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	<title>Archives des Société - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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	<title>Archives des Société - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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		<title>CANNES : CE QUE LE TAPIS ROUGE RÉVÈLE DE LA VISIBILITÉ DES ACTRICES DE PLUS DE 50 ANS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 14:49:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A Cannes, Jane Fonda, Joan Collins, Isabella Rossellini, Catherine Deneuve, Demi Moore ou Philippine Leroy-Beaulieu rappellent qu’une femme de 60, 70 ou 80 ans peut encore occuper le tapis rouge. Mais cette visibilité reste très codée. Derrière les images glamour, le cinéma continue d’accorder une place étroite aux actrices qui avancent en âge. Une visibilité [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/cannes-ce-que-le-tapis-rouge-revele-de-la-visibilite-des-actrices-de-plus-de-50-ans/">CANNES : CE QUE LE TAPIS ROUGE RÉVÈLE DE LA VISIBILITÉ DES ACTRICES DE PLUS DE 50 ANS</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>A Cannes, Jane Fonda, Joan Collins, Isabella Rossellini, Catherine Deneuve, Demi Moore ou Philippine Leroy-Beaulieu rappellent qu’une femme de 60, 70 ou 80 ans peut encore occuper le tapis rouge. Mais cette visibilité reste très codée. Derrière les images glamour, le cinéma continue d’accorder une place étroite aux actrices qui avancent en âge.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une visibilité qui reste très codée. Sur les marches, l’âge devient regardable lorsqu’il demeure associé, en vrac, séparément ou cumulativement au prestige, à la célébrité, à la minceur, à la blancheur, au luxe et à une maîtrise parfaite des codes du glamour. Alyson Walsh, fondatrice du site <em data-start="797" data-end="816">That’s Not My Age</em>, résume ce paradoxe dans <em data-start="842" data-end="856">The Guardian</em> par une formule très nette : <em>« on peut être vieille, à condition de ne pas avoir l’air vieille ».</em> C’est ce qui rend ces images à la fois réjouissantes et insuffisantes. Voir Jane Fonda à 88 ans sur un tapis rouge n’a rien d’anodin. L’actrice n’est pas seulement regardée comme une star de cinéma. Elle est devenue une figure globale, à la croisée de l’engagement politique, du féminisme et du glamour hollywoodien. Sa présence à Cannes rappelle que certaines femmes âgées restent visibles lorsqu’elles ont déjà accumulé un capital symbolique considérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas de Philippine Leroy-Beaulieu dit autre chose. Son image publique s’est réactivée avec <em>Emily in Paris</em>, où son personnage de Sylvie Grateau a imposé une figure rare dans les séries mondialisées, une femme de plus de 60 ans regardée comme désirable, puissante, élégante, sans être renvoyée au rôle de mère ou de grand-mère. À Cannes, sa visibilité prolonge ce récit. Elle incarne une femme qui vieillit tout en restant pleinement inscrite dans les imaginaires du désir, de la mode et du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Demi Moore occupe encore une autre place. Depuis <em>The Substance</em>, elle cristallise les discours sur le corps, l’âge et la violence du regard porté sur les femmes. Sa visibilité récente ne repose pas seulement sur son statut de star. Elle s’inscrit dans un moment culturel où l’industrie semble regarder plus frontalement ce qu’elle exige des actrices qui vieillissent : rester désirables, vendables, reconnaissables, tout en portant sur leur corps les traces acceptables du temps. Aux Golden Globes 2025, Demi Moore a résumé cette injonction avec une phrase qui a beaucoup circulé : <em>« Vous n&#8217;êtes jamais assez »</em>, avant d’ajouter que l’on peut connaître sa valeur en cessant d’utiliser la règle qui mesure sans cesse les femmes. Un discours qui contraste avec sa silhouette que de nombreux commentaires non sollicités s&#8217;empressent de qualifier d&#8217;anorexique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&#8217;âgisme et quelques exceptions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ces trajectoires individuelles donnent à voir ne doit pourtant pas masquer la forêt de l&#8217;invisibilisation. Les femmes âgées que le tapis rouge célèbre restent des exceptions. Elles sont déjà consacrées, déjà légitimées, déjà intégrées à une histoire prestigieuse du cinéma, de la mode ou de la culture populaire. Joan Collins incarne le glamour spectaculaire. Isabella Rossellini réunit cinéma, mode et héritage familial mythique. Catherine Deneuve reste une institution du cinéma français. Toutes sont visibles, mais leur visibilité repose sur une reconnaissance acquise depuis longtemps. Cette rareté se joue dans les rôles, les scénarios et les imaginaires. Meryl Streep a souvent raconté qu’à 40 ans, <a href="https://abcnews.com/news/story/meryl-streep-admits-thinks-hollywood-ageist-27503680?">Hollywood lui avait proposé plusieurs rôles de sorcières. </a>Elle y voyait un signe de ce que l’industrie pensait des femmes qui passaient un certain âge, des figures marginales, inquiétantes, sorties du champ du désir ou du récit central.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nicole Kidman a formulé le problème autrement en recevant son SAG Award pour <em>Big Little Lies</em>. <em>« Comme il est merveilleux que nos carrières puissent aujourd’hui se poursuivre au-delà de 40 ans. »</em>, déclarait-elle, avant d’ajouter que les actrices avaient prouvé qu’elles étaient <em>« puissantes, influentes et pleinement légitimes »</em>. Il ne s’agit pas seulement d’être encore là après 40 ans, mais d’être encore considérée comme une force narrative, économique et symbolique. En France, cette disparition porte le nom du <a href="https://aafa-asso.info/"><em>Tunnel de la comédienne de 50 ans</em>.</a> Créée en 2015 au sein d’AAFA, Actrices et Acteurs de France Associés, cette commission documente depuis dix ans la sous-représentation des comédiennes de plus de 50 ans dans les fictions françaises. Son baromètre consacré aux films français de 2025 indique que les femmes de plus de 50 ans ne représentent que 11 % des rôles, alors qu’une femme majeure sur deux a plus de 50 ans en France. À l’inverse, les hommes du même âge restent beaucoup plus proches de leur poids réel dans la population française.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des baromètres éloquents</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les données américaines confirment ce déséquilibre. Le <em><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/geena-davis-denonce-le-manque-de-femmes-realisatrices-aux-etats-unis-2/">Geena Davis Institute</a></em>, en partenariat avec Next50, a analysé la représentation des femmes de 50 ans et plus dans les films et séries les plus vus entre 2010 et 2020. L’objectif de cette étude est de comprendre comment les personnages féminins âgés sont représentés, quels rôles leur sont attribués, et comment leur présence se réduit à mesure que l’âge avance. Cette invisibilité se combine avec d’autres rapports de pouvoir. En France, <a href="https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2021/12/08/diversite-a-l-ecran-les-personnages-non-blancs-minoritaires?" type="link" id="https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2021/12/08/diversite-a-l-ecran-les-personnages-non-blancs-minoritaires?">l’étude <em>Cinégalités – Qui peuple le cinéma français ?</em></a>, menée par le Collectif 50/50 sur 115 films français sortis en 2019, a montré que seuls 6 % des personnages principaux sont des femmes perçues comme non blanches. Le rapport relevait aussi que plus les personnages avancent en âge, plus la diversité régresse. Le tapis rouge de Cannes donne donc à voir une vieillesse très spécicique : majoritairement blanche, socialement privilégiée, physiquement conforme, très éloignée de la pluralité réelle des femmes qui vieillissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces constats, plusieurs initiatives tentent de déplacer les lignes. À Cannes, <em>Women in Motion</em>, lancé en 2015 par Kering en partenariat avec le Festival, met en lumière les femmes dans le cinéma à travers des talks, des prix et un soutien à des talents émergents. Le programme a contribué à installer la question de l’égalité dans l’un des lieux les plus visibles de l’industrie mondiale du cinéma. Aux États-Unis, la réponse passe aussi par l’écriture. <a href="https://twlstories.org/"><em>The Writers Lab</em> soutient des scénaristes femmes et non-binaires de plus de 40 ans,</a> avec l’appui de figures comme Meryl Streep, Nicole Kidman ou Oprah Winfrey. L’enjeu est décisif, car tant que les femmes de plus de 40 ou 50 ans restent absentes des espaces d’écriture, leurs personnages restent plus facilement périphériques, caricaturaux ou inexistants. L’expérience de la scénariste Katja Meier montre toutefois combien les résistances demeurent fortes. Après avoir intégré un programme destiné aux femmes autrices de plus de 40 ans, elle a raconté au <em>Guardian</em> que des sociétés de production avaient aimé son scénario, mais lui avaient demandé de rajeunir son personnage principal de vingt ans. Dans un rendez-vous, quelqu’un lui aurait même dit ne pas croire que les femmes de plus de 50 ans constituent un public valable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai changement ne se joue donc pas seulement sur les marches. Il doit s&#8217;inscrire dans les scénarios, les rôles, les castings, les budgets et les récits que l’industrie accepte enfin de confier aux femmes qui avancent en âge. Derrière l’éclat du tapis rouge, une question demeure, quelles femmes ont vraiment le droit de vieillir sous les projecteurs ?</p>
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		<title>CLAIRE RICHARD : « J’AI COMPRIS QUE JE N&#8217;ÉTAIS PAS SEULE À AVOIR PEUR DE RESSEMBLER À MA MÈRE  »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 06:30:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son ouvrage « Pardonner à nos mères », la documentariste radio et autrice de 40 ans explore les relations tumultueuses qui unissent les filles et leurs mères, dans le contexte du patriarcat. Vous avez grandi en vous répétant un mantra : « Je ne serai jamais comme elle ». Pourquoi avez-vous cherché à comprendre ce qui sépare les filles [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans son ouvrage « Pardonner à nos mères », la documentariste radio et autrice de 40 ans explore les relations tumultueuses qui unissent les filles et leurs mères, dans le contexte du patriarcat.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez grandi en vous répétant un mantra : « Je ne serai jamais comme elle ». Pourquoi avez-vous cherché à comprendre ce qui sépare les filles de leurs mères ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que j&#8217;étais prise depuis très jeune dans un faisceau de difficultés avec ma mère. C&#8217;était assez douloureux, mais je n&#8217;en parlais jamais avec mes amies, je gardais cela privé. Je vivais la situation comme un problème interpersonnel plus que comme quelque chose de sociologique. Puis en 2019, alors que j&#8217;étais enceinte et traversée de plein de sentiments ambivalents, j&#8217;ai découvert le terme de « matrophobie », développé par la théoricienne féministe américaine Adrienne Rich*. Dans son livre « Naître d&#8217;une femme », elle parle de la peur des filles de devenir comme leur mère, notamment à travers l&#8217;expérience de la maternité, en raison de l&#8217;impossible équation que constitue cette institution dans une société patriarcale. C&#8217;est venu clarifier ce que je ressentais de puis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>À ce moment-là, vous découvrez aussi que vous n&#8217;êtes pas seule à chercher à tout prix à éviter de ressembler à votre mère. Qu&#8217;est-ce que cela a changé pour vous ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&#8217;alors, je n&#8217;avais eu droit qu&#8217;à des explications psychologiques sur la relation avec ma mère qui ne me parlaient pas du tout. Là, tout à coup, je tenais une explication politique. Je me rendais compte qu&#8217;il y avait une expérience partagée autour de cette situation. L&#8217;appel à témoignages pour le livre est venu confirmé cela. Le concept de matrophobie m&#8217;est alors apparu comme une idée puissante que j&#8217;ai eu envie de faire voyager pour mieux la faire connaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En quoi une lecture féministe aide-t-elle à comprendre ces différends entre générations de femmes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand j&#8217;étais adolescente, je n&#8217;avais pas les outils féministes pour comprendre pourquoi je cherchais ainsi à m&#8217;opposer à ma mère et à m&#8217;éloigner de l&#8217;image et du rôle de la féminité qu&#8217;elle me renvoyait. Puis en grandissant, je me suis beaucoup intéressée aux théories féministes. Je trouve que lorsqu&#8217;on met le doigt sur un mécanisme, cela permet d&#8217;être moins à sa merci. Alors j&#8217;ai souhaité contribuer à cette cartographie féministe, sur ce que le patriarcat fait à nos relations intimes. Ceci dit, j&#8217;ai eu très peur de trahir la cause féministe, en pointant du doigt les mères. Surtout que les idées sexistes continuent de circuler vigoureusement parmi les jeunes générations et l&#8217;on pourrait être tentée de se concentrer sur la défense basique du féminisme. Jusqu&#8217;à ce que je me rende compte que cette thématique résonnait chez d&#8217;autres femmes et qu&#8217;il y a un enjeu féministe à explorer la question de la complicité des femmes dans la transmission du patriarcat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <br><strong>Cette lecture féministe aide-t-elle forcément à « pardonner à nos mères », comme l&#8217;évoque le titre de votre essai ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;ai mis du temps à accepter ce titre, qui était plutôt une suggestion de mon amie et éditrice Victoire Tuaillon <em>[qui dirige la collection Les Renversantes, aux éditions Leduc]</em>. Souvent, la question du devenir des liens familiaux est posée à travers le pardon. Aussi parce que nous vivons dans une société très influencée par la pensée chrétienne. Personnellement, ce n&#8217;est pas un terme que j&#8217;utilise. Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il s&#8217;agit de nos mères qu&#8217;il faut tout pardonner. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs eu des remarques au sujet de ce titre, qui peut créer des malentendus, en particulier pour des personnes victimes de violences physiques ou psychologiques. Avec ce titre, mon souhait était finalement plutôt de s&#8217;interroger sur ce qu&#8217;on fait de cette relation à nos mères et de cette injonction au pardon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu&#8217;est-ce qui peut quand même permettre de comprendre à vos yeux pourquoi un tel décalage s&#8217;opère entre les mères et leurs filles aujourd&#8217;hui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut comprendre que beaucoup de nos mères<em> [Claire Richard a 40 ans]</em> sont nées avant la généralisation de l&#8217;avortement. Elles font partie de la première génération ayant eu accès à la maîtrise de la contraception. Elles ont pu ouvrir pour la première fois ouvrir un compte à leur nom <em>[à partir de 1965 – voir </em><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/60-ans-de-liberte-bancaire-pour-les-femmes/"><em>notre article</em></a><em>]</em>. Elles ont davantage travaillé, tout en devant assumer la double journée à plein pot. Même si la question de l&#8217;inégalité face au travail domestique avait été théorisé par les féministes dès les années 1970, cela a mis du temps à imprégner les mentalités. Surtout, il y a eu un gros <em>backlash [retour en arrière]</em> féministe dans les années 1980 et 1990. Nos mères ont grandi dans un monde encore plus sexiste que le nôtre, donc elles ont reproduit à un certain degré les structures sociales dans lesquelles elles ont elles-mêmes grandi, de manière inconsciente ou parfois dans une forme de protection pour tenter de nous adapter à ce monde inégalitaire. Il faut aussi se souvenir que toutes nos mères sont des filles, qui elles-mêmes ont grandi avec une mère en lutte ou en proie à la société patriarcale et les normes de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong> Les relations filles-mères sont-elles condamnées à ces difficultés ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, je ne pense pas. Du moins, je n&#8217;espère pas. J&#8217;ai justement entamé ce travail en imaginant qu&#8217;il pourrait aussi constituer une sorte d&#8217;archive d&#8217;une forme affective d&#8217;un temps donné. Je remarque qu&#8217;aujourd&#8217;hui, il y a de plus en plus de parents qui se préoccupent de la façon d&#8217;élever des filles de façon plus égalitaire. Il existe plus d&#8217;outils pour cela aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Votre mère a-t-elle lu votre livre et est-ce venu réparer des choses entre vous ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&#8217;est pas un livre sur notre relation, j&#8217;en dis d&#8217;ailleurs assez peu de choses. Mais bien sûr elle l&#8217;a lu, c&#8217;était très important pour moi qu&#8217;elle puisse le lire avant qu&#8217;il soit publié. Elle m&#8217;a même dit qu&#8217;elle lirait deux fois, une fois de façon brute et une deuxième de façon plus analytique. Mais elle ne m&#8217;en a pas encore parlé, sans doute qu&#8217;elle n&#8217;y est pas prête. Pourtant, j&#8217;ai l&#8217;impression que depuis l&#8217;écriture et la publication du livre, quelque chose s&#8217;est déjà dénoué entre nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.placedeslibraires.fr/listeliv.php?base=allbooks&amp;mots_recherche=pardonner+%C3%A0+nos+m%C3%A8res"><em>Pardonner à nos mères</em></a><em>, coll. Les Renversantes, éditions Leduc, 192 pages, 17 euros, version numérique 12,99 euros</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">*Adrienne Rich, <em>« Naître d&#8217;une femme : la maternité en tant qu&#8217;expérience et institution »</em>, paru pour la première fois aux États-Unis en 1976, puis publié en français chez Denoël / Gonthier en 1981. Une réédition française vient également de paraître en avril chez Hors d&#8217;atteinte, sous le titre <em>« La Maternité obligatoire. De l’expérience intime au poids de l’institution ».</em><br><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br> </p>
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			</item>
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		<title>ALICE BRAHAM BAT LE RECORD BRITANNIQUE DU MARATHON CHEZ LES FEMMES DE PLUS DE 50 ANS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 09:31:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À 50 ans, Alice Braham boucle le marathon de Londres en 2 h 36 min 25 s et bat le record britannique chez les femmes de plus de 50 ans. Son parcours raconte une autre histoire de l’âge, loin du ralentissement que l’on associe encore trop souvent aux femmes après 50 ans. Avant d’être cette [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À 50 ans, Alice Braham boucle le marathon de Londres en 2 h 36 min 25 s et bat le record britannique chez les femmes de plus de 50 ans. Son parcours raconte une autre histoire de l’âge, loin du ralentissement que l’on associe encore trop souvent aux femmes après 50 ans.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d’être cette coureuse de 50 ans qui affole les chronos du marathon britannique, Alice Braham a été une athlète de haut niveau. <a href="https://athleticsweekly.com/news/alice-braham-leads-the-masters-record-breakers-in-london-with-236-aged-50-1040011014/"><em>Athletics Weekly</em> rappelle qu’elle a représenté la Grande-Bretagne chez les juniors </a>aux championnats du monde de cross-country en 1995. Sa carrière n’a pourtant rien d’une ligne droite. Sa carrière n’a pourtant rien d’une ligne droite. Mère de quatre enfants et désormais coach sportive, la Britannique a retrouvé le très haut niveau course après course. En 2024, elle boucle le marathon de Berlin en 2 h 39 min 42 s. En 2025, elle bat le record féminin du Jersey Marathon. À Londres, elle confirme la force d’un retour construit dans la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’espère prouver qu’il existe une longévité dans la course et que l’âge n’est qu’un chiffre »</em> a commenté la recordwoman à. l&#8217;arrivée du marathon. Un récit positif sur le vieillissement dans le sport qui change notre regard sur l&#8217;âge et le sport, renvoyant les injonctions dans les cordes. Son marathon ne raconte pas une performance arrachée malgré l’âge, mais ce que l’expérience peut produire quand elle s’ajoute à l’entraînement, à la précision et à la connaissance de soi. À Londres, Alice Braham a redéfinit le niveau attendu dans sa catégorie, loin d&#8217;une participation symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Reuters, l’épreuve a battu le record mondial du nombre d’arrivants, avec 59 830 coureurs. Dans cette édition dominée par les images spectaculaires, les performances auraient pu rester dans les pages spécialisées. <em>RunABC</em> a cité l&#8217;exploit de la marathonienne parmi les records marquants de la course. Le précédent record britannique des femmes de plus de 50 ans appartenait à Annabel Granger, coureuse du club Bristol &amp; West, avec un temps de 2 h 47 min 44 s au marathon de Chester en 2023. Alice Braham l’améliore de près de neuf minutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce record illustre un constat désormais bien documenté sur l’endurance physique après 50 ans. Chez les sportifs entraînés, la performance ne s’effondre pas brutalement à 50 ans. Les travaux publiés dans <em>The Journal of Physiology</em> montrent plutôt un déclin progressif, qui reste modéré jusqu’à 50-60 ans. D’autres recherches, parues dans <em>Scientific Reports</em>, indiquent aussi que l’écart entre femmes et hommes tend à se réduire avec l’âge et l’allongement des distances. L’expérience, la régularité de l’entraînement et la gestion de l’effort deviennent des ressources majeures sur les longues distances. </p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/alice-braham-bat-le-record-britannique-du-marathon-chez-les-femmes-de-plus-de-50-ans/">ALICE BRAHAM BAT LE RECORD BRITANNIQUE DU MARATHON CHEZ LES FEMMES DE PLUS DE 50 ANS</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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		<title>POURQUOI LES FEMMES DE 50 ANS SONT AU CŒUR DE LA PROCHAINE RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 14:42:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous vivons plus longtemps, mais nos entreprises, nos systèmes de santé et nos imaginaires restent construits autour d’une vie courte. Et si la longévité était moins un problème à gérer qu’un bouleversement à penser ? Une transformation qui place les femmes de 50 ans et plus au cœur des enjeux économiques, sociaux et politiques de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nous vivons plus longtemps, mais nos entreprises, nos systèmes de santé et nos imaginaires restent construits autour d’une vie courte. Et si la longévité était moins un problème à gérer qu’un bouleversement à penser ? Une transformation qui place les femmes de 50 ans et plus au cœur des enjeux économiques, sociaux et politiques de demain.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vivons plus longtemps, mais nous continuons à organiser nos existences comme si elles tenaient encore dans un scénario hérité du siècle dernier. On se forme dans la jeunesse. On travaille au milieu de sa vie. On se retire ensuite du jeu, comme si la retraite marquait mécaniquement l’entrée dans une zone de retrait social, économique et symbolique. Ce modèle en trois temps a longtemps structuré nos politiques publiques, nos entreprises, nos imaginaires familiaux et même notre manière de nous raconter. Il reste pourtant de moins en moins adapté à la réalité des trajectoires contemporaines. Les vies s’allongent, les carrières se fragmentent, les reconversions se multiplient, les séparations, les reprises d’études, les créations d’activité ou les engagements nouveaux apparaissent désormais à des âges que l’ancien logiciel rangeait déjà du côté de la sortie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce que souligne l<a href="https://longevity.stanford.edu/the-new-map-of-life-full-report/">e programme <strong>The New Map of Life</strong>, porté par le <strong>Stanford Center on Longevity</strong></a>. Ses chercheurs appellent à repenser toute l’architecture de nos vies à partir d’un fait simple : la perspective d’une vie de 100 ans change tout. Le rapport pointe l’obsolescence du modèle dominant, fondé sur <em>« trois étapes linéaires et distinctes : l’éducation, le travail et la retraite »</em>. Une formule qui résume à elle seule le retard de nos sociétés. Nous avons gagné des années, mais nous les avons ajoutées à la fin de la vie au lieu de redistribuer les possibles tout au long du parcours. Le même rapport formule l&#8217;idée  que <em>« Le milieu de la vie est un moment aussi légitime pour se lancer ou bifurquer que l’adolescence »</em>. Car l’enjeu n’est pas seulement de vivre plus longtemps. Il est de savoir ce que ces années supplémentaires rendent possible. Une femme de 52 ans qui bifurque professionnellement, une salariée de 57 ans qui se forme à un nouveau métier, une entrepreneure qui lance son activité à 60 ans ou une veuve qui retombe amoureuse à 72 ans ne devraient plus être présentées comme des exceptions attendrissantes. Elles incarnent une réalité massive, encore trop peu pensée, de la longévité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les femmes, ce déplacement est crucial. La cinquantaine reste encore trop souvent racontée à travers la perte supposée de désirabilité, de visibilité, de fécondité, de place dans l’entreprise, de centralité dans la famille. Or cette décennie correspond aussi, pour beaucoup, à un moment de clarification. Les enfants grandissent, les contraintes familiales se déplacent, les priorités changent, les compromis pèsent différemment. Certaines veulent transmettre. D’autres veulent créer. D’autres encore veulent reprendre la main sur une vie professionnelle qui les a trop longtemps assignées à la disponibilité, au soin ou à l’effacement. C’est là que la révolution de la longévité devient profondément politique. Elle interroge la manière dont une société autorise, ou empêche, les femmes qui vieillissent à continuer d’exister comme sujets de désir, de travail, d’ambition et de décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vieux monde a pensé la vie comme une ligne droite. La longévité nous oblige à la penser comme une trajectoire plus souple, encore faut-il que les institutions, les entreprises et les récits collectifs cessent de traiter ces élans comme des anomalies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’économie n’a pas encore compris le pouvoir des plus de 50 ans</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde économique aime parler d’innovation. Il célèbre la disruption, les nouvelles technologies, les marchés émergents, les usages de demain. Mais il continue souvent à regarder la longévité avec les lunettes d’hier. Dès qu’il est question d’âge, le vocabulaire se rétrécit. On parle coût, dépendance, retraite, absentéisme, adaptation. Beaucoup plus rarement désir, pouvoir d’achat, expérience, transmission, création de valeur. C’est pourtant l’un des grands contresens de notre époque. Les plus de 50 ans ne sont pas une population périphérique. Ils représentent déjà une force économique massive. Selon l’AARP, l’économie mondiale de la longévité a contribué à hauteur de 45 000 milliards de dollars au PIB mondial en 2020. Cette contribution pourrait atteindre 118 000 milliards de dollars en 2050. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité oblige à renverser le récit dominant. Les plus de 50 ans sont trop souvent décrits comme un poids pour les systèmes sociaux, alors qu’ils soutiennent une part considérable de l’activité économique. Ils travaillent, consomment, épargnent, investissent, transmettent, accompagnent leurs proches, financent parfois leurs enfants adultes, soutiennent leurs parents âgés et prennent de plus en plus de décisions dans la santé, le logement, les loisirs ou les services. Mais ce pouvoir reste largement sous-estimé. Dans les entreprises, l’innovation reste encore associée à la jeunesse, comme si la capacité à inventer, apprendre ou transformer disparaissait avec l’âge. Ce réflexe traverse le recrutement, les campagnes publicitaires, les politiques RH et les représentations médiatiques. Le marché parle aux jeunes pour vendre à tout le monde. Il oublie au passage une génération qui concentre pourtant de l’expérience, du pouvoir de décision et une capacité d’influence considérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines initiatives commencent à traduire ce changement de regard. <a href="https://ageing-better.org.uk/employer-pledge" type="link" id="https://ageing-better.org.uk/employer-pledge">Au Royaume-Uni, le Centre for Ageing Better a lancé l’Age-friendly Employer Pledge,</a> un engagement signé par plus de 500 organisations. L’objectif est d’aider les employeurs à mieux recruter, retenir et faire évoluer les personnes de 50 ans et plus. Le dispositif invite les entreprises à analyser leurs données d’âge, à revoir leurs pratiques de recrutement, à développer la flexibilité, à soutenir la formation tout au long de la vie et à mieux accompagner les questions de santé au travail. La formule choisie par l&#8221;association résume bien l’enjeu : <em>« Et si une main-d’œuvre vieillissante était considérée comme un avantage, plutôt qu’un obstacle ? »</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, ce décalage reste particulièrement visible. France Travail a lancé une <strong>Mobilisation 50+</strong> pour répondre à la situation des demandeurs d’emploi seniors. L’organisme rappelle que les personnes de 50 ans et plus restent en moyenne presque deux fois plus longtemps au chômage que les 25-49 ans, et que seuls 25 % retrouvent un emploi dans les six mois, contre 41 % des moins de 50 ans. Le sujet dépasse donc largement la question des seniors. Il oblige à repenser ce que l’on appelle talent, potentiel et innovation. Tant que la nouveauté sera confondue avec la jeunesse, les entreprises passeront à côté d’une partie décisive de la valeur disponible. Et tant que les plus de 50 ans seront considérés comme une catégorie à gérer plutôt que comme une puissance à intégrer, l’économie de la longévité restera un marché immense, mais mal compris.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les femmes sont au coeur du sujet de la longévité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parler de longévité sans parler des femmes revient à passer à côté du cœur du sujet. Elles vivent plus longtemps, avancent plus souvent dans l’âge avec des parcours professionnels fragmentés, assument une part majeure du soin aux autres et arrivent à la retraite avec des pensions plus faibles. <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/femmes-de-plus-de-50-ans-mener-monde/">Elles sont à la fois les grandes actrices de cette révolution démographique </a>et celles qui en supportent le plus durement les angles morts. L’<strong>AARP</strong> rappelle que la population mondiale des femmes de 60 ans et plus devrait presque doubler d’ici 2050, passant de <strong>605 millions en 2020 à 1,14 milliard</strong>. L’organisation souligne aussi leur rôle majeur dans l’économie de la longévité. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=0yDeW64YHQw">Les femmes de plus de 50 ans travaillent, consomment, soutiennent leurs proches, prennent des décisions financières, assurent une part considérable du care</a> et contribuent à la croissance par du travail rémunéré comme par du travail invisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette puissance reste pourtant très mal reconnue. Les femmes qui vieillissent cumulent plusieurs formes d’effacement. Dans l’emploi, elles subissent à la fois le sexisme et l’âgisme. Dans la famille, elles restent souvent désignées comme les grandes organisatrices du soin. Dans les récits médiatiques, elles disparaissent plus vite que les hommes du champ de la désirabilité, de l’ambition et du pouvoir. La longévité ne produit donc pas les mêmes effets selon le genre. Pour les femmes, vivre plus longtemps signifie aussi avancer dans une société qui continue de sous-estimer leur valeur à mesure qu’elles prennent de l’âge. En France, les chiffres du Défenseur des droits donnent un appui très clair à ce constat. <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/discriminations-dans-lemploi-des-plus-de-50-ans-un-tiers-des-seniors-se-disent-inquiets-quant-leur" type="link" id="https://www.defenseurdesdroits.fr/discriminations-dans-lemploi-des-plus-de-50-ans-un-tiers-des-seniors-se-disent-inquiets-quant-leur">Son baromètre 2024 montre que les discriminations dans l’emploi touchent davantage les femmes seniors que les hommes seniors</a>, avec <strong>26 % des femmes de plus de 50 ans concernées, contre 20 % des hommes</strong>. L’âge ne s’ajoute pas simplement au genre. Il le reconfigure. Le vieillissement d&#8217;une femme reste jugé à l&#8217;aune de norme plus sévères.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La ménopause dans le radar du vieillissement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La ménopause illustre parfaitement cette zone aveugle. Elle concerne des millions de femmes au moment même où elles possèdent de l’expérience, de l’autorité, des compétences et une connaissance fine de leur métier. Pourtant, elle reste encore trop rarement intégrée dans les politiques de santé au travail. Au Royaume-Uni, l’initiative <strong>Menopause Workplace Pledge</strong>, portée par <strong>Wellbeing of Women</strong>, a été signée par plus de <strong>7 800 organisations</strong>. Le dispositif appelle les employeurs à mieux soutenir les personnes concernées par la ménopause, à former les managers et à adapter les environnements de travail. <em>« Les femmes représentent près de la moitié de la main-d’œuvre britannique, mais beaucoup se sentent contraintes de réduire leurs horaires, de renoncer à des promotions ou même de quitter leur emploi faute de soutien autour de la ménopause. » </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La longévité féminine ne peut donc pas être pensée uniquement comme une avancée biologique ou démographique. Elle oblige à regarder ce que les femmes donnent tout au long de leur vie, ce qu’elles produisent, transmettent. Travail rémunéré, charge mentale, soutien aux enfants adultes, aide aux parents âgés, engagement associatif, consommation, expertise professionnelle, mémoire collective. Une grande partie de l’économie repose déjà sur elles, mais cette contribution reste souvent dispersée, naturalisée, peu comptabilisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pour ces multiples raisons que la révolution de la longévité devient un enjeu féministe. Elle peut ouvrir une période nouvelle, faite de reconversions, de puissance économique, de transmission et de liberté. Elle peut aussi reconduire les vieux déséquilibres si elle se contente d’ajouter des années à des vies déjà traversées par les inégalités. La question centrale n’est donc pas seulement de vivre plus longtemps. <a href="https://fondationdesfemmes.org/note/le-cout-de-la-seniorite-des-femmes/">Elle est de savoir dans quelles conditions les femmes avancent dans l’âge, avec quelle reconnaissance, quelle sécurité financière, quelle place dans le travail et quelle visibilité dans la société.</a> Les femmes de 50 ans et plus ne sont pas une sous-catégorie du vieillissement. Elles sont l’un des visages les plus puissants de la longévité. Les regarder comme telles, c’est changer de perspective. Ce n’est plus leur demander de s’adapter à un monde qui les efface trop tôt. </p>
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		<title>SIMONE DE BEAUVOIR : UN DOCUMENTAIRE POUR RELIRE SON HÉRITAGE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Apr 2026 07:06:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quarante ans après sa mort, Simone de Beauvoir demeure une figure de référence du féminisme. Pour mesurer l’influence qu’elle a exercée sur la société de son temps, un documentaire diffusé sur la plateforme de Public Sénat revient sur la modernité d’une pensée, sans en gommer les paradoxes. De son enfance dans une famille bourgeoise à [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quarante ans après sa mort, Simone de Beauvoir demeure une figure de référence du féminisme. Pour mesurer l’influence qu’elle a exercée sur la société de son temps, un documentaire diffusé sur la plateforme de Public Sénat revient sur la modernité d’une pensée, sans en gommer les paradoxes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De son enfance dans une famille bourgeoise à ses combats politiques internationaux aux côtés de Jean-Paul Sartre, le documentaire de Fabrice Gardel et Mathieu Weschler, <em>« Simone de Beauvoir : l&#8217;aventure d&#8217;être soi » </em>retrace l’itinéraire d’une femme dont la pensée s’est forgée dans la France corsetée de l’époque. Derrière l’image d’une intellectuelle façonnée par de brillantes études et une réflexion féconde, Simone de Beauvoir apparaît aussi comme une confidente pour nombre de femmes qui lui écrivent en masse. <em>« Des femmes qui veulent avorter alors que la loi l’interdit, des homosexuels qui se cachent, des femmes au foyer coincées dans leur mariage… »</em> Ce flot de lettres éclaire la manière dont sa pensée s’ancre dans les existences ordinaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire restitue aussi la charge critique d’une pensée qui n’a rien perdu de sa force. En établissant un parallèle entre <em>« ségrégation raciale et ségrégation sexiste »</em>, Simone de Beauvoir met au jour la logique profonde des rapports de domination. La naissance de son livre fondateur <em>« Le deuxième sexe »</em> déconstruit le mythe de <em>« l&#8217;idéal féminin »</em> qui façonne l&#8217; invisibilisation des femmes dans un rôle périphérique à celui de l&#8217;homme, au centre. La maternité devient <em>« un piège »</em> lorsqu’elle empêche l’autonomie financière. Quant au fait de <em>« tenir une maison »</em>, elle souligne qu&#8217;il n&#8217;y a aucun accomplissement naturel dans cette tache qui serait par essence dévolus aux femmes. La philosophe souligne une <em>« aliénation sans fin »</em>, nourrie par <em>« un travail non salarié qu’on lui extorque ».</em> Des revendications que les décennies suivantes n&#8217;ont pas su résoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Souvent lue à travers son compagnonnage avec Jean-Paul Sartre, la légitimité de Simone de Beauvoir prend ici un autre relief. Les réalisateurs donnent à voir une relation fondée sur une forme d’égalité rare, dans laquelle leurs œuvres respectives se construisent sans se faire d’ombre. Le film n’élude pas non plus le discrédit qui a pesé sur elle, certains allant jusqu’à suggérer que Sartre écrivait à sa place. C’est aussi dans le champ politique que se lit cette proximité. Le documentaire montre alors un engagement sans faille en faveur de la décolonisation, mais aussi un aveuglement tenace face à la révolution prolétarienne communiste.<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire s’achève aussi sur une part plus intime de Simone de Beauvoir. Très tôt, à 30 ans puis à 40 ans, elle se dit vieille et évoque la « vérole du temps » qui dévore son visage. Cette angoisse prend un relief particulier lorsqu’on la replace dans l’expérience de la maladie et de la mort de sa mère, racontée dans <em>Une mort très douce</em>. Le film prend alors le temps de faire entendre cette inquiétude, comme si la vieillesse constituait chez Beauvoir à la fois un objet de pensée et une épreuve profondément vécue. Cette lecture est aussi nourrie par les regards croisés d’Élisabeth Badinter, Leïla Slimani et Titiou Lecoq, dont les commentaires viennent éclairer, chacune à leur manière, la singularité, la modernité et les paradoxe de son parcours. <br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.france.tv/documentaires/8385975-simone-de-beauvoir-l-aventure-d-etre-soi.html#about-section">Simone de Beauvoir : l&#8217;aventure d&#8217;être soi </a>&#8211; Disponible jusqu&#8217;au 07/01/2027</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>LA SECONDE PARTIE DE CARRIÈRE RESTE MAL PENSÉE PAR LES ENTREPRISES, ESTIME BLANDINE MERCIER, COFONDATRICE DE HELLO MASTERS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Mar 2026 13:50:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ancienne directrice générale de l’agence Marcel au sein du groupe Publicis, Blandine Mercier accompagne les entreprises depuis plus de vingt ans dans leurs transformations business, culturelles et organisationnelles. Avec Hello Masters, qu’elle a cofondé, elle défend aujourd’hui une autre lecture de la seconde partie de carrière, loin des discours convenus sur les “seniors” et au [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ancienne directrice générale de l’agence Marcel au sein du groupe Publicis, Blandine Mercier accompagne les entreprises depuis plus de vingt ans dans leurs transformations business, culturelles et organisationnelles. Avec Hello Masters, qu’elle a cofondé, elle défend aujourd’hui une autre lecture de la seconde partie de carrière, loin des discours convenus sur les “seniors” et au plus près des enjeux de gouvernance, de transmission et de valeur au travail.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La seconde partie de carrière reste trop souvent reléguée à un sujet RH, presque périphérique, alors qu’elle devrait être pensée comme un enjeu de gouvernance. Avec <a href="https://hello-masters.com/qui-sommes-nous/">Hello Masters, qu’elle a cofondé</a>, Blandine Mercier cherche à la rendre plus lisible, en réunissant dans un même écosystème des ressources, des opportunités et des services pensés pour les profils expérimentés. <em>« Le sujet n’est pas encore relu par les bonnes personnes qui décident sur les enjeux de gouvernance »,</em> dit-elle. À ses yeux, tant que cette question restera cantonnée aux ressources humaines, les entreprises continueront à la traiter trop tard et trop mal. <em>« C’est une prise de décision qui doit se faire au sein des codirs, au sein des comex (…) Sinon, on se trompe de combat. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette séquence de vie professionnelle demeure mal traitée parce que l’entreprise continue d’imposer des cadres trop étroits à des parcours qui, eux, ont changé. Blandine Mercier relie cette impasse à des réalités très concrètes : l’aidance, l’usure, le besoin d’aménager autrement le travail, mais aussi le départ vers d’autres formes d’activité<em>. « Pourquoi tant de gens se mettent à leur compte ? Mais c’est parce que l’entreprise (…) n’envisage pas les contours adaptés à leur vie et à leurs exigences »</em>, observe-t-elle. Continuer à reléguer le sujet serait, selon elle, une erreur stratégique. <em>« Si on veut remettre de la priorisation, il faut en faire un sujet qui améliore la performance globale et améliore la rétention (…)il va falloir retenir les talents. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quand l’expérience des femmes bute sur des murs de verre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce paysage, voir les talents sortir du radar bien avant 50 ans relève, pour Blandine Mercier, de l’absurde. <em>« C’est une hérésie</em> », tranche-t-elle. Non pas parce que l’expérience manquerait de valeur, mais parce que l’entreprise continue à mal l’identifier. «<em> On a du mal à lire les compétences »</em>  souligne-t-elle, en décrivant un pilotage encore <em>« très déclaratif »,</em> incapable de cartographier précisément ce que les personnes savent réellement faire. Le travail reste alors organisé autour d’intitulés de poste, là où il faudrait raisonner en missions, en combinaisons de compétences et en contribution effective. <em>« On organise le travail en fonction d’intitulé le poste, et on met les gens dans des formes de cases »</em>, résume-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le diagnostic se resserre encore lorsqu’elle parle des femmes. Le plafond de verre ne suffit plus à décrire ce qui se joue. <em>« En seconde partie carrière, c’est plus des murs de verre auxquels on va faire face »</em>, glisse l&#8217;experte. Les mobilités deviennent moins visibles, beaucoup se joue en off, et les femmes ne sont pas toujours les premières informées ni les premières à se positionner. Elles demandent moins souvent des promotions ou des changements de mission, alors même que ces évolutions ne passent plus forcément par une hausse de salaire. «<em>L’entreprise ne sait gérer la carrière que d’une manière verticale, très linéaire »</em>, observe-t-elle. Or, à ce stade de la vie professionnelle, l’enjeu n’est plus seulement de monter, mais d’élargir et de redéployer ses champs de contribution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le constat se durcit encore lorsqu’elle évoque le rapport des femmes à leur propre trajectoire. <em>« À compétence égale, les latitudes ne sont pas les mêmes »</em>. Blandine Mercier, se dit <em>« estomaquée </em>» par l’écart qu’elle observe. Elle y voit l’effet d’un conditionnement ancien, manque de rôles modèles, moindre propension à lever la main sur les mobilités, plus grande transparence sur les contraintes personnelles, autocensure au moment de se projeter. Ce qu’elle décrit n’est pas un défaut d’ambition, mais une projection de soi peu à peu bridée.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les angles morts de l’entreprise</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’où la nécessité de penser autrement cette séquence professionnelle. Les cadres expérimentés ne demandent pas forcément plus d’argent. Ils recherchent souvent autre chose, davantage d’impact, plus d’autonomie, ou des marges de manœuvre nouvelles dans l’organisation de leur temps. <em>« Ils vont plutôt demander du temps »</em>, observe Blandine Mercier, en évoquant par exemple un jour par mois pour un autre projet ou un aménagement du travail pour s’occuper d’un parent âgé. Sa formule est frappante <em>: « On ne sait pas rémunérer en temps, en entreprise.</em> » Elle dit beaucoup d’un modèle encore peu capable de reconnaître la valeur autrement que par le salaire ou le statut, y compris lorsqu’il s’agit de retenir des profils clés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément dans cet angle mort de l’organisation du travail que la ménopause apparaît. Blandine Mercier constate que le sujet reste peu priorisé dans l’entreprise, comme s’il allait de soi, comme s’il n’y avait <em>« rien de nouveau sous le soleil »</em>. C’est justement ce qui contribue à son invisibilisation. Or la donne a changé. Non par effet de mode, mais parce que la démographie oblige désormais les organisations à regarder autrement ces profils devenus plus rares et plus précieux. La question n’est donc pas, dit-elle, de savoir si l’entreprise veut <em>“avoir bon cœur</em>”, mais <em><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/6-constats-que-vous-ne-pouvez-plus-ignorer-sur-lagisme-en-entreprise/">« quels risques on ne prend en le faisant pas »</a>.</em> Sa réponse n’est pas de créer un dispositif à part, mais d’adapter l’outil de travail pour que ces salariées puissent continuer à contribuer <em>« au mieux de leur performance »,</em> dans des conditions enfin ajustées à leur réalité, sans continuer à sous-estimer la valeur de leur contribution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette difficulté à reconnaître autrement la valeur du travail se retrouve aussi dans la manière dont les entreprises abordent l’IA. Blandine Mercier n’en fait pas un épouvantail, mais un test de lucidité. Elle y voit même <em>« une formidable opportunité »</em>, à condition de sortir des fantasmes qui l’entourent encore. Car tout ne se transfère pas à un outil,  ni le jugement, ni l’intuition, ni la mémoire d’une organisation. <em>« La prise de décision restera humaine »</em>, rappelle-t-elle, en insistant sur la capacité à analyser une réponse, à la challenger, à vérifier ses sources. Le vrai sujet, ajoute-t-elle, c’est aussi de savoir <em>« quelles données on va donner à l’IA et qu’est-ce qu’on est prêt à mettre en risque dans l’entreprise »</em>. Et c’est précisément là que les profils expérimentés redeviennent centraux, pour poser le cadre, établir des protocoles, fixer des guidelines, arbitrer les usages. Autrement dit, avant de demander à l’IA d’absorber l’expertise, encore faut-il savoir reconnaître celles et ceux qui sont capables d’en organiser le bon usage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière cette bataille pour la reconnaissance de l’expérience, c’est une autre conception du travail qui se dessine, moins rigide, plus lisible, plus ouverte à la diversité des trajectoires et des moments de vie.. Car la seconde partie de carrière ne recouvre ni les mêmes besoins, ni les mêmes contraintes, ni les mêmes aspirations pour tout le monde. Ce que Blandine Mercier cherche à remettre au centre, c’est donc la possibilité du choix. <em>« Ce pour quoi on travaille, c’est pour donner plus de choix en seconde partie carrière (…) et moi je suis convaincue que le choix est l’ingrédient numéro 1 de la liberté. »</em> Une manière de rappeler que cette séquence n’a rien d’un épilogue. Elle peut encore durer vingt ou trente ans.</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/la-seconde-partie-de-carriere-reste-mal-pensee-par-les-entreprises-estime-blandine-mercier-cofondatrice-de-hello-masters/">LA SECONDE PARTIE DE CARRIÈRE RESTE MAL PENSÉE PAR LES ENTREPRISES, ESTIME BLANDINE MERCIER, COFONDATRICE DE HELLO MASTERS</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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		<title>AU DANEMARK DES TRICOTEUSES HABILLENT DES STATUES DE FEMMES NUES</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Mar 2026 13:46:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En habillant de tricot des statues de femmes nues, des Danoises relancent le débat sur la manière dont les femmes sont montrées ou oubliées dans l’espace public. Au Danemark, la question de la place des femmes dans l’espace public a surgi d’une manière inattendue et colorée. Des vêtements et accessoires tricotés sont venus recouvrir des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>En habillant de tricot des statues de femmes nues, des Danoises relancent le débat sur la manière dont les femmes sont montrées ou oubliées dans l’espace public.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Danemark, la question de la place des femmes dans l’espace public a surgi d’une manière inattendue et colorée. Des vêtements et accessoires tricotés sont venus recouvrir des statues de femmes nues. L’initiative est née avec Louise Møhrup, consultante RH, face à une statue de Vénus nue portant son enfant dans un jardin public de Copenhague. Elle s’interroge alors sur la manière dont les femmes sont représentées. Pourquoi sont-elles si souvent montrées comme des corps à regarder, et si rarement comme des figures historiques à célébrer ? Une invisibilisation qu’elle choisit de combattre à coups d’aiguilles et de laine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le geste aurait pu rester isolé. Il a pris une tout autre ampleur lorsqu’il a été relayé sur Instagram par <a href="https://www.instagram.com/maren_uthaug/">l’écrivaine et dessinatrice Maren Uthaug</a>, qui a invité d’autres femmes à se joindre au mouvement. Très vite, les images de statues rhabillées ont commencé à circuler, d’abord comme un clin d’œil visuel, puis comme une forme d’interpellation politique. D’une ville à l’autre, d’autres participantes se sont mises à tricoter robes, écharpes ou accessoires pour habiller à leur tour des figures féminines de bronze ou de pierre. Ce qui n’était au départ qu’une intervention ponctuelle s’est ainsi transformé en mobilisation collective, portée par un ton à la fois ludique, ironique et résolument féministe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si cette initiative a trouvé un tel écho, c’est aussi parce qu’elle repose sur un déséquilibre désormais documenté. <a href="https://kum.dk/aktuelt/nyheder/kortlaegning-af-statuer-flere-statuer-af-halvnoegne-kvinder-end-af-historiske-kvinder">La première cartographie nationale des statues</a>, réalisée par le Museum of Art in Public Spaces, recense 1 538 statues au Danemark. Parmi elles, 854 représentent des hommes et 519 des femmes. Mais l’écart devient vertigineux dès qu’il s’agit de figures historiques identifiées, le pays ne compte que 43 statues de femmes ayant marqué l’histoire, contre 484 pour les hommes. Plus frappant encore, le Danemark compte 120 statues de femmes nues ou partiellement nues, soit près de trois fois plus que de femmes historiques honorées dans l’espace public.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le tricot comme artisanat féministe militant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mobilisation est venue percuter un débat déjà ouvert au sommet de l’État. Au Danemark, le ministre de la Culture, Jakob Engel-Schmidt, a jugé absurde qu’il existe davantage de statues de femmes à demi nues que de femmes ayant marqué l’histoire du pays. Le sujet avait déjà conduit les autorités à vouloir rééquilibrer la représentation des femmes dans l’espace public, en mettant en place un comité chargé d’identifier des figures féminines oubliées dignes d’être commémorées. Mais l’initiative n’a pas fait l’unanimité. <a href="https://www.jezebel.com/danish-women-are-fashion-bombing-statues-to-protest-most-statues-being-dead-guys">La députée Katrine Daugaard </a>a ainsi dénoncé ces habillages tricotés comme du «<em> vandalisme »</em>. Maren Uthaug dit aussi avoir reçu de nombreux messages hostiles, dont certains lui reprochaient de <em>« couvrir de beaux corps féminins »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette campagne danoise s’inscrit dans un courant plus large de militantisme textile, souvent désigné sous le nom de <em>yarn bombing. </em>Depuis les années 2000, cette pratique consiste à investir l’espace public avec du tricot ou du crochet, en détournant un savoir-faire longtemps cantonné à la sphère domestique. Derrière son apparente douceur, ce geste porte souvent une charge politique. Il réintroduit dans la rue, les parcs ou sur les statues des techniques associées au féminin pour interroger ce que nos villes choisissent de montrer, d’honorer ou d’ignorer. Au Danemark, cette forme d’activisme textile trouve ainsi un terrain particulièrement parlant en venant se poser sur des corps de femmes figés dans la pierre ou le bronze. Louise Møhrup a conclu dans un post LinkedIn : <em>« ce que nous choisissons de reconnaître façonne la culture que nous recevons. »</em></p>
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		<title>« AU BAIN DES DAMES » : DES SEPTUAGÉNAIRES, DES PUNCHLINES ET UN CÉSAR, C&#8217;EST MARSEILLE BÉBÉ !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 12:52:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Lauréate du César 2026 du meilleur court-métrage documentaire, la réalisatrice Margaux Fournier a posé sa caméra sur une plage populaire de Marseille. Là, une bande de femmes septuagénaires se retrouvent et parlent sans fard ni complexe de leur vie, de l’amour, du désir et des corps qui changent. Joëlle, bob blanc vissé sur la tête, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lauréate du César 2026 du meilleur court-métrage documentaire, la réalisatrice Margaux Fournier a posé sa caméra sur une plage populaire de Marseille. Là, une bande de femmes septuagénaires se retrouvent et parlent sans fard ni complexe de leur vie, de l’amour, du désir et <strong>des corps qui changent</strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Joëlle, bob blanc vissé sur la tête, boucles d’oreilles et rouge à lèvres éclatant, rassemble autour d’elle une bande joyeuse et bruyante. Magali, Carmen, l&#8217;autre Joëlle et Régine composent ce carré de dames qui se retrouvent sur la plage pour se baigner, mais surtout pour parler. De leurs vies, de leurs amours, et de ces corps topless, tannés par le soleil, que des anonymes préféreraient voir dissimulés. Sur la digue qui longe la mer, un tag tranche dans le décor :<em> « Soutifs obligatoire les vieilles »</em>. En guise de réponse, elles lèvent leur majeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le petit clan discute de tout. De ce foutu corps qui leur échappe parfois, mais aussi d’une farouche volonté de continuer la drague <em>« comme avant »</em>. «<em> Internet, c’est pas pour les vieilles comme nous »</em>, revendique Joëlle dans un éclat de rire qui ponctue chacune de ses phrases. Un rire qui sert aussi de respiration lorsque surgit l’indicible. Les violences conjugales qu’elle évoque avec pudeur. <em>« On dirait pas que j’ai vécu tout ça, hein ? </em>» Sous les punchlines qui fusent, il y a du vécu et de la profondeur. Et surtout une irrésistible envie de poursuivre sa vie amoureuse. La sexualité est au cœur des conversations. Ces dames parlent de capotes, s’esclaffent lorsque Joëlle — toujours la même — est qualifiée de cougar pour avoir eu une aventure avec un quinquagénaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le verbe ne faiblit jamais. Sans filtre, les septuagénaires interpellent et jaugent le physique d&#8217;un homme qui passe. Elles savent aussi fse faire entendre lorsque des jeunes attablés un peu plus loin écoutent de la musique trop fort. Un improbable dialogue s’engage alors entre les deux générations. Les jeunes accèdent à leur demande et lancent Johnny Hallyday. <em>« Ça c&#8217;est de la musique »</em> s&#8217;exclame Joëlle qui bientôt entraînent dans son sillage ceux qui, quelques minutes plus tôt, se moquaient encore. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>S&#8217;IMPLIQUER DANS LES MOBILISATIONS FÉMINISTES PASSÉ 50 ANS</title>
		<link>https://jaipiscineavecsimone.com/simpliquer-dans-les-mobilisations-feministes-passe-50-ans/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 07 Mar 2026 06:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l&#8217;occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, J&#8217;ai piscine avec Simone a donné la parole à plusieurs femmes pour questionner leur place dans les mobilisations féministes. Elles nous ont raconté leurs différents héritages, leur prise de conscience tardive ou leur ancrage dans un engagement plus quotidien. Dans les cortèges du 8 [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l&#8217;occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, J&#8217;ai piscine avec Simone a donné la parole à plusieurs femmes pour questionner leur place dans les mobilisations féministes. Elles nous ont raconté leurs différents héritages, leur prise de conscience tardive ou leur ancrage dans un engagement plus quotidien.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les cortèges du 8 mars, les pancartes colorées et les slogans scandés donnent souvent l’image d’un féminisme porté par les jeunes générations. Pourtant, de nombreuses femmes de plus de 50 ans participent aussi aux combats féministes. Parfois dans la rue, parfois autrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines ont grandi dans un univers déjà traversé par les luttes féministes. C&#8217;est le cas de Sophie Khalifa, 54 ans. <em>« Mon arrière-grand-mère était suffragette. Je suis tombée dedans petite. »</em> Ensuite, sa grand-tante a élevé sa mère, puis elle et sa sœur, alors que ses parents avaient divorcé en 1977<em>, «&nbsp;l&#8217;année où l&#8217;ONU a reconnu la Journée internationale des droits des femmes&nbsp;»</em>, souligne-t-elle. Une histoire personnelle qui a tracé sa trajectoire féministe. Depuis 15 ans, succédant à un engagement de sa mère, elle s&#8217;est investie au sein du réseau Soroptimist, avec lequel elle participe régulièrement à des actions en faveur des femmes. <em>«&nbsp;J&#8217;ai aussi fait des marches pour l&#8217;égalité salariale, pour l&#8217;endométriose ou pour inscrire l&#8217;IVG dans la Constitution&nbsp;»</em>, décrit-elle. Mais le 8 mars reste un moment essentiel de visibilité des engagements féministes pour elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de femmes racontent une prise de conscience plus tardive, en prise avec des inégalités salariales.<em>« Je suis née dans les années 1970 et je crois qu&#8217;à cette époque, tellement de choses était en train de changer que nous avions l&#8217;impression que l&#8217;égalité des droits était acquise, </em>relate Céline Wienhold, 55 ans.<em>J&#8217;ai fait de super études. Je n&#8217;ai pas eu l&#8217;impression d&#8217;être freinée dans ma carrière. Le féminisme n&#8217;était pas un sujet pour moi »</em>. Puis, en avançant dans sa carrière, elle a pris conscience du décalage qui s&#8217;est créé avec son ex-conjoint, qui ne s&#8217;est pas arrêté pour prendre du temps avec les enfants. <em>« Pour ma génération, l’émancipation est beaucoup passée par les études, par une forme de <em>girl power, </em></em>continue de son côté Fanny Guyomard, 56 ans<em><em>. </em>J&#8217;ai eu une carrière extrêmement riche, mais il a fallu se battre contre les remarques déplacées ou des situations qui relèveraient aujourd’hui du harcèlement sexuel selon la définition actuelle. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Le féminisme au prisme du dialogue entre générations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">D&#8217;autres ont été encouragées dans cette voie par leurs filles, qui ont entrevu une brèche dans les questionnements de leur mère. Sandrine Missakian, 53 ans, explique que son féminisme s’est affirmé après une longue carrière au sein d&#8217;une entreprise dont l&#8217;univers était très masculin.<em> «&nbsp;Je me suis questionnée sur mon rôle de manageuse. Je me suis rendu compte que j&#8217;avais été plus dure avec les femmes qu&#8217;avec les hommes, que j&#8217;avais tendance à materner. Mes filles – qui ont 23 et 26 aujourd&#8217;hui – m&#8217;ont encouragée dans mes questionnements en m&#8217;offrant &#8220;Nous sommes toutes des féministes&#8221; de Chimananda Ngozie Adichie. Depuis, j&#8217;ai véritablement fait mon </em>coming out <em>féministe et cela transpire dans toutes mes activités.&nbsp;»</em> Sandrine met cela en application dans plusieurs réseaux d’entrepreneures et dans le monde du sport, en tant que coach de basket, où elle constate que le chemin est encore «<em>&nbsp;très long&nbsp;» </em>pour les jeunes auprès desquels elle est impliquée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Gaëlle Pineda, 53 ans, évoque aussi les discussions avec sa fille de 20 ans, venues percuter son travail de sémiologue sur l&#8217;invisibilisation des femmes de plus 50 ans dans l&#8217;univers des médias et de la culture. Il y a deux ans, elle s&#8217;est rendue à sa première manifestation féministe du 8 mars à Paris, avec sa fille et sa mère.<em> «&nbsp;Nous étions trois générations différentes, avec la même intention pour défendre quelque chose&nbsp;»</em>, se souvient-elle. Elle n&#8217;avait jamais participé à une manifestation auparavant, mais s&#8217;y est sentie très à l&#8217;aise, grâce à la <em>«&nbsp;diversité de profils et d&#8217;âge&nbsp;»</em>. <em>«&nbsp;J&#8217;ai découvert qu&#8217;on pouvait avoir un féminisme qui ne s&#8217;exprime pas que par le prisme intellectuel. Qu&#8217;il pouvait aussi être jubilatoire en s&#8217;exprimant dans la rue, rien que par le fait d&#8217;être toutes ensemble.&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des façons différentes de militer selon les générations</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, son <em>« militantisme à elle »</em> passe davantage par son travail, plus que par les manifestations. Pareil pour Céline Wienhold, 55 ans, qui accompagne des femmes dans la création d&#8217;entreprises. <em>« Je suis très sensible à la journée du 8 mars, mais je suis plutôt une féministe du quotidien. Si on doit faire bouger les choses, c’est à travers les décisions qu’on prend et les actions qu’on mène au jour le jour »</em>, affirme-t-elle. D&#8217;autant qu&#8217;elle n&#8217;est tout simplement pas très à l&#8217;aise dans la foule. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes observent en tout cas un changement de rapport au féminisme entre les générations. <em>« Ma fille — et je pense que ses amies aussi — ne laissent plus du tout passer certaines choses. Elles les imposent. C’est plus radical. »</em>, dépeint Gaëlle Pineda.<em>« Un jour, ma fille de 22 ans m&#8217;a dit : &#8220;Tu as accepté des choses dans ta vie que je n’accepterai jamais&#8221;</em>, décrit de son côté Fanny Guyomard. <em>C&#8217;est très bien, poursuis le travail, je lui ai répondu. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Isabelle Thiery-Fuchs, 62 ans, constate aussi des différences générationnelles dans son engagement régulier au sein de l&#8217;association Osez le féminisme 67. Elle fait partie des plus âgées de son organisation. <em>« J’ai 20 ou 25 ans de plus que la personne la plus âgée après moi »</em>, dit-elle. Ce qui bouscule les priorités militantes. <em>« À mon époque, nous parlions beaucoup d’égalité salariale. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’on parle surtout des violences sexuelles. »</em> Si elle reconnaît l’importance de ces combats, elle regrette que cela prenne trop de place, au détriment d&#8217;autres enjeux devenus moins visibles. «<em>Il serait aussi important de parler des femmes modèles, du sexisme ordinaire ou de la place des femmes dans les sciences »</em>, donne-t-elle pour exemple.<br><br>Certaines, comme Sophie Khalifa, sont aussi décontenancées par certaines attitudes, comme la nudité dans les manifestations ou la cohabitation avec d&#8217;autres combats autour du genre ou l&#8217;adoption pour les personnes homosexuelles. <em>« C&#8217;est tout aussi important, mais différent. Et chacune a le droit de s&#8217;exprimer comme elle le souhaite, mais je pense qu&#8217;il faut qu&#8217;on reste digne si l&#8217;on veut que notre corps soit respecté »</em> Quoi qu&#8217;il en soit, elle sera bien dans les rues dimanche à Paris pour la manifestation féministe. <em>« C&#8217;est important de continuer à manifester pour que nos droits deviennent de vrais acquis et qu&#8217;on ne puisse pas revenir en arrière. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><br><br></em></p>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi </strong>: <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/femmes-de-50-ans-et-si-on-adoptait-5-strategies-collectives-pour-mettre-fin-a-linvisibilite/">FEMMES DE 50 ANS : ET SI ON ADOPTAIT 5 STRATÉGIES COLLECTIVES POUR METTRE FIN À L’INVISIBILITÉ ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/simpliquer-dans-les-mobilisations-feministes-passe-50-ans/">S&#8217;IMPLIQUER DANS LES MOBILISATIONS FÉMINISTES PASSÉ 50 ANS</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>TUNNEL DE LA COMÉDIENNE DE 50 ANS : « LA MAJORITÉ DE LA POPULATION EST TRAITÉE COMME UNE MINORITÉ INVISIBLE »</title>
		<link>https://jaipiscineavecsimone.com/tunnel-de-la-comedienne-de-50-ans-la-majorite-de-la-population-est-traitee-comme-une-minorite-invisible/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 07:31:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À l&#8217;occasion d&#8217;un colloque anniversaire, retour sur une décennie d&#8217;actions et de plaidoyer de la commission de l&#8217;association des Actrices et acteurs de France associés dédiée à la place des femmes de plus de 50 ans au cinéma, avec sa coréférente Catherine Piffaretti. Il y a 10 ans, l&#8217;AAFA [Actrices &#38; acteurs de France associés] [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/tunnel-de-la-comedienne-de-50-ans-la-majorite-de-la-population-est-traitee-comme-une-minorite-invisible/">TUNNEL DE LA COMÉDIENNE DE 50 ANS : « LA MAJORITÉ DE LA POPULATION EST TRAITÉE COMME UNE MINORITÉ INVISIBLE »</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>À l&#8217;occasion d&#8217;un colloque anniversaire, retour sur une décennie d&#8217;actions et de plaidoyer de la commission de l&#8217;association des Actrices et acteurs de France associés dédiée à la place des femmes de plus de 50 ans au cinéma, avec sa coréférente Catherine Piffaretti.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a 10 ans, l&#8217;AAFA [Actrices &amp; acteurs de France associés] créait sa commission dédiée au « tunnel de la comédienne de 50 ans ». Qu&#8217;est-ce qui avait conduit à cette création ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout est parti d&#8217;un ressenti individuel de la part de la comédienne Marina Tomé, du mien, et de celui d&#8217;autres comédiennes. Mais plus précisément, lors d&#8217;une visite à la médecine du travail pour les intermittents du spectacle [CMB, devenue Thalie Santé], Marina avait été très étonnée par des questions ciblées sur son âge, sur les difficultés et l&#8217;évolution de sa carrière. Elle avait alors appris que le CMB voyait de moins en moins de comédiennes passé leurs 50 ans et qu&#8217;une étude avait été réalisée sur le sujet, que la direction avait toutefois voulu garder confidentielle. Pour Marina, cela a été le déclencheur : <em>« Non seulement c&#8217;est compliqué de vieillir en tant que comédienne, individuellement nous avons chacune affaire au même problème, et en plus il ne faudrait pas que ça se sache ? » </em>Elle a alors cherché une association pour l&#8217;aider à travailler sur ce sujet et depuis, avec notre commission, nous sommes des lanceuses d&#8217;alerte sur la place des femmes de plus de 50 ans au cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment la création de cette commission a-t-elle été accueillie par votre secteur professionnel ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, on nous a répondu qu&#8217;on se trompait de combat, qu&#8217;il y avait Catherine Deneuve, Isabelle Huppert&#8230; Mais elles sont l&#8217;arbre qui cache la forêt. Nous n&#8217;arrivions pas à faire ressentir ce que nous vivions. Depuis que nous sommes jeunes, nous savons que nous sommes d&#8217;abord employées comme fille du personnage principal, puis jeune fille, puis maîtresse, puis femme de, puis mère de, puis plus rien&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle première action avez-vous mise en place ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de notre première réunion, une comédienne nous a dit que lorsqu&#8217;elle allait au cinéma, elle comptait les femmes de plus de 50 ans qu&#8217;elle voyait à l&#8217;image. On s&#8217;est dit que c&#8217;était une super idée, qu&#8217;il nous fallait des chiffres pour prouver notre ressenti. En 2015, nous avons réalisé notre premier comptage du cinéma français : les femmes de plus de 50 ans avaient récolté 8 % des rôles, alors qu&#8217;une femme sur deux a plus de 50 ans en France. Ce qui signifie qu&#8217;une majorité de la population est donc traitée comme une minorité invisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 2016, vous publiiez un </strong><a href="https://www.change.org/p/manifeste-aafa-tunnel-des-50%20"><strong>manifeste</strong></a><strong>. Comment vos propositions ont-elles été accueillies ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/le-manifeste-des-comediennes-de-50-ans/">Il avait très bien accueilli</a>. Toutes les associations et syndicats de nos partenaires scénaristes, réalisateur·rice, producteur·rices, comédien·nes&#8230; avaient signé le manifeste. Souvent, face à nos demandes d&#8217;accorder plus de rôles aux femmes de 50 ans, on nous rétorquait que « chacun est libre de représenter ce qu&#8217;il veut ». Alors nous avons proposé des choses très concrètes qui, selon nous, ne touchent pas à la liberté de création sacrée. Comme l&#8217;idée de dégenrer les rôles de fonction, comme ceux d&#8217;avocat·e, de policier·ère ou de docteur·esse, qui n&#8217;ont pas de fonction particulière dans l&#8217;intrigue autre que leur métier. Au lieu de proposer « un juge » sur un scénario et dans une annonce de casting, écrire « juge (F/H) » peut donner la possibilité d&#8217;étudier aussi bien les candidatures des femmes que des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et depuis les 10 ans de la création de la commission, qu&#8217;est-ce qui a concrètement bougé ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons surtout brisé l&#8217;omerta, en mettant le sujet sur la table, en interpellant les médias et nos tutelles comme le ministère de la culture, le CNC [Centre national du cinéma et de l&#8217;image animée], Arcom [Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique]&#8230; Elles-mêmes ont pris conscience du sujet et produit leurs propres études venues conforter ce que nous mettions sur la table dès le début.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Toutefois, les chiffres de représentativité ne bougent pas&#8230; En 2023, nous étions à 9 % de femmes de plus de 50 ans dans la répartition des rôles au cinéma.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>C&#8217;est vrai, les chiffres bougent peu. Nous sommes sur un frémissement. Ces batailles-là sont très longues, nous le savions en commençant. Elles se déploient sur du long terme, comme pour toutes les batailles féministes.<br>Pour le moment, chacun se renvoie la balle. Le scénariste dit qu&#8217;il écrit des rôles pour les femmes de plus de 50 ans, mais que les producteurs leur demandent de les rajeunir. Les producteurs répondent que ce sont les réalisateurs qui préfèrent avoir jeune femme à l’écran car elle renvoie mieux la lumière. Les instances nous disent : « Nous ne devons pas influer sur la liberté de création »&#8230; Nous sommes face à un « conformisme provisoire », que décrit le sociologue Éric Macé : chacun attend que les autres bougent, ce qui crée une espèce d&#8217;inertie. Lors de notre colloque, nous allons donc rappeler à tous les différents acteurs de la chaîne l&#8217;importance de bouger ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi qu&#8217;il en soit, nous continuons d&#8217;être sur le front. Ce que nous disons depuis 10 ans, c&#8217;est que nous ne portons pas un combat de comédiennes en mal de rôles, mais une lutte  sur un enjeu de société. Car le cinéma, même s&#8217;il est un objet artistique, est vecteur de normes qui contribuent à fabriquer l&#8217;inconscient collectif du public. Or, si l’inconscient collectif se construit autour d&#8217;une absence comme celle des femmes de plus de 50 ans, la société fait perdurer des concepts sexistes et âgistes, d&#8217;où le fameux plafond de verre auquel se heurte toutes les femmes en entreprise. Notre combat n&#8217;est pas corporatiste : si nous, les femmes de plus de 50 ans, ne sommes pas représentées à l&#8217;image, nous n’existons pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et personnellement, comment les choses ont avancé pour vous ?</strong><br><br>Ce qui a bougé pour moi, comme pour toutes les « filles du tunnel » comme on aime s&#8217;appeler, c&#8217;est d&#8217;appartenir à un groupe solidaire, d&#8217;être portée par cette sororité pour  traverser cette période. Beaucoup d&#8217;entre nous se sont lancées dans des projets perso parce qu&#8217;elles en avait marre d&#8217;attendre. De mon côté, je collabore beaucoup avec La Subversive, la compagnie d&#8217;Aurore Evain qui cherche à remettre au plateau des autrices effacées du patrimoine théâtral, alors que certaines ont écrit des choses magnifiques sur la place des femmes aux alentours du 17e siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Colloque « L&#8217;étrange et fabuleux destin du personnage féminin de 50 ans : le retour ! »<br>19 février 2026, de 10h à 13H<br>Forum des images, au Forum des Halles, 2 rue du Cinéma 75 001 PARIS<br>Réservation indispensable par mail à </em><a href="mailto:aafa.tunneldes50@gmail.com"><em>aafa.tunneldes50@gmail.com</em></a><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><br><br></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/tunnel-de-la-comedienne-de-50-ans-la-majorite-de-la-population-est-traitee-comme-une-minorite-invisible/">TUNNEL DE LA COMÉDIENNE DE 50 ANS : « LA MAJORITÉ DE LA POPULATION EST TRAITÉE COMME UNE MINORITÉ INVISIBLE »</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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