LE MEDIA FEMINISTE PIONNIER QUI DOCUMENTE CE QUE L’AGE FAIT AUX FEMMES
Crédit photo : ©Ensemble contre le sexisme

À l’occasion du 8 mars, le collectif Ensemble contre le sexisme dévoile une campagne qui détourne les codes des cérémonies de récompenses. Trois trophées pour rappeler, chiffres à l’appui, l’ampleur des inégalités et des violences qui continuent de toucher les femmes.

La progression des discours masculinistes est désormais bien documentée. Selon le Baromètre 2026 du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, 17 % des Français adhèrent à des formes de sexisme hostile, soit près de dix millions de personnes. Le phénomène est particulièrement visible chez les plus jeunes. L’étude indique que 66 % des hommes de moins de 34 ans disent connaître au moins un influenceur masculiniste et 37 % déclarent consulter ce type de contenus, preuve que ces discours circulent désormais largement, notamment sur les réseaux sociaux.

C’est dans ce climat que le collectif Ensemble contre le sexisme dévoile une nouvelle campagne. À l’approche du 8 mars, le réseau choisit de détourner les codes des cérémonies de récompenses pour mettre en lumière les mécanismes qui nourrissent encore ces inégalités. Un trophée célèbre la réussite, l’excellence ou la performance. La nouvelle campagne du collectif Ensemble contre le sexisme choisit de renverser ce symbole. À l’approche de la Journée internationale des droits des femmes, trois trophéesdu masculinisme sont ainsi remis. Mais il ne s’agit pas ici de récompenser, mais de révéler ce que notre société continue, année après année, de tolérer ou de minimiser.

La campagne commence par aborder un sujet rarement mis au premier plan, celui du sexisme conjugué à l’âgisme. Entre 40 et 60 ans, une femme salariée perd en moyenne 7 862 euros par an par rapport à un homme du même âge. L’écart ne relève pas d’un simple détail statistique. Il traduit des carrières qui ralentissent, des promotions qui se raréfient et, à terme, des retraites moins élevées. Année après année, ces inégalités s’accumulent et finissent par peser durablement sur les trajectoires professionnelles. C’est ce que démontre la dernière note publiée par la Fondation des Femmes, « Le coût d’être retraitée ».

Autre réalité pointée par la campagne, la défiance persistante envers la parole des victimes. Alors même que les violences sexistes et sexuelles sont aujourd’hui largement documentées, 53 % des hommes estiment que les accusations sont trop souvent exagérées ou mensongères. Ce décalage entre les faits et les perceptions contribue à installer un climat de doute qui complique encore les démarches de celles qui choisissent de parler.

Enfin, la campagne rappelle la dimension la plus tragique de ces violences. En 2024, 107 féminicides conjugaux ont été recensés en France, auxquels s’ajoutent 270 tentatives de féminicides et 906 suicides ou tentatives liés aux violences conjugales. Derrière ces chiffres apparaissent des vies interrompues, des familles brisées et une violence qui continue de s’exercer au sein du couple.

Dans ce contexte, la progression des discours masculinistes inquiète de plus en plus les observateurs. Selon le Baromètre 2026 du Haut Conseil à l’Égalité, 17 % des Français adhèrent à des formes de sexisme hostile, soit près de dix millions de personnes. Le phénomène est particulièrement visible chez les plus jeunes. L’étude indique que 66 % des hommes de moins de 34 ans disent connaître au moins un influenceur masculiniste et 37 % déclarent consulter ce type de contenus, preuve que ces discours circulent désormais largement, notamment sur les réseaux sociaux.

Sophie Dancourt

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