que par le fait d&#8217;être toutes ensemble.&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des façons différentes de militer selon les générations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, son <em>« militantisme à elle »</em> passe davantage par son travail, plus que par les manifestations. Pareil pour Céline Wienhold, 55 ans, qui accompagne des femmes dans la création d&#8217;entreprises. <em>« Je suis très sensible à la journée du 8 mars, mais je suis plutôt une féministe du quotidien. Si on doit faire bouger les choses, c’est à travers les décisions qu’on prend et les actions qu’on mène au jour le jour »</em>, affirme-t-elle. D&#8217;autant qu&#8217;elle n&#8217;est tout simplement pas très à l&#8217;aise dans la foule. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes observent en tout cas un changement de rapport au féminisme entre les générations. <em>« Ma fille — et je pense que ses amies aussi — ne laissent plus du tout passer certaines choses. Elles les imposent. C’est plus radical. »</em>, dépeint Gaëlle Pineda.<em>« Un jour, ma fille de 22 ans m&#8217;a dit : &#8220;Tu as accepté des choses dans ta vie que je n’accepterai jamais&#8221;</em>, décrit de son côté Fanny Guyomard. <em>C&#8217;est très bien, poursuis le travail, je lui ai répondu. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Isabelle Thiery-Fuchs, 62 ans, constate aussi des différences générationnelles dans son engagement régulier au sein de l&#8217;association Osez le féminisme 67. Elle fait partie des plus âgées de son organisation. <em>« J’ai 20 ou 25 ans de plus que la personne la plus âgée après moi »</em>, dit-elle. Ce qui bouscule les priorités militantes. <em>« À mon époque, nous parlions beaucoup d’égalité salariale. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on parle surtout des violences sexuelles. »</em> Si elle reconnaît l’importance de ces combats, elle regrette que cela prenne trop de place, au détriment d&#8217;autres enjeux devenus moins visibles. «<em>Il serait aussi important de parler des femmes modèles, du sexisme ordinaire ou de la place des femmes dans les sciences »</em>, donne-t-elle pour exemple.<br><br>Certaines, comme Sophie Khalifa, sont aussi décontenancées par certaines attitudes, comme la nudité dans les manifestations ou la cohabitation avec d&#8217;autres combats autour du genre ou l&#8217;adoption pour les personnes homosexuelles. <em>« C&#8217;est tout aussi important, mais différent. Et chacune a le droit de s&#8217;exprimer comme elle le souhaite, mais je pense qu&#8217;il faut qu&#8217;on reste digne si l&#8217;on veut que notre corps soit respecté »</em> Quoi qu&#8217;il en soit, elle sera bien dans les rues dimanche à Paris pour la manifestation féministe. <em>« C&#8217;est important de continuer à manifester pour que nos droits deviennent de vrais acquis et qu&#8217;on ne puisse pas revenir en arrière. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><br><br></em></p>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi </strong>: <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/femmes-de-50-ans-et-si-on-adoptait-5-strategies-collectives-pour-mettre-fin-a-linvisibilite/">FEMMES DE 50 ANS : ET SI ON ADOPTAIT 5 STRATÉGIES COLLECTIVES POUR METTRE FIN À L’INVISIBILITÉ ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/simpliquer-dans-les-mobilisations-feministes-passe-50-ans/">S&#8217;IMPLIQUER DANS LES MOBILISATIONS FÉMINISTES PASSÉ 50 ANS</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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		<title>RUE MÁLAGA : LA VIEILLESSE COMME ÉMANCIPATION</title>
		<link>https://jaipiscineavecsimone.com/rue-malaga-la-vieillesse-comme-emancipation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 08:12:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son nouveau film, la réalisatrice marocaine Maryam Touzani signe une ode vibrante à l&#8217;indépendance des femmes âgées. Une lettre d&#8217;amour aux femmes de sa famille et à Tanger. Nul besoin de courir les rues pour embrasser le monde et partir à la découverte de soi. Une seule peut suffire. Maryam Touzani et son héroïne [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans son nouveau film, la réalisatrice marocaine Maryam Touzani signe une ode vibrante à l&#8217;indépendance des femmes âgées. Une lettre d&#8217;amour aux femmes de sa famille et à Tanger.</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nul besoin de courir les rues pour embrasser le monde et partir à la découverte de soi. Une seule peut suffire. Maryam Touzani et son héroïne Maria Angeles ont ça en commun. Il s&#8217;agit de la rue Málaga, à Tanger. Celle dans laquelle la réalisatrice marocaine a grandi et celle qu&#8217;arpente Maria Angeles (Carmen Maura) depuis ses jeunes années. Si Maryam Touzani a été voir du pays – allant étudier à Londres, installée à Casablanca depuis, tout en ayant une carrière qui l&#8217;emmène régulièrement à l&#8217;étranger – elle revient dans <em>Rue Málaga</em> explorer son passé, tout comme le temps qui passe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Maria Angeles, 79 ans, coule une vie douce en papotant avec son voisinage, en prenant soin de ses géraniums et en écoutant la musique qu&#8217;elle laisse défiler sur son meuble-platine. L&#8217;Espagnole fait partie de la communauté qui a fui la dictature de Franco installée en 1936. Tanger est devenue une ville refuge, habituée à converser en espagnol dans certains quartiers. Maryam Touzani elle aussi a grandi en parlant espagnol avec sa grand-mère qui avait emménagé là, puis avec sa mère. En filigrane dans <em>Rue Málaga</em>, elle rend hommage à cette communauté dont les derniers membres sont vieillissants, alors que leurs enfants ont souvent retrouvé le chemin de l&#8217;Espagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est d&#8217;ailleurs le cas de la fille de Maria Angeles, qui habite à Madrid. Un jour, celle-ci lui rend visite, avec sa tristesse et ses soucis dans les bagages. Et elle lui annonce une décision qu&#8217;elle a prise seule&nbsp;: pour s&#8217;en sortir financièrement, elle va vendre l&#8217;appartement où vit Maria, dont son père l&#8217;avait fait hérité juste avant son décès. Maria n&#8217;aura qu&#8217;à venir vivre avec elle à Madrid. Comme ça, elle verra davantage ses petits-enfants. Mais Maria n&#8217;a pas son mot à dire. Parce qu&#8217;elle a 79 ans&nbsp;? Parce qu&#8217;on attend d&#8217;une grand-mère qu&#8217;elle ne fasse plus ses propres choix et qu&#8217;elle ait forcément envie de consacrer ses dernières années à ses petits-enfants&nbsp;?<br><br>Maryam Touzani cherchait à explorer la vieillesse d&#8217;une femme dans son film, à travers lequel elle rend hommage à sa grand-mère comme l&#8217;indique un mot à la fin. <em>«&nbsp;C&#8217;était une femme avec beaucoup de personnalité, qui n&#8217;en faisait qu&#8217;à sa tête. Une Andalouse arrivée à l&#8217;âge de sept ans à Tanger&nbsp;»</em>, nous décrit-elle en amont d&#8217;une avant-première à Nantes. À travers <em>Rue Málaga</em>, c&#8217;est aussi à sa mère que Maryam Touzani s&#8217;adresse. Elle a eu l&#8217;idée du film – dont elle co-signe le scénario avec son mari et comparse de cinéma Nabil Ayouch – après la <em>«&nbsp;douleur de sa perte&nbsp;»</em>. Pour apaiser ses tourments, elle a voulu <em>«&nbsp;faire un film qui célébrait la vie, à son image&nbsp;», </em>et qui la ramenait dans la rue où elle a grandi, où elle visitait régulièrement sa mère, avec laquelle elle a toujours parlé en espagnol.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pari est rempli : le film est effectivement une ode à la vie, qui n&#8217;est pas terminée lorsque les cheveux sont gris et les rides creusées. Maria Angeles ne dit mot à sa fille, mais lui tient tête. Elle ré-emménage dans son appartement vide, rachète au fur et à mesure ses meubles qui racontent sa vie, innove pour trouver de l&#8217;argent en accueillant les hommes du quartier pour visionner des matchs de foot et leur proposer des tapas. Dans cette aventure venue bousculer son quotidien, Maria pétille et se sent pousser des ailes. Maria est femme, voisine, amante ; elle échappe à son rôle de mère ou grand-mère. <em>« Je me suis toujours demandé ce que cela faisait de prendre de l&#8217;âge et d&#8217;avoir une image posée sur nous différente de celle qu&#8217;on a l&#8217;intérieur de soi. J&#8217;avais envie d&#8217;explorer les enjeux autour des attentes concernant la vieillesse, sur ce qu&#8217;on est censé se permettre ou ne plus se permettre   »</em>, décrit Maryam Touzani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la réalisatrice affronte un autre tabou tenace : celui de la sexualité des personnes âgées. Maria Angeles redécouvre son corps et ses sensations, qu&#8217;elle raconte à son amie religieuse qui a fait vœu de mutisme, donnant lieu à des scènes assez truculentes. Maryam Touzani filme de près les corps qui s&#8217;emmêlent. Les rides, ce <em>« si beau privilège qui raconte les souvenirs ». Les « fleurs du cimetière », </em>ces tâches qui apparaissent sur la peau. Carmen Maura s&#8217;est prêtée au jeu, même s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un défi pour elle. <em>« J&#8217;ai tourné dans plus de 200 films et one ne m&#8217;avait encore jamais demandé de me déshabiller</em>, a-t-elle déclaré à Maryam.<em> Si on me l&#8217;avait demandé il y a 10 ans, je t&#8217;aurais dit non, mais là, j&#8217;ai envie de te dire oui. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Rue Málaga</em> est une véritable ode au temps qui passe, aux femmes de caractère, aux doubles cultures, aux liens en dehors de la famille, à l&#8217;attachement à un lieu, à l&#8217;amour et à la vie qu&#8217;il ne faut jamais enterrer trop tôt.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br><br><br></p>
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			</item>
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		<title>TUNNEL DE LA COMÉDIENNE DE 50 ANS : « LA MAJORITÉ DE LA POPULATION EST TRAITÉE COMME UNE MINORITÉ INVISIBLE »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 07:31:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l&#8217;occasion d&#8217;un colloque anniversaire, retour sur une décennie d&#8217;actions et de plaidoyer de la commission de l&#8217;association des Actrices et acteurs de France associés dédiée à la place des femmes de plus de 50 ans au cinéma, avec sa coréférente Catherine Piffaretti. Il y a 10 ans, l&#8217;AAFA [Actrices &#38; acteurs de France associés] [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l&#8217;occasion d&#8217;un colloque anniversaire, retour sur une décennie d&#8217;actions et de plaidoyer de la commission de l&#8217;association des Actrices et acteurs de France associés dédiée à la place des femmes de plus de 50 ans au cinéma, avec sa coréférente Catherine Piffaretti.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a 10 ans, l&#8217;AAFA [Actrices &amp; acteurs de France associés] créait sa commission dédiée au « tunnel de la comédienne de 50 ans ». Qu&#8217;est-ce qui avait conduit à cette création ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout est parti d&#8217;un ressenti individuel de la part de la comédienne Marina Tomé, du mien, et de celui d&#8217;autres comédiennes. Mais plus précisément, lors d&#8217;une visite à la médecine du travail pour les intermittents du spectacle [CMB, devenue Thalie Santé], Marina avait été très étonnée par des questions ciblées sur son âge, sur les difficultés et l&#8217;évolution de sa carrière. Elle avait alors appris que le CMB voyait de moins en moins de comédiennes passé leurs 50 ans et qu&#8217;une étude avait été réalisée sur le sujet, que la direction avait toutefois voulu garder confidentielle. Pour Marina, cela a été le déclencheur : <em>« Non seulement c&#8217;est compliqué de vieillir en tant que comédienne, individuellement nous avons chacune affaire au même problème, et en plus il ne faudrait pas que ça se sache ? » </em>Elle a alors cherché une association pour l&#8217;aider à travailler sur ce sujet et depuis, avec notre commission, nous sommes des lanceuses d&#8217;alerte sur la place des femmes de plus de 50 ans au cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment la création de cette commission a-t-elle été accueillie par votre secteur professionnel ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, on nous a répondu qu&#8217;on se trompait de combat, qu&#8217;il y avait Catherine Deneuve, Isabelle Huppert&#8230; Mais elles sont l&#8217;arbre qui cache la forêt. Nous n&#8217;arrivions pas à faire ressentir ce que nous vivions. Depuis que nous sommes jeunes, nous savons que nous sommes d&#8217;abord employées comme fille du personnage principal, puis jeune fille, puis maîtresse, puis femme de, puis mère de, puis plus rien&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle première action avez-vous mise en place ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de notre première réunion, une comédienne nous a dit que lorsqu&#8217;elle allait au cinéma, elle comptait les femmes de plus de 50 ans qu&#8217;elle voyait à l&#8217;image. On s&#8217;est dit que c&#8217;était une super idée, qu&#8217;il nous fallait des chiffres pour prouver notre ressenti. En 2015, nous avons réalisé notre premier comptage du cinéma français : les femmes de plus de 50 ans avaient récolté 8 % des rôles, alors qu&#8217;une femme sur deux a plus de 50 ans en France. Ce qui signifie qu&#8217;une majorité de la population est donc traitée comme une minorité invisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 2016, vous publiiez un </strong><a href="https://www.change.org/p/manifeste-aafa-tunnel-des-50%20"><strong>manifeste</strong></a><strong>. Comment vos propositions ont-elles été accueillies ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/le-manifeste-des-comediennes-de-50-ans/">Il avait très bien accueilli</a>. Toutes les associations et syndicats de nos partenaires scénaristes, réalisateur·rice, producteur·rices, comédien·nes&#8230; avaient signé le manifeste. Souvent, face à nos demandes d&#8217;accorder plus de rôles aux femmes de 50 ans, on nous rétorquait que « chacun est libre de représenter ce qu&#8217;il veut ». Alors nous avons proposé des choses très concrètes qui, selon nous, ne touchent pas à la liberté de création sacrée. Comme l&#8217;idée de dégenrer les rôles de fonction, comme ceux d&#8217;avocat·e, de policier·ère ou de docteur·esse, qui n&#8217;ont pas de fonction particulière dans l&#8217;intrigue autre que leur métier. Au lieu de proposer « un juge » sur un scénario et dans une annonce de casting, écrire « juge (F/H) » peut donner la possibilité d&#8217;étudier aussi bien les candidatures des femmes que des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et depuis les 10 ans de la création de la commission, qu&#8217;est-ce qui a concrètement bougé ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons surtout brisé l&#8217;omerta, en mettant le sujet sur la table, en interpellant les médias et nos tutelles comme le ministère de la culture, le CNC [Centre national du cinéma et de l&#8217;image animée], Arcom [Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique]&#8230; Elles-mêmes ont pris conscience du sujet et produit leurs propres études venues conforter ce que nous mettions sur la table dès le début.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Toutefois, les chiffres de représentativité ne bougent pas&#8230; En 2023, nous étions à 9 % de femmes de plus de 50 ans dans la répartition des rôles au cinéma.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>C&#8217;est vrai, les chiffres bougent peu. Nous sommes sur un frémissement. Ces batailles-là sont très longues, nous le savions en commençant. Elles se déploient sur du long terme, comme pour toutes les batailles féministes.<br>Pour le moment, chacun se renvoie la balle. Le scénariste dit qu&#8217;il écrit des rôles pour les femmes de plus de 50 ans, mais que les producteurs leur demandent de les rajeunir. Les producteurs répondent que ce sont les réalisateurs qui préfèrent avoir jeune femme à l’écran car elle renvoie mieux la lumière. Les instances nous disent : « Nous ne devons pas influer sur la liberté de création »&#8230; Nous sommes face à un « conformisme provisoire », que décrit le sociologue Éric Macé : chacun attend que les autres bougent, ce qui crée une espèce d&#8217;inertie. Lors de notre colloque, nous allons donc rappeler à tous les différents acteurs de la chaîne l&#8217;importance de bouger ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu&#8217;il en soit, nous continuons d&#8217;être sur le front. Ce que nous disons depuis 10 ans, c&#8217;est que nous ne portons pas un combat de comédiennes en mal de rôles, mais une lutte  sur un enjeu de société. Car le cinéma, même s&#8217;il est un objet artistique, est vecteur de normes qui contribuent à fabriquer l&#8217;inconscient collectif du public. Or, si l’inconscient collectif se construit autour d&#8217;une absence comme celle des femmes de plus de 50 ans, la société fait perdurer des concepts sexistes et âgistes, d&#8217;où le fameux plafond de verre auquel se heurte toutes les femmes en entreprise. Notre combat n&#8217;est pas corporatiste : si nous, les femmes de plus de 50 ans, ne sommes pas représentées à l&#8217;image, nous n’existons pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et personnellement, comment les choses ont avancé pour vous ?</strong><br><br>Ce qui a bougé pour moi, comme pour toutes les « filles du tunnel » comme on aime s&#8217;appeler, c&#8217;est d&#8217;appartenir à un groupe solidaire, d&#8217;être portée par cette sororité pour  traverser cette période. Beaucoup d&#8217;entre nous se sont lancées dans des projets perso parce qu&#8217;elles en avait marre d&#8217;attendre. De mon côté, je collabore beaucoup avec La Subversive, la compagnie d&#8217;Aurore Evain qui cherche à remettre au plateau des autrices effacées du patrimoine théâtral, alors que certaines ont écrit des choses magnifiques sur la place des femmes aux alentours du 17e siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Colloque « L&#8217;étrange et fabuleux destin du personnage féminin de 50 ans : le retour ! »<br>19 février 2026, de 10h à 13H<br>Forum des images, au Forum des Halles, 2 rue du Cinéma 75 001 PARIS<br>Réservation indispensable par mail à </em><a href="mailto:aafa.tunneldes50@gmail.com"><em>aafa.tunneldes50@gmail.com</em></a><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/tunnel-de-la-comedienne-de-50-ans-la-majorite-de-la-population-est-traitee-comme-une-minorite-invisible/">TUNNEL DE LA COMÉDIENNE DE 50 ANS : « LA MAJORITÉ DE LA POPULATION EST TRAITÉE COMME UNE MINORITÉ INVISIBLE »</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>SOPHIE GOURION : « IL N&#8217;Y A PAS FORCÉMENT BESOIN DE TOUT PLAQUER POUR TROUVER SON CHEMIN  »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Dec 2025 15:27:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir elle-même connu des errances professionnelles, puis avoir accompagné des centaines de femmes dans leur parcours professionnel, l&#8217;autrice publie « Cap sur vous ! Stratégies féministes pour une carrière choisie ». Sophie Gourion le confesse. Elle-même a navigué à vue pendant des années dans le monde du travail. Elle est passée par de nombreuses étapes, dont [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/sophie-gourion-il-ny-a-pas-forcement-besoin-de-tout-plaquer-pour-trouver-son-chemin/">SOPHIE GOURION : « IL N&#8217;Y A PAS FORCÉMENT BESOIN DE TOUT PLAQUER POUR TROUVER SON CHEMIN  »</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Après avoir elle-même connu des errances professionnelles, puis avoir accompagné des centaines de femmes dans leur parcours professionnel, l&#8217;autrice publie « Cap sur vous ! Stratégies féministes pour une carrière choisie ».</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/sophie-gourion-2/">Sophie Gourion</a> le confesse. Elle-même a navigué à vue pendant des années dans le monde du travail. Elle est passée par de nombreuses étapes, dont le burn-out, la reconversion rêvée mais précaire, un beau poste au ministère des Droits des femmes, puis l&#8217;auto-entrepreneuriat après s&#8217;être pris des murs lorsqu&#8217;elle postulait passée 45 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais cheffe du bureau du développement des compétences au département de la Seine-Saint-Denis où elle encadre une équipe de huit personnes, elle a pris le temps de réunir ses conseils et outils pratiques dans un ouvrage aussi ludique que didactique&nbsp;: <a href="https://www.alisio.fr/produit/1461/9782379355592/cap-sur-vous">« Cap sur vous ! Stratégies féministes pour une carrière choisie »</a> (Alisio, novembre 2025). Forte de son expérience de consultante en gestion de carrières, elle emmène toutes celles qui doutent sur le chemin d&#8217;une meilleure connaissance de ses envies face au travail, tout en décrivant les freins qui entravent encore souvent les carrières des femmes. Afin de composer soi-même le slalom qui convient le mieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous écrivez que vous avez mis des années à trouver votre place. Qu’est-ce qui vous en empêchait ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui m’en a empêchée, c’est le manque de temps de cerveau disponible. À aucun moment de mon parcours scolaire, quelqu&#8217;un n’a vraiment pris le temps de l’introspection avec moi pour savoir ce que j’aimais faire, mes qualités, mes forces, ce que j’avais envie de devenir. Comme j’étais nulle en maths, on m&#8217;a dit que je pouvais devenir soit prof, soit traductrice. Mais je ne voulais être ni l’une ni l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis mise à chercher du travail tout de suite après mon BTS de commerce international. Il fallait que je travaille, peu importe dans quoi, car j’étais sous contrainte financière. Tout mon parcours a ensuite été fait d’errance professionnelle : passer d’un poste à l’autre, sans fil rouge. Dès que ça n&#8217;allait pas, j&#8217;allais voir ailleurs, sans véritable remise en question, ni personnelle ni professionnelle. Et en 2011, j’ai fait un burn-out. Ça a été l&#8217;occasion de faire émerger quelque chose qui couvait en moi. Je suis devenue journaliste, un projet que j’avais en tête depuis longtemps et pour lequel mes parents m&#8217;avaient découragée. C’était très épanouissant personnellement, mais pas du tout financièrement. Cela m’a toutefois permis d’ouvrir un blog, qui m&#8217;a permis d&#8217;être repérée pour travailler au ministère des Droits des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cette expérience, je suis restée deux ans au chômage. Je voulais travailler dans la communication, mais à 45 ans, on m&#8217;a fait remarquer que j&#8217;étais déjà trop vieille pour ce secteur. Je ne l’avais pas anticipé. À la fin de mes droits, j&#8217;ai dû me réinventer à nouveau. Je suis devenue consultante en gestion de carrière. J’accompagnais des femmes dans le cadre de bilans de compétences. Pour une fois, l&#8217;âge était un avantage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong> Les obstacles qu&#8217;elles rencontraient ressemblaient-ils aux vôtres ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Très souvent, elles n’avaient jamais eu l’occasion de se poser sur leur parcours. Ensemble, nous retracions une ligne de vie professionnelle pour comprendre cela : les moments de sommet, agréables, et les moments de creux. Beaucoup réalisaient qu’elles n’avaient pas vraiment choisi suivant une voie tracée par leurs parents ou par des contraintes financières. Ou bien qu&#8217;elles s&#8217;étaient confrontées à des choix très stéréotypées. Comme devenir institutrice parce qu&#8217;on leur avait dit que c&#8217;était un métier très compatible avec une vie de femme. Beaucoup attendaient aussi qu’on vienne les chercher pour évoluer. Elles se disaient que travailler sérieusement suffirait, comme à l’école. Or le savoir-faire ne suffit pas : le faire-savoir est tout aussi essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>Que vous recommandez-vous à une personne qui se sent perdue et pas trop à sa place professionnellement&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, je recommande de prendre le temps de l’introspection. Littéralement, de prendre rendez-vous avec soi-même, deux heures par semaine par exemple, pour réfléchir à ses réalisations professionnelles et personnelles&#8230; Rien ne sert d&#8217;attendre l’entretien annuel ou le burn-out. Dans le livre, je propose plusieurs outils pour réaliser cela. Cela permet notamment de s&#8217;interroger sur ses valeurs, pour savoir si elles sont alignées avec celles de l&#8217;entreprise pour laquelle on travaille. Je recommande aussi d&#8217;avoir une «&nbsp;work buddy&nbsp;», une partenaire sur ce parcours de remise en question. Dans les moments de doute, c&#8217;est bien d&#8217;être à deux, comme quand on a besoin de soutien pour se mettre au sport.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tout plaquer est parfois une solution radicale, expliquez-vous. Pourquoi&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup des femmes que je suivais arrivaient avec l&#8217;envie de tout plaquer, par exemple pour tenir une maison d&#8217;hôtes. Mais à la fin d&#8217;un bilan de compétences, seules 10 % des personnes suivent vraiment la voie de la reconversion. Je propose d&#8217;identifier ce qui est positif dans sa situation actuelle et ce qui est vraiment intolérable. On découvre alors des éléments positifs qu’on n’avait pas identifiés : le salaire, l’équilibre vie pro/vie perso, les collègues&#8230; Et souvent, au lieu de se reconvertir, de petits ajustements suffisent : développer une activité épanouissante à côté, discuter de ses besoins avec son manager, réduire son temps de travail si c&#8217;est possible, changer de secteur sans forcément changer de métier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une enquête métier permet aussi de déconstruire les fantasmes. J’ai accompagné une femme qui voulait devenir libraire. Elle a découvert que le conseil client représentait une petite partie du travail, alors que la partie manutention était énorme… pour un SMIC. Elle a finalement décidé de garder son emploi bancaire et de s’inscrire à un atelier d’écriture. Ce sont des ajustements réalistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous distinguez le bonheur au travail de l’épanouissement. Pourquoi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, le travail ne doit pas être le seul lieu du bonheur. Je tiens à rappeler que le principe même, c&#8217;est d&#8217;échanger sa force de travail contre une rémunération. Le discours selon lequel le travail doit rendre heureux est extrêmement toxique. Multiplier les sources d’épanouissement en dehors est essentiel. Sinon, on peut vite se griller dans des métiers passion&nbsp;; Et quand le travail va mal, tout s&#8217;écroule. Je l&#8217;ai vécu à un moment donné. Aujourd’hui j&#8217;ai trouvé un poste qui me permet de trouver du sens, tout en me laissant aussi le temps et l’énergie d’écrire, ce qui est essentiel pour moi.<br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><style>@font-face&amp;amp;amp;amp;lt;br> {font-family:"Cambria Math";&amp;amp;amp;amp;lt;br> panose-1:2 4 5 3 5 4 6 3 2 4;&amp;amp;amp;amp;lt;br> mso-font-charset:0;&amp;amp;amp;amp;lt;br> mso-generic-font-family:roman;&amp;amp;amp;amp;lt;br> mso-font-pitch:variable;&amp;amp;amp;amp;lt;br> mso-font-signature:-536870145 1107305727 0 0 415 0;}@font-face&amp;amp;amp;amp;lt;br> {font-family:"Arial Unicode MS";&amp;amp;amp;amp;lt;br> panose-1:2 11 6 4 2 2 2 2 2 4;&amp;amp;amp;amp;lt;br> mso-font-charset:128;&amp;amp;amp;amp;lt;br> mso-generic-font-family:swiss;&amp;amp;amp;amp;lt;br> mso-font-pitch:variable;&amp;amp;amp;amp;lt;br> mso-font-signature:-134238209 -371195905 63 0 4129279 0;}@font-face&amp;amp;amp;amp;lt;br> 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		<title>SOPHIE GALABRU : « lL FAUT DIRE AUX FEMMES QUE LE TEMPS EST UNE PUISSANCE DE MATURATION ET D&#8217;ÉVOLUTION INCROYABLE »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 09:51:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans son dernier ouvrage, « Nos dernières fois », la philosophe explore les moments de passage de nos vies et le rapport que l&#8217;on entretient au temps. Des enjeux qu&#8217;elle décortique plus particulièrement sous le prisme de la vieillesse dans cet entretien.<br></strong><br>C&#8217;est en cherchant à lutter contre sa propre nostalgie du temps qui passe que Sophie Galabru s&#8217;est mise à écrire sur les dernières fois. L&#8217;agrégée et docteure en philosophie n&#8217;a pourtant que 35 ans, mais avait déjà cette appréhension de ce qui ne sera plus. Alors elle a entamé l&#8217;écriture de « Nos dernières fois » (éditions Allary). Pour tenter de contrer ce regard sur sa propre vie et arrêter d&#8217;être envahie par ce sentiment de ce qui demain ne sera déjà plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette sensation, que raconte-t-elle de nous&nbsp;? Les dernières fois sont-elles forcément tristes&nbsp;? Comment embrasser avec joie le temps qui passe&nbsp;? Dans son essai, la philosophe a élaboré ses réflexions pour déchiffrer ce que notre rapport aux dernières fois raconte et lance un appel à «&nbsp;défier la nostalgie&nbsp;», qu&#8217;elle détaille pour nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les dernières fois peuvent être multiples et vécues à tout âge. Qu&#8217;ont-elles de commun&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles sont toutes reliées à l’irréversibilité du temps. On ne vit pas deux fois la même chose, c&#8217;est une loi générale du temps de la vie. Et on s&#8217;aperçoit peut-être plus vivement de cette loi lorsqu’on vit un moment absolument remarquable, qui signale une rupture ou un passage vers une autre existence. Parfois ce sont des épreuves, parfois ce sont des moments de libération. Mais on ne sait pas toujours qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une dernière fois au moment où on la vit. Lorsqu&#8217;on s&#8217;en rend compte, on se remémore et on se rappelle cette loi sur irréversibilité du temps, que chaque instant est à la fois le premier et le dernier, qu&#8217;il ne peut pas se rejouer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><strong>Dans l&#8217;épilogue, vous écrivez : « Être philosophe, n&#8217;est-ce pas apprendre à mourir ? ». En quoi cette question du temps qui passe est-elle éminemment philosophique selon vous et comment la philosophie peut-elle nous aider à aborder ce sujet ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c&#8217;est un grand sujet existentiel et philosophique. Socrate comme Platon, les fondateurs de la discipline, estiment que lorsqu&#8217;on réfléchit à des questions philosophiques, on apprend à mourir. C&#8217;est-à-dire que nous apprenons à nous distancier de notre corps pour se rapprocher des choses de l&#8217;esprit. Cela signifie aussi concrètement que l&#8217;on apprend à accepter le temps qui passe et le fait que nous ayons une existence finie. Ces réflexions autour des dernières fois et de l&#8217;existence finie font donc partie des questions essentielles de la vie et, en même temps, nous ne pouvons pas&nbsp; y penser tout le temps parce que cela peut être difficile, déprimant ou faire peur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Passé un certain âge, les dernières fois n&#8217;ont plus forcément la même saveur : elles peuvent être vécues de manière plus douloureuse. Que remarquez-vous sur les liens entre vieillesse et dernières fois ? Qu&#8217;est-ce qui les distingue cette fois-ci des dernières fois vécues plus jeunes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Pour un enfant, les dernières fois peuvent être très douloureuses, surtout parce qu&#8217;il découvre cette loi du temps et de l&#8217;existence. Il apprend que tout passe, que rien n&#8217;est immuable et que la vie est mouvement. Cette découverte peut être brutale. Elle lui apporte de la lucidité, mais un peu moins d’insouciance. Une personne plus âgée sait tout ça, elle l&#8217;a déjà vécu. Ce qui peut être plus dur pour elle, c&#8217;est de comprendre qu&#8217;elle a plus de passé derrière elle que d&#8217;avenir, que son budget temporel est plus restreint que lorsqu&#8217;elle était enfant&#8230; Elle peut ressentir de la tristesse parce qu&#8217;elle se sent plus proche d&#8217;un achèvement de sa vie. Le temps paraît alors plus précieux.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vieillir et faire face à des «&nbsp;dernières fois&nbsp;» peut être vécu de manière particulièrement plus pénible lorsque l&#8217;on est une femme. Est-ce vraiment si différent à vos yeux de vieillir pour les femmes&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis rendue compte que les femmes avaient un rapport au temps plus précis, plus quotidien. Elles fréquentent la réalité du temps qui passe et sa répétition cyclique depuis très jeune, rien que par leur corps et leur biologie. Elles font face à beaucoup de transformations physiques très visibles : menstruations, modifications hormonales&#8230; Ce temps biologique leur impose de réfléchir plus vite à des questions existentielles. Elles peuvent par exemple se questionner pendant plus de 30 ans autour du choix de la maternité. Puis, avec la ménopause, cela change la manière de se voir au monde. Et le monde change aussi sa manière de voir les femmes passé 50 ans, ce qui est bien malheureux. Alors que le passage du temps peut être synonyme de maturation positive pour les hommes, les femmes doivent faire face aux notions d’obsolescence programmée ou de flétrissement physique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles ressources peuvent-elles trouver pour combattre cette inégalité ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si elles ont perdu la fertilité ou si le jugement esthétique sur elles n&#8217;est plus le même, les femmes peuvent prendre conscience qu&#8217;elles ont encore de nombreuses possibilités devant elles. Elles restent des êtres pensants, aimants, créatifs&#8230; Et toutes ces facettes peuvent se cultiver dans les différentes dimensions de leur vie : à travers l&#8217;amitié, la famille, le travail, les passions, l&#8217;érotisme&#8230;<br>Bien sûr, il y a une altération physique, une usure ou une fatigue qui peuvent s&#8217;installer, mais vieillir, c&#8217;est aussi prendre conscience du décalage qui peut se créer entre un corps qui montre des signes de déclin et une vie spirituelle qui peut toujours être en pleine croissance. Le temps est une puissance de maturation, d&#8217;apprentissage, et d&#8217;évolution incroyable ; pas un rétrécissement. Il y a toujours du devenir, il y a toujours des projets possibles. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Faut-il absolument «&nbsp;défier la nostalgie&nbsp;», comme l&#8217;indique le sous-titre de votre ouvrage&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La nostalgie du temps qui passe peut être envahissante. C&#8217;est très anxiogène de vivre chaque moment comme si c&#8217;était le dernier par exemple. Cela peut entraîner de la tristesse au moment où l&#8217;on vit les choses, parce qu&#8217;on a la sensation de voir sa vie défiler. Dans mon livre, j&#8217;essaye de montrer qu&#8217;il est possible d&#8217;avoir une vision plus qualitative du temps qui passe, plus qu&#8217;une vision comptable. Sinon on se décentre de ce qu&#8217;on vit, on n&#8217;est plus très présent à ce qui se passe et on plonge dans une tristesse nostalgique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pour éviter cela, vous proposez une « troisième voie » qui se concentrerait sur la joie, l&#8217;amour et la beauté. C&#8217;est là que se nichent pour vous les remèdes pour défier la nostalgie du temps qui passe et des dernières fois ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Pour moi, la joie, l&#8217;amour et la beauté nous font sortir du temps et nous extraient du flux temporel effectivement. Elles nous donnent presque l&#8217;impression de rejoindre l&#8217;éternité, qui philosophiquement est le contraire du temps qui passe. Être confronté·e à la beauté ou au sublime, à une rencontre amoureuse ou une rencontre humaine révolutionnaire, à la vérité d&#8217;une situation enfin comprise&#8230; Tout cela nous suspend, nous extrait du temps et de l&#8217;histoire. Ce ne sont pas forcément des remèdes que l&#8217;on peut déclencher soi-même. Cela nous tombe souvent dessus. Mais cela permet d&#8217;être optimiste face à la vie. D&#8217;un point de vue pratique, je trouve qu&#8217;on n&#8217;a pas vraiment le choix d&#8217;être optimiste, c&#8217;est ce qui nous permet de trouver l&#8217;existence moins lourde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><br><br></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br><br><br></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/sophie-galabru-ll-faut-dire-aux-femmes-que-le-temps-est-une-puissance-de-maturation-et-devolution-incroyable/">SOPHIE GALABRU : « lL FAUT DIRE AUX FEMMES QUE LE TEMPS EST UNE PUISSANCE DE MATURATION ET D&#8217;ÉVOLUTION INCROYABLE »</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>ANNA ROY : « IL Y A AUTANT DE MÉNOPAUSES QUE DE FEMMES QUI LA TRAVERSE  »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 09:07:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À travers un ouvrage et un nouveau podcast, la « sage-femme préférée des Françaises » se penche sur la période de la ménopause. Et reconnaît elle-même qu&#8217;il n&#8217;y a pas de quoi en être si effrayée. Elle avait préféré fuir cette réalité de la vie des femmes, jusqu&#8217;à ce que celle-ci la rattrape par un bout de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À travers un ouvrage et un nouveau podcast, la « sage-femme préférée des Françaises » se penche sur la période de la ménopause. Et reconnaît elle-même qu&#8217;il n&#8217;y a pas de quoi en être si effrayée.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle avait préféré fuir cette réalité de la vie des femmes, jusqu&#8217;à ce que celle-ci la rattrape par un bout de la manche, lorsqu&#8217;une amie lui a réclamé de l&#8217;accompagner dans cette étape. Et 2025 est finalement devenue l&#8217;année de la ménopause pour Anna Roy. Pas la sienne non, ce n&#8217;est pas cela qu&#8217;elle raconte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sage-femme de 40 ans, bien connue pour son podcast <a href="https://www.europe1.fr/emissions/sage-meuf-le-podcast-maternite-qui-vous-accompagne-pendant-votre-grossesse-et-apres-laccouchement">« Sage-Meuf »</a> (Europe 1) et ses interventions dans l&#8217;émission <a href="https://www.france.tv/societe/les-maternelles-xxl/">« Les Maternelles XXL »</a> (ex « La Maison des Maternelles ») a choisi de regarder ce phénomène naturel droit dans les yeux et de mieux accompagner les femmes à y faire face, comme elle avait mis autant de cœur à l&#8217;ouvrage pour accompagner la grossesse des femmes et leur post-partum. En mars, elle publiait <a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782378804732-c-est-ma-menopause-le-guide-complet-rassurant-et-sans-tabou-anna-roy/">« C&#8217;est ma ménopause : Le guide complet, rassurant et sans tabou »</a> (L&#8217;Iconoclaste) et en ce mois d&#8217;octobre, elle est la tête d&#8217;affiche du podcast <a href="https://www.francebleu.fr/emissions/bouffees-de-chaleur-le-podcast-sur-la-menopause-avec-anna-roy">« Bouffées de chaleur »</a>, diffusé par la plateforme ICI. Elle nous raconte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En tant que sage-femme, vous accompagniez surtout des femmes face à la grossesse et à ses suites. Qu&#8217;est-ce qui vous a conduit à vous pencher sur la ménopause ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est un hasard complet. Pendant mes études, j&#8217;avais eu quelques notions autour de la ménopause, véhiculées par des grands professeurs de médecine. Cela m&#8217;avait amenée à ne voir que des femmes très malades, dans de piteux états, et ces professeurs me répondaient que c&#8217;était comme ça, que c&#8217;était toujours horrible. Donc j&#8217;avais une vision horrifique de la ménopause, amplifiée par la vision de la société. Je sais que c&#8217;est absolument scandaleux de dire cela, mais je vous le partage avec honnêteté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis un jour, je n&#8217;ai pas eu d&#8217;autre choix que de m&#8217;y confronter. C&#8217;était il y a 10 ans, heureusement assez tôt dans ma carrière quand même. Une personne que je connaissais bien m&#8217;a interpellée pour que je la prenne en charge, parce qu&#8217;elle avait la sensation d&#8217;avoir besoin de rééducation du périnée et parce qu&#8217;elle avait envie d&#8217;un accompagnement. Mais lorsque je suis arrivée chez elle, je me suis rendue compte que c&#8217;était une femme magnifique, sautillante, rigolote, qui ne souffrait pas tellement de sa ménopause, voire pas du tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu&#8217;est-ce que cette expérience a provoqué chez vous&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;ai compris que la ménopause, c&#8217;était exactement comme la grossesse ou les règles. L&#8217;expérience a beau être universelle, elle est profondément intime et différente en fonction de chaque femme. Il y a autant de ménopauses que de femmes qui la traverse. Et ce que je trouve le plus surprenant, c&#8217;est que le post-partum me semble beaucoup plus difficile pour les femmes, alors qu&#8217;on présente souvent la ménopause comme une expérience bien pire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et comment s&#8217;est passée cette première prise en charge d&#8217;une personne en période de ménopause&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si cette personne allait globalement bien, je me suis retrouvée très démunie. Dans mes cours je n&#8217;avais quasiment rien appris sur le sujet. Cela m&#8217;a fait le même effet que pour le post-partum, auquel je m&#8217;étais intéressé plus tôt dans ma carrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, comme je suis autiste, avec des intérêts spécifiques, c&#8217;est-à-dire des mécanismes d&#8217;obsession, j&#8217;ai entrepris ce que je sais faire de mieux&nbsp;: je me suis mise à travailler comme une furie pour chercher tout ce qui existait sur la ménopause, afin de mieux la comprendre et de mieux en parler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et qu&#8217;avez-vous compris, en parcourant la science&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;ai surtout compris qu&#8217;on ne connaissait pas grand chose sur la ménopause. Que la science avait du mal à comprendre les symptômes. Qu&#8217;il y avait encore de grandes inconnues. Qu&#8217;à part les périodes de grossesses, d&#8217;infertilité et d&#8217;accouchement, la science s&#8217;était peu intéressée à tout ce qui sortait du cadre de la procréation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Face aux gynécologues, quelle place les sages-femmes peuvent-elles occuper dans l&#8217;accompagnement de la ménopause&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que nous pouvons effectuer un très bon suivi, tout comme les suivis de grossesse. Nous pouvons parler des problèmes liés à la sexualité, au travail, prescrire des examens&#8230; Et je pense que bientôt, nous pourrons procéder à de meilleurs accompagnements encore, car nous devrions pouvoir prescrire nous-mêmes des traitements hormonaux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais bien sûr, comme pour les grossesses, en cas de pathologies, il faut passer la main aux gynécologues. Car autrement, je dirais que les gynécologues ont d&#8217;autres choses à faire que de prendre en charge un phénomène normal et physiologique du corps, alors qu&#8217;ils ou elles sont déjà tellement sous l&#8217;eau pour gérer les pathologies&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Après votre livre, vous venez de lancer un podcast, «&nbsp;Bouffées de chaleur&nbsp;», diffusé sur le réseau de radio ICI. La ménopause est donc clairement devenue votre nouvelle marotte&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme je vous l&#8217;ai dit, quand j&#8217;ai une obsession, je creuse le sillon. Sur mes précédentes thématiques autour de la grossesse ou du post-partum, j&#8217;ai vraiment compris que les personnes auxquelles je m&#8217;adresse ont souvent un support privilégié, que ce soit le livre, la télé ou l&#8217;audio&#8230; Alors j&#8217;essaye de varier. Pour ce podcast, c&#8217;est ICI qui est venue me chercher et des journalistes font un travail remarquable, en allant chercher des femmes sur le terrain qui sont très éloignées du milieu parisien. Je trouve ça vraiment génial. Puis après, je donne des conseils en lien avec la thématique de l&#8217;épisode.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu&#8217;est-ce qui le différencie selon vous d&#8217;autres podcasts sur le sujet, comme celui d&#8217;Elsa Wolinksi (</strong><a href="https://www.nouvelobs.com/monde/20251101.OBS109338/ils-tiraient-sur-tout-ce-qui-bougeait-apres-l-operation-policiere-meurtriere-rio-garde-le-gout-du-sang-dans-la-gorge.html?utm_source=firefox-newtab-fr-fr"><strong>«&nbsp;Allez j&#8217;ose&nbsp;!&nbsp;»</strong></a><strong>, Martange Production) ou celui de Claire Fournier&nbsp;(</strong><a href="https://www.binge.audio/page/chaud-dedans"><strong>«&nbsp;Chaud dedans&nbsp;»</strong></a><strong>, studio Binge Audio) ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;adore ces podcasts. Moi je suis le public cible d&#8217;Elsa Wolinski, mais je sais qu&#8217;il y a des personnes qui n&#8217;aiment pas ce podcast, parce qu&#8217;il met en avant des femmes qui sont trop éloignées d&#8217;elles pour qu&#8217;il y ait un processus d&#8217;identification. Et avec Claire Fournier, on fait face à une parole très experte. «&nbsp;Bouffées de chaleur&nbsp;» est très différent. C&#8217;est un peu comme avec l&#8217;émission «&nbsp;Les Maternelles&nbsp;», l&#8217;idée est d&#8217;être très accessible. Bref, un peu comme pour les podcasts sur la grossesse et l&#8217;accouchement, il y en a pour toutes les personnalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et aujourd&#8217;hui, accompagnez-vous plus de femmes faisant face à la ménopause&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, beaucoup plus. Je ne fais plus de pirouettes comme au début de ma carrière, où je les renvoyais vers une consœur parce que je n&#8217;avais pas envie de m&#8217;y confronter. Et j&#8217;adore ça&nbsp;! Ces patientes m&#8217;apprennent plein de choses sur la vie, ce sont des trésors. Moi qui avais peur de vieillir, parce que j&#8217;associais la ménopause à la mort et à la décrépitude, je peux dire qu&#8217;aujourd&#8217;hui, grâce à ces femmes, ça ne me fait plus du tout peur.</p>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi :</strong> <a href="https://www.jaipiscineavecsimone.com/menopause-et-emploi-ce-que-revele-la-premiere-grande-etude-suisse/">MÉNOPAUSE ET EMPLOI : CE QUE RÉVÈLE LA PREMIÈRE GRANDE ÉTUDE SUISSE</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>JOURNÉES DU MATRIMOINE : 10 ANS DE MISE EN VALEUR DES ŒUVRES DE FEMMES</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Sep 2025 06:55:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Initié par l&#8217;association HF Île-de-France en 2015, le pendant féminin des journées du patrimoine célèbre sa une première décennie. Dix ans d&#8217;avancées pour faire découvrir l&#8217;ampleur de la création artistique féminine. Jusqu&#8217;à il y a quelques années, il était encore courant de penser que si les cimaises des musées étaient composées uniquement de peintures réalisées [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Initié par l&#8217;association HF Île-de-France en 2015, le pendant féminin des journées du patrimoine célèbre sa une première décennie. Dix ans d&#8217;avancées pour faire découvrir l&#8217;ampleur de la création artistique féminine.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&#8217;à il y a quelques années, il était encore courant de penser que si les cimaises des musées étaient composées uniquement de peintures réalisées par des hommes, si les rayonnages des bibliothèques étaient remplies de livres écrits par des hommes et les opéras uniquement signés par des hommes&#8230; c&#8217;était simplement parce que les femmes n&#8217;avaient par le passé pas vraiment contribué à l&#8217;histoire de l&#8217;art ou parce que leurs créations n&#8217;étaient pas dignes du grand public. Du moins, c&#8217;est ce que certaines personnes cherchaient à nous faire croire. Un mensonge éhonté et orchestré depuis des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour remettre la vérité sur les rails, l&#8217;association HF Île-de-France a imaginé il y a 10 ans les premières «&nbsp;Journées du matrimoine&nbsp;», en écho aux «&nbsp;Journées du patrimoine&nbsp;», dont l&#8217;intitulé même efface les femmes artistes. L&#8217;association elle-même avait été créée en 2009, à la publication du deuxième rapport rédigé par la haute fonctionnaire Reine Prat, sur le sujet de l&#8217;égalité femmes-hommes dans le secteur culturel. Dans ses écrits, elle recensait l&#8217;écart abyssal entre la place des femmes et des hommes dans le secteur culturel, que ce soit sur scène ou dans les postes de direction. L&#8217;usage du terme «&nbsp;matrimoine&nbsp;», lui, <a href="https://www.jaipiscineavecsimone.com/et-si-shakespeare-etait-une-femme-une-hypothese-developpee-dans-un-livre-enquete-passionnant/">avait été dépoussiéré par la chercheuse Aurore Évin.</a> Il avait tout simplement été mis sous le tapis par les membres de l&#8217;Académie française, au même titre que celui d&#8217;«&nbsp;autrice&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le collectif HF Île-de-France s&#8217;est tout de suite emparé du terme «&nbsp;matrimoine&nbsp;». C&#8217;était un <em>«&nbsp;mot-valise parfait pour que les femmes y mettent leur histoires, leurs récits, leurs œuvres et celles de leurs aïeules&nbsp;»</em>, retrace Olivier Daronnat, membre depuis 2017 du conseil d&#8217;administration de l&#8217;association et de sa commission «&nbsp;matrimoine&nbsp;». Seul homme du collectif, il est arrivé après avoir été <em>«&nbsp;touché par l&#8217;émotion des femmes qui jouaient, chantaient ou lisaient pour la première fois des œuvres de celles qui les ont précédé&nbsp;» </em>lors des premières «&nbsp;Journées du matrimoine&nbsp;» .</p>



<h2 class="wp-block-heading">« <em>Ajouter l&#8217;héritage des mères à l&#8217;héritage des pères&nbsp;»</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 2015, celles-ci ont été proposées en parallèle des plus traditionnelles «&nbsp;Journées du patrimoine&nbsp;». Le programme était concoctée par <a href="https://hf-idf.org/le-matrimoine/">l&#8217;équipe d&#8217;HF Île-de-France,</a> pour proposer un autre regard lors de cette journée qui permet au grand public d&#8217;accéder le plus souvent à des bâtiments emblématiques, mais aussi de découvrir certaines œuvres. <em>«&nbsp;Il faut le dire, c&#8217;est souvent de la vieille pierre, assez masculine&nbsp;»</em>, rigole Olivier Daronnat. Alors dès le départ, il a été question pour HF Île-de-France <em>«&nbsp;d&#8217;ajouter l&#8217;héritage des mères à l&#8217;héritage des pères&nbsp;». «&nbsp;Pour arrêter de ne voir que d&#8217;un œil ou d&#8217;être hémiplégique&nbsp;», </em>complète le trésorier de l&#8217;association, qui aime les métaphores.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première édition, puis toutes les suivantes, ont toujours été très bien accueillies, par les institutions comme par le public. Les œuvres des femmes, elles, n&#8217;étaient en réalité pas loin. <em>«&nbsp;Beaucoup de lieux culturels et de musées ont été intéressées pour ouvrir leurs portes. Ils sont juste allés dans leurs réserves pour ressortir des œuvres de femmes&nbsp;»</em>, commente Olivier Daronnat. Quant au public, très vite, «&nbsp;cela a débordé la sphère féministe&nbsp;». <em>«&nbsp;Quand vous présentez de belles choses, les personnes trouvent ça formidable et se demandent pourquoi elles n&#8217;ont pas vu ses œuvres avant. Il faut vraiment être mal intentionné et endoctriné par l&#8217;idée que le génie est forcément masculin pour être fermé à cette initiative.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Et depuis 10 ans, l’initiative s&#8217;est émancipée de l&#8217;Île-de-France. Dès l&#8217;année suivante, l&#8217;association HF Rhône-Alpes (devenue depuis HFX+ Auvergne-Rhône-Alpes) a décliné sa propre version des «&nbsp;Journées du matrimoine&nbsp;». Puis c&#8217;était au tour d&#8217;HF Normandie, constitué en 2011. Ensuite, les «&nbsp;Journées du matrimoine&nbsp;» se sont même émancipées du sillage des collectifs HF. Des collectivités s&#8217;en sont emparées. En Normandie, la ville de Rouen, le département et plus largement la région promeuvent aujourd&#8217;hui les «&nbsp;Journées du patrimoine et du matrimoine&nbsp;». Les villes de Nantes ou de Bordeaux font de même depuis quelques années, présentant un programme commun pour l&#8217;ensemble du troisième week-end de septembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le hic&nbsp;? La non-reconnaissance de la part du ministère de la Culture. Ce n&#8217;est pourtant pas faute d&#8217;avoir essayé d&#8217;évoquer le sujet avec les différentes personnes en responsabilité. «&nbsp;À chaque fois qu&#8217;un ou une nouvelle ministre prenait place, nous demandions à être reçues avec HF, mais personne n&#8217;a daigné nous recevoir, que les ministres soit de droite ou de gauche&nbsp;», commente Olivier Daronnat. Qui s&#8217;étonne&nbsp;<em>: «&nbsp;Il y a pourtant une feuille de route qui préconise de mettre en avant le matrimoine, mais ça ressemble plus à une déclaration d&#8217;intention&#8230;&nbsp;»</em></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/journees-du-matrimoine-10-ans-de-mise-en-valeur-des-oeuvres-de-femmes/">JOURNÉES DU MATRIMOINE : 10 ANS DE MISE EN VALEUR DES ŒUVRES DE FEMMES</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>CYRIELLE CHATELAIN : « NOUS AVONS OBTENU UNE VICTOIRE CONTRE LA LOI DUPLOMB, NOUS ALLONS ALLER CHERCHER LES AUTRES »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Aug 2025 16:48:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actu]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La cheffe de file des Écologistes à l&#8217;Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, partage ses espoirs comme ses déceptions face au traitement des enjeux écologiques et à l&#8217;actualité autour de la loi Duplomb.  Elle milite au sein des Verts (devenu depuis EELV) depuis ses 18 ans, mais n&#8217;occupe une fonction électorale que depuis 2022. Cyrielle Chatelain, 38 [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La cheffe de file des Écologistes à l&#8217;Assemblée nationale, Cyrielle Chatelain, partage ses espoirs comme ses déceptions face au traitement des enjeux écologiques et à l&#8217;actualité autour de la loi Duplomb.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br> Elle milite au sein des Verts (devenu depuis EELV) depuis ses 18 ans, mais n&#8217;occupe une fonction électorale que depuis 2022. Cyrielle Chatelain, 38 ans, a remporté lors des dernières législatives la deuxième circonscription de l&#8217;Isère, ramenant celle-ci sous le giron de la gauche qui s&#8217;était réunie sous la bannière commune de la Nupes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nommée co-présidente du groupe Écologiste et social à l&#8217;Assemblée nationale, devenue présidente de fait après la <a href="https://www.google.com/url?sa=t&amp;source=web&amp;rct=j&amp;opi=89978449&amp;url=https://www.humanite.fr/politique/ecologistes/affaire-julien-bayou-le-depute-accuse-de-violences-psychologiques-demissionne-du-groupe-ecologiste-a-lassemblee&amp;ved=2ahUKEwiYhZjm3qiPAxU50AIHHRBPFT8QFnoECDsQAQ&amp;usg=AOvVaw3VrDK3ImJ73uenAYEBn4oT">mise en retrait puis la démission de Julien Bayou</a>, elle défend la voix des députés écologistes qui cherchent à lutter par la voie législative contre des projets faisant reculer l&#8217;écologie, telle que la loi Duplomb, baptisée plus formellement « loi visant à lever les contraintes au métier d’agriculteur ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques jours avant la rentrée parlementaire, après un été qui a vu une pétition contre cette loi réunir plus de 2,1 millions de signatures, puis un article phare de la loi censuré par le Conseil constitutionnel, Cyrielle Chatelain revient sur l&#8217;opposition de son groupe à ce texte et sur les freins actuels pour faire davantage avancer l&#8217;écologie sur le plan législatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dernièrement, vous vous êtes distinguée en portant la parole des députés écologistes contre le vote de la loi Duplomb. Qu&#8217;est-ce qui vous a marquée dans votre opposition à ce texte&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette loi m&#8217;inquiète, car elle est profondément climatosceptique. Pour moi, il s&#8217;agit de la première loi trumpiste de régression environnementale. Laurent Duplomb <em>[sénateur Les Républicains qui a déposé la loi] </em>dit lui-même que le réchauffement climatique peut <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/30/le-moment-de-celebrite-de-laurent-duplomb-un-senateur-au-service-de-la-fnsea_6616954_3234.html">présenter autant d&#8217;avantages que d&#8217;inconvénients</a>&#8230; Nous faisons face avec cette loi à une minimisation des faits scientifiques et des impacts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce qui m&#8217;a le plus marquée, ce sont les témoignages entendus pour s&#8217;y opposer. Le 8 juillet, le jour du vote, notre député Benoît Biteau avait réuni des associations de sa circonscription<em>, </em>des collectifs de parents d&#8217;enfants malades de cancer, du collectif Cancer Colère et des médecins. Plus je les écoutais tous, plus je me rendais compte que ce débat n&#8217;aurait même pas du avoir lieu. Que la dangerosité de certaines substances comme l&#8217;acétamipride est déjà reconnue scientifiquement. Qu&#8217;aucune famille en France n&#8217;est épargnée par le cancer. Je me suis dit que ce n&#8217;est pas nous, en tant que députés, qui devrions prendre la parole, mais que ces personnes devaient venir à la tribune de l&#8217;Assemblée pour expliquer ce que cela leur faisait dans leur chair.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le débat, justement, n&#8217;a pas eu lieu&#8230;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, le texte n&#8217;a effectivement jamais été débattu en raison d&#8217;une motion de rejet portée par le rapporteur et les soutiens du texte. Ils ont refusé le débat pour cette raison, parce qu&#8217;ils savaient que nous avions des amendements qui reprenaient les arguments des victimes des produits phytosanitaires. Ils ne veulent pas entendre parler des maladies qui vont toucher les agriculteurs et les citoyens. Mais à force de vouloir mettre le couvercle sur la marmite, cela a fait exploser l&#8217;opposition. Aujourd&#8217;hui, il y a <a href="https://www.cancer.fr/presse/l-institut-national-du-cancer-publie-les-dernieres-donnees-en-cancerologie-dans-son-panorama-edition-2024">une épidémie de cancers en France</a>, aucune famille n&#8217;est épargnée. On ne peut pas empêcher un débat sur ce sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La mobilisation autour de la pétition vous a donc semblé être à la hauteur de ce débat confisqué&nbsp;?</strong><br>Nous avions senti les signaux faibles&nbsp;: la loi Duplomb était un sujet auquel les gens étaient attentifs, il y avait une incompréhension assez forte. Mais l&#8217;ampleur et la vitesse à laquelle la mobilisation autour de la pétition a prise m&#8217;a aussi très positivement étonnée. Ce n&#8217;est pas une pétition qu&#8217;on signe en un clic, il fallait se connecter au site de l&#8217;Assemblée&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En tant que présidente du groupe Écologiste, vous avez avec le groupe Insoumis et celui des Communistes interpellé le Conseil constitutionnel pour tenter de faire révoquer cette loi. Comment avez-vous apprécié sa décision de censure partielle le 7 août&nbsp;?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est quand même une victoire, même si la censure n&#8217;est pas totale. Elle ne porte que sur un aspect du texte, concernant la <a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/loi-duplomb/loi-duplomb-le-conseil-constitutionnel-censure-la-reintroduction-de-l-acetamipride-un-pesticide-interdit-au-nom-de-la-charte-de-l-environnement_7423393.html">réintroduction de l&#8217;acétamipride</a>. Mais d&#8217;autres aspects restent problématiques, concernant des pratiques agricoles comme les fermes-usines ou les mégabassines, ou d&#8217;autres questions de santé publique. Nous avons obtenu une victoire, mais nous allons aller chercher les autres.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De quelles manières&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous allons faire monter la pression pour qu&#8217;il y ait une suite donnée à la pétition et que cela donne bien droit au débat autour de la loi dans l&#8217;Hémicycle. Avec les députés de La France insoumise, lors de nos niches parlementaires, nous déposerons aussi des propositions de loi d&#8217;abrogation. Nous avons réussi à obtenir l&#8217;interdiction de certains usages pour les polluants éternels. C&#8217;est possible de faire avancer les choses quand nous arrivons à convaincre au-delà de nos rangs et surtout quand la pression de la société est forte.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous parlez d&#8217;une forte pression populaire, pourtant la question écologique a rarement été aussi reléguée ces dernières années. Comment faire avancer les choses véritablement sur le plan législatif&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette minimisation de la crise écologique vient vraiment d&#8217;hommes et de femmes politiques de droite et d&#8217;extrême droite engagé·es dans des campagnes de désinformation, alors que les impacts du réchauffement climatique sont tangibles, que les vagues de chaleur sont là, que de nombreuses cultures agricoles sont déjà détruites à cause de la sécheresse ou d&#8217;épisodes de grêle tardifs&#8230; Pour nous, en tant qu&#8217;Écologistes, il s&#8217;agit désormais de débattre sur les moyens de lutte contre le réchauffement climatique et de proposer des solutions face aux impacts qui sont déjà là. Là, il y peut certes y avoir des divergences idéologiques, mais nous devons au moins rester dans un cadre où la science est reconnue.</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/cyrielle-chatelain-nous-avons-obtenu-une-victoire-contre-la-loi-duplomb-nous-allons-aller-chercher-les-autres/">CYRIELLE CHATELAIN : « NOUS AVONS OBTENU UNE VICTOIRE CONTRE LA LOI DUPLOMB, NOUS ALLONS ALLER CHERCHER LES AUTRES »</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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