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	<title>Archives des Société - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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	<title>Archives des Société - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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		<title>POURQUOI AVONS-NOUS BESOIN D’UNE ÉDUCATION AU VIEILLIR ? LA SOCIOLOGUE MÉLISSA-ASLI PETIT DÉCONSTRUIT LE RÉCIT DU DÉCLIN</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Sep 2026 15:53:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>CONVERSATION AVEC MÉLISSA-ASLI PETIT Dans S’autoriser à vieillir, la sociologue Mélissa-Asli Petit interroge ce qui nous empêche encore d’envisager l’avancée en âge autrement que sous l’angle du déclin. Créativité, engagement, transmission, corps, inégalités sociales, urbanisme ou politiques publiques, elle défend une véritable « éducation au vieillir » et des parcours moins enfermés dans les catégories [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/pourquoi-avons-nous-besoin-dune-education-au-vieillir-la-sociologue-melissa-asli-petit-deconstruit-le-recit-du-declin/">POURQUOI AVONS-NOUS BESOIN D’UNE ÉDUCATION AU VIEILLIR ? LA SOCIOLOGUE MÉLISSA-ASLI PETIT DÉCONSTRUIT LE RÉCIT DU DÉCLIN</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>CONVERSATION AVEC MÉLISSA-ASLI PETIT</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans <em>S’autoriser à vieillir</em>, la sociologue Mélissa-Asli Petit interroge ce qui nous empêche encore d’envisager l’avancée en âge autrement que sous l’angle du déclin. Créativité, engagement, transmission, corps, inégalités sociales, urbanisme ou politiques publiques, elle défend une véritable « éducation au vieillir » et des parcours moins enfermés dans les catégories d’âge.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le titre, <em>S’autoriser à vieillir</em>, m’a fait penser à Susan Sontag et à ce qu’elle écrivait sur le vieillissement des femmes. Est-ce une référence ? Et qu’est-ce que cette idée d’« autorisation » dit du rapport entre ce qui vient de nous et ce que la société nous impose ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Susan Sontag, je l’ai moins eue en tête au moment de choisir le titre. Au début, le titre, c’était <em>Oser vieillir</em>. C’était une des premières idées, puis ça a basculé vers <em>S’autoriser à vieillir</em>, que je trouve beaucoup mieux. Mais, bien évidemment, j’ai pensé à elle à différents moments dans le texte, comme à d’autres autrices américaines qui portent un regard différent du nôtre sur le féminisme et sur l’âge. Sur cette idée d’« autorisation », je pense que ça vient aussi de la société. L’idée du titre, c’était d’engager le lecteur dans sa propre responsabilité, dans son autorisation et dans son rapport au vieillissement. Parce que le vieillissement, ce n’est pas quelque chose d’extérieur à soi. C’est aussi très ancré et incarné en chacun de nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a évidemment tout ce qui relève de la société. J’en parle davantage dans la dernière partie, à travers les politiques publiques, l’impact de l’âgisme, les représentations sociales négatives liées à l’âge ou encore les questions de pension de retraite. Tout cela joue aussi sur notre manière de vieillir et de nous autoriser à vieillir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, et je trouve que ça résonne particulièrement en ce moment. On vient de perdre deux grandes figures féministes, Gloria Steinem et Robin Morgan, qui ont fait de leur colère et de leur engagement une force, et qui ont continué à inspirer bien au-delà de leur génération. Je pensais aussi à Susan Sarandon, à ses engagements, et au fait qu’elle raconte aujourd’hui être écartée de certains rôles. Ce sont des femmes de plus de 70 ou 80 ans qu’on regarde d’abord pour ce qu’elles disent, ce qu’elles défendent, ce qu’elles incarnent. La question de leurs cheveux gris ou de leurs rides devient presque secondaire. Est-ce que, finalement, le militantisme peut être une façon de s’autoriser à vieillir ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu’il y a plusieurs choses. D’abord, ce ne sont pas forcément les rides ou les cheveux blancs que l’on voit chez elles. Elles incarnent ce qu’elles sont, ce qui est important pour elles dans leur propre vie. Gloria Steinem avec l’activisme, Robin Morgan également. Je pense aussi à Jane Goodall, qui n’était pas dans le féminisme mais qui a porté jusqu’à un âge très avancé un engagement extrêmement fort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et je crois que c’est aussi ce que j’essaie de dire, on oublie beaucoup la joie dans le vieillissement. Vieillir dans la joie, ça ne veut pas dire nier les difficultés. Mais être porté par une joie dans la créativité, dans l’engagement, ça nourrit quelque chose d’essentiel, une part de soi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que je trouve intéressant dans les figures que l’on vient d’évoquer, c’est qu’elles continuent à être ce qu’elles étaient, ce qu’elles sont et ce qu’elles deviennent. Et il y a aussi des femmes ou des hommes qui commencent des activités ou prennent des engagements qu’ils n’avaient jamais osé avoir auparavant, et qui contribuent à nourrir cette joie. Donc je ne dirais pas forcément que c’est le militantisme. C’est plutôt l’engagement, effectivement. Et la créativité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">On oublie beaucoup la joie dans le vieillissement.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais c’est vrai qu’on continue à associer très fortement la créativité à la jeunesse, alors qu’on oublie tous ceux qui se mettent à écrire, à créer, à inventer bien après 50 ans. Comme si l’âge pouvait aussi donner une liberté qu’on n’avait pas forcément auparavant. Vous rencontrez beaucoup de personnes plus âgées, est-ce que cette dimension très positive du vieillissement ressort aussi dans leurs récits ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je crois que c’est la créativité, mais aussi la liberté, et le fait que les années d’expérience nourrissent cette créativité. Si on prend l’exemple d’un roman, le texte sera différent. Si c’est de la couture, ce sera différent aussi. Dans tous les cas, ce sera nourri par l’expérience de l’individu, ou plutôt par ses expériences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui ressort des analyses et des entretiens que je peux faire, c’est qu’à chaque fois, c’est aussi un corps qui est remis en mouvement à travers cette créativité. Et quand je parle de créativité, ça peut être une activité sportive qui fait sens parce qu’elle nourrit des liens sociaux et une part de soi. En fait, ce qui compte, c’est que le corps reste en mouvement. Et quand il ne l’est plus, c’est parfois là que le vieillissement commence à grincer. Je dirais que, quelle que soit la classe sociale, cette question du corps en mouvement est essentielle pour aller chercher cette liberté et cette créativité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça ne répond pas forcément directement à la question sur le fait de se sentir plus libre, mais il y a une forme de liberté évidente après 50 ans, et encore davantage chez certains jeunes retraités, notamment les baby-boomers. Mais cette liberté se heurte aussi aux représentations sociales négatives. On peut encore entendre : « À ton âge, pourquoi tu vas te lancer dans cette société ? » Donc le parcours de l’individu, son entourage, tout cela joue aussi dans cette capacité à se demander : qu’est-ce qui est important pour moi ? Mais il y a bien un mouvement de libération, ça, c’est certain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, je trouve intéressant ce lien entre le corps, les engagements et le vieillissement. Parce que ce que la société nous renvoie reste très souvent une image du déclin, de la vulnérabilité, du manque, de ce qu’on perd avec l’âge. Et ce que vous racontez dans le livre va justement à l’encontre de cette vision.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous parlez aussi beaucoup de vos grands-parents, et notamment de la manière dont votre grand-mère a nourri votre travail. Est-ce que vous pensez que les grands-parents occupent aujourd’hui une place différente dans notre rapport au vieillissement ? J’entends beaucoup de gens parler de grands-mères qui ont été des figures extrêmement fortes, qui leur ont transmis énormément de choses. Est-ce qu’on sous-estime leur rôle dans les modèles que l’on se construit pour envisager son propre vieillissement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu’on n’a pas conscience de tout ce qu’ils peuvent transmettre. On en prend souvent conscience quand on devient jeune adulte, parfois plus tard, ou quelques années après leur mort. Mais je crois que la société ne prend pas suffisamment en compte tout ce qu’ils peuvent transmettre. À un moment, je dis qu’ils sont des « passeurs d’histoire » et des « semeurs de graines ». Ils nous accompagnent aussi dans ce que j’appelle l’éducation au vieillir. Ils nous amènent à prendre conscience de la temporalité, du présent, de l’histoire, mais aussi de la mort, du cycle de la vie, de l’ancrage et du rapport au sacré. Je crois que ce sont surtout ces dimensions-là qui sont importantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On est beaucoup, j’ai l’impression, dans un quotidien qui valorise la pratique : une grand-mère ou un grand-père qui s’occupe de leur petite-fille le mercredi après-midi, l’emmène à son cours de théâtre… Je caricature un peu. Mais ce qui compte vraiment, ce sont ces rencontres. Les grands-parents n’élèvent pas leurs petits-enfants comme des parents. Ils les rencontrent. Ils prennent du temps avec eux, dans quelque chose de plus informel, et il se transmet des choses qui ne se perçoivent pas forcément tout de suite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et je suis persuadée que ça continue aujourd’hui. Quand je vois ma fille avec son grand-père, mon propre père, je le vois incarner une forme de grand-parentalité qui m’étonne parfois chez lui. Je pense qu’il y a aussi quelque chose qui se transforme là, notamment chez des hommes issus de générations marquées par un patriarcat très fort.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, et est-ce que ça entre justement dans cette « éducation au vieillir » que vous défendez? Qu’est-ce que ce serait, concrètement, une éducation au vieillissement ? Parce qu’on nous parle sans cesse de « bien vieillir », de « vieillir avec grâce », avec derrière l’idée que la manière dont on vieillit dépendrait essentiellement de nous. On finit encore par porter la responsabilité de ce que l’on devient avec l’âge. Comment sortir de cette injonction, et qu’est-ce qu’on devrait apprendre, idéalement, pour mieux appréhender le vieillissement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d’entrer dans le pratique, pour moi, l’éducation au vieillir, c’est d’abord accepter tous les corps vieillissants, sans mettre de jugement sur l’un ou sur l’autre. Parce que chacun vieillit en fonction de son parcours de santé, de son parcours de vie, des difficultés d’emploi qu’il a pu rencontrer, des traumatismes physiques ou psychologiques. Tout cela joue sur nous et sur le corps vieillissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De manière plus pratique, l’éducation au vieillir commence dès l’enfance. Ça passe par la littérature jeunesse, les dessins animés, le fait de pouvoir rencontrer des personnes plus âgées, de créer des espaces qui nous amènent à rencontrer le vieillissement dans sa pluralité et sa diversité, sans stéréotypes. C’est pour ça que je parle aussi de toute la culture, parce qu’elle joue ensuite sur les représentations des enfants. Je prends par exemple <em>La Petite Sirène</em>, où la sorcière vole la voix de la plus jeune et où elle est représentée avec tous les stigmates associés à la vieille sorcière. Ça contribue à nourrir quelque chose dans l’imaginaire collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et bien évidemment, cette éducation au vieillir se poursuit tout au long de la vie. On en parlait avec Susan Sarandon : il y a une nécessité d’avoir une diversité de profils d’acteurs et d’actrices, mais aussi dans les séries et dans la littérature. Je vois de plus en plus de livres qui racontent des histoires avec des personnes plus âgées. J’ai vu aussi la bande-annonce d’une série anglo-saxonne autour de la ménopause, avec des femmes qui montent un groupe de rock. Je pense qu’on a besoin de ça à tous les âges, d’être nourris par cette diversité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, de manière très concrète, il faut aussi sortir des injonctions. Cela passe par la responsabilité des entreprises, par exemple autour des produits anti-âge, mais aussi par les mots que l’on utilise pour parler du vieillissement. Les médias ont leur propre responsabilité. Il y a donc à la fois un niveau individuel, notamment dans nos actes d’achat, et un niveau beaucoup plus global, qui concerne les entreprises et, bien évidemment, les politiques publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, mais justement, vous parliez des politiques publiques. J’ai l’impression qu’elles contribuent beaucoup à associer le vieillissement à la vulnérabilité, à la fragilité, à la dépendance. Je n’ai quasiment jamais vu de campagne qui propose une représentation positive ou simplement plus diverse de l’avancée en âge. Et ça commence très tôt : à 65 ans, on peut déjà recevoir des publicités pour des monte-escaliers ou des équipements liés à la perte d’autonomie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a aussi quelque chose d’étrange dans le vocabulaire. Pour l’enfance et la jeunesse, on multiplie les catégories — enfant, préado, ado, jeune adulte — puis, passé 50 ou 60 ans, tout semble se fondre dans un immense mot-valise : « vieillissement ». Est-ce que les politiques publiques ne participent pas, finalement, à entretenir cette vision très réductrice de l’âge ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème avec les politiques publiques est de plusieurs ordres. D’abord, elles contribuent à cet amalgame en parlant beaucoup du grand âge, sans forcément résoudre les problématiques qui lui sont propres. Dans les années 2000, on avait des politiques autour du « bien vieillir », très centrées sur les jeunes retraités, avec aussi de fortes injonctions à la responsabilité individuelle. Aujourd’hui, le discours s’est beaucoup focalisé sur le grand âge, la perte d’autonomie, la vie à domicile ou en institution.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Il manque une vision des différentes étapes du vieillissement.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il manque donc une vision des différentes étapes du vieillissement. Et au-delà de la communication ou du choix des mots, la vraie question est celle des politiques publiques mises en place à chacune de ces étapes. Il y a aussi toute une réflexion à avoir sur la prévention. Si les éléments qui favorisent le vieillissement en bonne santé — même si je ne sais pas si c’est le bon terme — sont le sentiment d’utilité sociale, le lien social et une bonne santé, alors comment développe-t-on des actions qui les favorisent à tous les âges de la vie, et encore davantage après 50 ou 60 ans ? Ces réflexions existent, il y a eu des rapports publics, mais elles ne sont pas réellement inscrites dans les politiques mises en œuvre. Il y a donc de grandes problématiques qui, aujourd’hui, ne sont pas véritablement prises en charge par les pouvoirs publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, et on voit bien que ça passe aussi par des choses qui, à première vue, semblent éloignées du sujet, comme l’urbanisme. La manière dont on construit les villes peut très vite isoler les personnes qui ont moins de mobilité parfois, il devient difficile simplement de sortir de chez soi ou de trouver, au pied de son immeuble, un lieu où rencontrer d’autres personnes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Finalement, on n’anticipe pas vraiment le vieillissement jusque dans ces choix très structurants. Est-ce que des politiques publiques pensées aussi sous cet angle permettraient de réduire une partie de l’angoisse liée à l’avancée en âge, en rendant possible une vie sociale et autonome plus longtemps ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, cette logique de l’habitat et de la mobilité est cruciale. La question ne peut pas s’arrêter au logement, sinon les gens finissent par être enfermés chez eux. Il faut penser l’ancrage dans la ville, la mobilité, les mobilités douces. Et surtout, arrêter de segmenter les populations et les sujets. Comment est-ce qu’on réussit à créer du lien ? Les espaces de pause dans la ville sont essentiels, mais ça vaut aussi dans les espaces périurbains. J’ai été frappée, par exemple, par certains endroits où il n’y a pratiquement pas de trottoir et où je me suis dit que je ne pourrais pas circuler si j’avais une canne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut penser l’espace public à partir des usages et des besoins de chacun : pouvoir circuler avec une canne, accéder à des toilettes, trouver des endroits où s’arrêter, bénéficier d’un éclairage adapté. Ce sont des questions qui concernent à la fois le vieillissement, le handicap et, plus largement, l’accessibilité. Et tout cela permet aussi un vieillissement visible. Dans cette éducation au vieillir, on a besoin que les personnes plus âgées circulent dans la ville et dans l’espace public, qu’on puisse les voir. Parce que tout ce que l’on ne voit pas n’existe pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, ce que vous dites me fait penser à Ashton Applewhite, qui pose une question très simple à propos des femmes qui se teignent les cheveux, comment penser le vieillissement si les femmes que l’on voit n’ont jamais de cheveux blancs ? À force de gommer les signes de l’âge, on finit aussi par rendre le vieillissement presque invisible.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous citez une étude norvégienne qui montre que la segmentation par âge renforce l’âgisme. Or toute notre société fonctionne comme ça : les catégories administratives, la santé, l’entreprise avec les juniors et les seniors… On nous classe constamment par âge. Comment est-ce qu’on peut commencer à défaire quelque chose d’aussi profondément inscrit dans nos structures et dans nos façons de penser ? Quelles politiques pourraient réellement agir là-dessus, au-delà de l’éducation dont vous parliez tout à l’heure ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une question compliquée parce qu’elle remet en cause le système en profondeur. Il y a déjà ce sujet de la segmentation à l’école. Comment créer des classes multiniveaux où les uns peuvent aider les autres ? Céline Alvarez, notamment, a beaucoup travaillé sur l’intérêt de ce type de fonctionnement. J’avais aussi vu l’exemple d’un collège où une classe multiniveaux travaillait davantage par projets que par disciplines, avec des acquis comparables à ceux d’une classe de sixième plus classique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">L’âge nourrit l’expérience et l’expérience nourrit l’âge.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les parcours ne sont pas linéaires et le seront de moins en moins. La question est donc aussi de savoir comment valoriser l’expérience. Je pense que l’âge nourrit l’expérience et que l’expérience nourrit l’âge. Dans l’entreprise, il faut aussi imaginer, à travers la diversité et l’inclusion, des parcours qui ne soient pas séquencés par l’âge, mais davantage par l’expérience. Je n’ai pas de réponse toute faite. C’est vraiment cette question de la fluidité des parcours qui sera un enjeu demain. Et en matière de politiques publiques, la retraite en est un exemple : pour moi, c’est une aberration de fixer un âge butoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oui, parce que la norme très linéaire — je me forme, je travaille, puis je m’arrête — correspond de moins en moins aux parcours réels. Les temps de la vie sont en train de se recomposer, alors que les politiques publiques continuent largement à raisonner avec des catégories qui deviennent de moins en moins adaptées.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mais vous évoquez aussi la question des classes sociales. Cette possibilité de réinventer son rapport au vieillissement, de continuer à apprendre, à créer, à avoir des projets, est-ce qu’elle est réellement accessible à tout le monde ? Parce que pour certaines personnes, l’enjeu reste d’abord d’avoir suffisamment de ressources pour se loger, se nourrir et vivre correctement. Comment penser une « éducation au vieillir » sans gommer ces inégalités très concrètes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. On peut évidemment penser au système de retraite. Mais cela suppose déjà d’accepter de réduire les inégalités de retraite et de pension, <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/melissa-asli-petit-le-systeme-actuel-de-retraite-repose-toujours-sur-un-modele-patriarcal/">les inégalités sociales et celles entre les hommes et les femmes.</a> Et je n’ai pas l’impression qu’on aille beaucoup dans cette direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a donc des problématiques de classe sociale qui sont évidentes, notamment dans le rapport à la santé. Il y a un vrai sujet de fond sur la manière d’accompagner ceux qui exercent des métiers à risque, difficiles ou pénibles, et sur les conséquences que ces parcours professionnels ont sur leur santé. Après, tout devient évidemment beaucoup plus compliqué quand on doit composer avec d’importants problèmes de santé et avec la question de leur financement. Le coût de la santé et celui des mutuelles peuvent aussi participer à ces difficultés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On a parfois l’impression que la vieillesse n’est prise au sérieux que si elle reste productive. Comme s’il fallait continuer à être utile, performant, actif, pour rester pleinement légitime socialement. Est-ce que ce rapport à la productivité ne pèse pas aussi sur notre manière de penser le vieillissement ? Et est-ce qu’on peut imaginer d’autres formes de contribution, qui ne passent pas forcément par les critères habituels de performance ou de travail ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui. À un moment, je parle justement de cette opposition entre vitesse et lenteur, productivité et inactivité. Notre société valorise la rapidité et la productivité, et dévalorise la lenteur ou la non-productivité économique. Mais ce sont déjà des jugements de valeur. La question est donc de savoir comment rééquilibrer la balance, pour ne pas considérer que certains seraient plus utiles ou plus valorisables que d’autres. Il y a là une réflexion culturelle de fond, d’autant plus compliquée que nous sommes portés par une société de l’accélération et de l’urgence. Mais à un moment donné, le hamster dans sa roue peut aussi se faire mal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe évidemment d’autres manières de créer et d’agir sur le monde. Et ça nous ramène à la question du sens de sa propre vie : qu’est-ce qui résonne en soi ? J’ai l’impression que cette société accélérée nous fait parfois oublier ce que nous désirons réellement et ce qui est important dans nos vies. Mais on peut retrouver ce sens en dehors de la vie professionnelle. On en parlait avec Gloria Steinem : elle a trouvé du sens dans son engagement. Et une fois à la retraite, on peut aussi continuer à créer et à agir sur le monde. Parce que, sinon, c’est comme si tout se construisait progressivement dans le négatif autour du vieillissement, alors que c’est faux. Et je crois que le fait de ne pas voir, de ne pas rencontrer, de ne pas échanger ou de ne pas lire joue beaucoup là-dedans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, il y a quand même une jolie profusion de littérature jeunesse sur le sujet, avec des personnages âgés. Mais je trouve qu’on manque encore de personnages retraités vraiment « badass ». Avec ma fille, qui a cinq ans, on a regardé tous les épisodes de <em>L’Âge de glace</em>, et on adore Mémé. Même si c’est un animal, elle incarne quelque chose de l’âge, au point qu’on s’est dit qu’on aimerait la retrouver dans l’épisode suivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>S’autoriser à vieillir</em>, Mélissa-Asli Petit, éditions érès.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
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		<title>LADY DIANA : 29 ANS APRÈS SA MORT, 7 ATTITUDES À LUI EMPRUNTER</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2026 14:42:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vingt-neuf ans après sa disparition, Lady Di reste une icône bien au-delà de son style. Dans sa façon de s’habiller, de parler, de s’affirmer ou de poser ses limites, voici sept attitudes qu’on peut encore lui emprunter aujourd’hui. 1. Refuser la posture de victime 29 juin 1994. À la télévision britannique, le prince Charles reconnaît [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vingt-neuf ans après sa disparition, Lady Di reste une icône bien au-delà de son style. Dans sa façon de s’habiller, de parler, de s’affirmer ou de poser ses limites, voici sept attitudes qu’on peut encore lui emprunter aujourd’hui.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">1. Refuser la posture de victime</h2>



<p class="wp-block-paragraph">29 juin 1994. À la télévision britannique, le prince Charles reconnaît avoir été infidèle pendant leur mariage. Le même soir, Diana est attendue à une soirée organisée à la Serpentine Gallery, à Londres. Elle apparaît dans une robe noire courte, décolletée, épaules nues, signée Christina Stambolian. Une tenue qu’elle possède depuis plusieurs années mais qu’elle n’avait encore jamais portée, la jugeant trop audacieuse. La presse la baptisera rapidement la <strong>« revenge dress »</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que la soirée devait être dominée médiatiquement par les aveux de Charles, c’est Diana qui capte les regards. Son apparition renverse le récit : au lieu d’incarner l’épouse humiliée, elle impose une image de maîtrise, d’assurance et d’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu’on lui emprunte : </strong>le dress code comme armure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2. Aller au contact</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En avril 1987, Diana inaugure au Middlesex Hospital de Londres une unité consacrée aux personnes atteintes du sida. À l’époque, la maladie suscite encore une peur immense et de nombreuses idées fausses circulent sur sa transmission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Devant les photographes, elle serre sans gant la main d’un patient. Le geste n’est pas banal en 1987. En touchant publiquement un homme séropositif, Diana contribue à déconstruire l’idée que le VIH pourrait se transmettre par un simple contact physique. Elle fera de même quelques années plus tard avec des personnes atteintes de la lèpre, là encore pour combattre la peur et la mise à distance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu’on lui emprunte : le geste audacieux.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">3. S’exposer pour une cause</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En janvier 1997, Diana se rend en Angola avec la Croix-Rouge britannique et le HALO Trust. Casque, visière et gilet de protection, elle traverse une zone minée à Huambo. Les images font immédiatement le tour du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question des mines antipersonnel est alors très politique et son déplacement suscite des critiques au Royaume-Uni. Diana assume pourtant de sortir du rôle attendu d’une princesse pour attirer l’attention sur les victimes et les conséquences humaines de ces armes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques mois plus tard, le traité d’Ottawa interdit les mines antipersonnel. Diana n’en est évidemment pas à l’origine à elle seule, mais son engagement a largement contribué à placer le sujet sous les projecteurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu’on lui emprunte : défendre ses idées sur le terrain.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">4. Ne plus cacher ses fragilités</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre 1995, dans l’interview accordée à l’émission <em>Panorama</em> de la BBC, Diana brise plusieurs tabous à la fois. Elle parle de sa boulimie, de sa dépression postnatale et du mal-être qu’elle a traversé pendant son mariage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’époque, ces sujets sont encore largement tus, et plus encore au sein de la famille royale. En les évoquant publiquement, Diana refuse l’image lisse et silencieuse que son statut lui impose. Elle raconte elle-même ses fragilités plutôt que de laisser les autres les interpréter à sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parole très personnelle contribue aussi à rendre visibles des réalités vécues par de nombreuses femmes, à une époque où la santé mentale et les troubles alimentaires restent beaucoup moins ouvertement abordés qu’aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu’on lui emprunte : mettre des mots sur ce qu’on traverse.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">5. Savoir lever le pied</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 1993, Diana annonce qu’elle réduit fortement ses engagements publics. La pression médiatique est devenue telle qu’elle dit ne plus pouvoir remplir correctement son rôle tout en préservant une vie personnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après son divorce en 1996, elle va plus loin encore. Elle abandonne la plupart de ses patronages pour n’en conserver que quelques-uns, notamment autour du sida, de la lutte contre la lèpre, de l’enfance et du cancer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un univers où la disponibilité permanente fait partie du rôle, Diana choisit donc de réduire, trier et recentrer. Non pas pour disparaître, mais pour consacrer son énergie à ce qu’elle juge réellement important.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu’on lui emprunte : laisser tomber le FOMO (<em>Fear of Missing Out</em>, la peur de rater quelque chose).</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">6. Tourner la page avec panache</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En juin 1997, quelques semaines avant sa mort, Diana fait vendre aux enchères chez Christie’s à New York 79 robes de sa garde-robe. Certaines ont été portées lors de visites officielles ou de soirées devenues célèbres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vente rapporte plus de 3 millions de dollars, reversés au Royal Marsden Hospital Cancer Fund et à l’AIDS Crisis Trust. Mais le geste vaut aussi par sa portée symbolique : après son divorce, Diana se sépare d’une partie très visible de sa vie de princesse et transforme ces vêtements en autre chose qu’en souvenirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu de conserver ces robes comme les reliques d’un rôle qu’elle n’occupe plus, elle les fait circuler, leur donne une nouvelle valeur et clôt un chapitre avec une certaine élégance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu’on lui emprunte : se débarrasser de ce qu’on ne veut plus porter — au propre comme au figuré.</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">7. Sortir de sa bulle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Diana tient aussi à confronter William et Harry à des réalités très éloignées de leur quotidien princier. Enfants, ils l’accompagnent notamment lors de visites privées à Centrepoint, une organisation qui accompagne les jeunes sans domicile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Diana cherche à leur montrer d’autres vies, d’autres difficultés, d’autres façons de grandir. William expliquera plus tard combien ces rencontres l’ont marqué ; il deviendra patron de Centrepoint en 2005.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette volonté de ne pas vivre uniquement entre soi dépasse largement l’éducation de ses fils. Diana multiplie elle-même les contacts avec des personnes que son milieu social aurait pu lui permettre de ne jamais rencontrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ce qu’on lui emprunte : casser l’entre-soi.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/lady-diana-29-ans-apres-sa-mort-7-attitudes-a-lui-emprunter/">LADY DIANA : 29 ANS APRÈS SA MORT, 7 ATTITUDES À LUI EMPRUNTER</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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		<title>JUSTINE METTRAUX : « AUJOURD’HUI, LA COMPÉTENCE DES FEMMES EN MER EST INDISCUTABLE »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 17:44:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Huitième et première femme du dernier Vendée Globe, Justine Mettraux prépare son bateau pour l’édition 2028. La navigatrice suisse revient sur son parcours et sur les moyens d’ouvrir davantage la course au large aux femmes. Interview. Quel a été votre déclic pour la course au large vous qui avez débuté sur le lac Léman ? [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Huitième et première femme du dernier Vendée Globe, Justine Mettraux prépare son bateau pour l’édition 2028. La navigatrice suisse revient sur son parcours et sur les moyens d’ouvrir davantage la course au large aux femmes.</strong> <strong>Interview.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel a été votre déclic pour la course au large vous qui avez débuté sur le lac Léman ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que ce sont vraiment les opportunités que j’ai eues tout au long de mon parcours. Mais c’est vrai que, pour moi qui ai grandi en Suisse, il y avait très peu de modèles féminins. Il y avait bien des navigatrices qui avaient mené de grandes carrières, comme Ellen MacArthur, mais cela me paraissait très lointain et, en tout cas pour moi, inaccessible. Ma première grande course au large a été la Mini-Transat. Elle m’a mise en confiance pour la suite et m’a permis d’enchaîner avec d’autres opportunités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lorsque vous avez débuté la course au large, aviez-vous déjà pour objectif de naviguer en Imoca (classe des monocoques de 60 pieds engagés notamment sur le Vendée Globe) et de participer à cette course, ou cette ambition est-elle venue plus tard ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, moi, je suis vraiment toujours allée au coup par coup. Quand j’ai fait la Mini-Transat, qui était ma première transat en solitaire, je me suis dit : <em>« Voilà, je fais mon projet Mini-Transat, cela va durer deux ans et on verra bien ce que cela donne. Si ça se trouve, je fais ces deux années, puis je rentre en Suisse. »</em> Je n’avais pas forcément la perspective d’enchaîner derrière. J’ai aussi eu de la chance, parce que certains projets se sont présentés au bon moment pour moi. J’ai vraiment construit mon parcours au fil des opportunités. Je pense que j’ai commencé à envisager le Vendée Globe après avoir déjà fait cinq ou six ans de course au large.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous êtes ensuite devenue une équipière très recherchée sur les grandes courses autour du monde. Cette expérience en équipage a-t-elle été une étape nécessaire avant de porter vos propres projets en solitaire ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas forcément une étape obligatoire, parce que certaines personnes restent vraiment concentrées sur la navigation en solitaire. Mais, de mon côté, naviguer en équipage est quelque chose qui me plaît beaucoup. Je pense que cela m’a aussi beaucoup apporté, en termes de connaissances et de compétences, de pouvoir naviguer avec d’autres. Pour moi, les deux sont assez complémentaires. J’aime pouvoir faire l’un et l’autre, et j’ai eu la chance de mener pas mal de projets en solitaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez expliqué que vos expériences précédentes vous avaient apporté une forme de légitimité. Aviez-vous besoin d’avoir franchi toutes ces étapes pour vous sentir prête à porter votre propre projet ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, je pense que cela correspond assez bien à ma manière de fonctionner, en avançant étape par étape. J’ai eu la chance de naviguer en équipage sur un Imoca avant d’avoir mon propre bateau. Cela m’a permis de gagner en confiance, de mieux comprendre comment mener ce type de bateau, comment travailler avec une grande équipe et comment faire face aux différentes situations que je pouvais rencontrer. Cette expérience m’a aussi aidée à me sentir davantage à ma place auprès de l’équipe qui m’accompagne sur ce projet. Cela aurait été différent si j’avais dû tout apprendre en découvrant ces bateaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels sont les éléments décisifs pour lancer un projet aussi ambitieux ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est sûr qu’avant de pouvoir lancer un projet, il faut, au-delà des compétences, réunir le budget. Certaines personnes y consacrent beaucoup d’énergie sans y parvenir. Moi, j’ai eu de la chance, parce que je suis arrivée dans ce milieu sans avoir un gros réseau, alors que les connexions y comptent beaucoup. Et cela fait près de quinze ans que TeamWork m’accompagne. C’est énorme pour une relation entre une navigatrice et un sponsor.  Cette longévité reste assez minoritaire, par exemple celle de Sodebo avec Thomas Coville. C’est assez exceptionnel, et c’est une vraie chance de pouvoir inscrire un projet dans la continuité avec ses partenaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre projet Imoca repose sur une équipe d’une dizaine de personnes. Comment l’avez-vous constituée ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une dizaine de personnes, parfois un peu plus, travaillent à l’année avec moi. L’équipe est encore en construction, notamment parce que la conception d’un nouveau bateau nécessite davantage d’ingénieurs et de profils techniques. L’une des personnes clés du projet est une ingénieure présente depuis le début. Elle avait déjà participé à la préparation du précédent Vendée Globe et joue aujourd’hui un rôle important dans la conception du nouvel Imoca.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cherchez-vous à intégrer davantage de femmes, notamment aux postes techniques ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu’il y a souvent un peu plus de femmes dans les équipes des navigatrices, peut-être parce que nous avons cette sensibilité. Elles postulent aussi sans doute plus facilement auprès de nos équipes, en se disant qu’une attention particulière sera portée à leur place et au fait qu’elles s’y sentent bien. Mais nous recherchons avant tout des compétences. Je ne vais pas recruter spécifiquement une femme. En revanche, lorsqu’une femme compétente est disponible, je suis très contente de pouvoir l’intégrer au projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Team SCA (NDLR : sponsor) avait démontré qu’un équipage entièrement féminin pouvait participer à une course autour du monde. Pourtant, cette expérience ne suffisait pas à ouvrir durablement les portes des grands circuits. Comment The Magenta Project est-il né de ce constat ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">The Magenta Project est né à l’issue du tour du monde que nous avons réalisé avec Team SCA, en 2014-2015. Nous avons alors constaté que les femmes qui y avaient participé n’avaient pas vraiment de débouchés. Les autres marins repartaient sur les différents circuits de haut niveau, mais il y avait très peu de place pour les femmes. Leur seule possibilité était souvent de monter leur propre projet, notamment en solitaire. Il existait très peu d’opportunités sur les grandes courses en équipage. L’objectif de The Magenta Project était donc de permettre aux femmes d’intégrer davantage les différents circuits, notamment au plus haut niveau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Concrètement, comment cela fonctionne ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet organise plusieurs jours de formation pendant lesquels des navigatrices peuvent découvrir des bateaux auxquels elles n’ont normalement pas accès, avec l’accompagnement de différents intervenants. Des initiatives ont aussi été mises en place avec les organisateurs de courses. Aujourd’hui, davantage d’épreuves se courent en double mixte ou imposent la présence d’une ou de plusieurs navigatrices à bord. Tout cela a beaucoup évolué.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le mentorat constitue-t-il aussi une part importante du programme ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, ce qui fonctionne bien aussi avec The Magenta Project, c’est le programme de mentorat. Des femmes souhaitent être accompagnées par une navigatrice plus expérimentée pour mieux cibler leurs objectifs, créer des connexions, obtenir des conseils et accéder à davantage d’opportunités. Ce mentorat dure à peu près une année scolaire et des binômes sont constitués. Je l’ai fait, je crois, quatre ou cinq fois. Il s’agit d’accompagner une navigatrice en fonction de ses besoins, de l’aider à mettre en place ses projets, à trouver davantage de débouchés et à élargir ses perspectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous êtes toujours ambassadrice de The Magenta Project. Comment vous y investissez-vous aujourd’hui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis toujours ambassadrice, même si je ne suis pas la plus active. Certaines personnes font vraiment partie du noyau dur et sont très impliquées dans l’organisation globale de The Magenta Project. De mon côté, j’ai surtout été mentor. Je l’ai fait cinq fois, je crois, et j’essaie aussi de rester disponible lorsqu’il y a des besoins. Je m’investis davantage par ce biais-là. Les années où je participe au Vendée Globe, je ne peux pas accompagner de navigatrice, parce que je sais que je ne pourrais pas faire le travail correctement. Mais cette année, par exemple, je viens de terminer l’accompagnement d’une jeune navigatrice anglaise. C’est une manière concrète de m’engager, et je pense que ce système est intéressant et pourrait s’appliquer à beaucoup d’autres univers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une étude de 2025 indique que plus de 85 % des femmes interrogées ont subi du sexisme, alors que 83 % des répondants estiment que la représentation des femmes s’est améliorée. Comment expliquez-vous ce décalage ? Constatez-vous malgré tout des progrès ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, la situation s’est améliorée. Les quotas donnent aux femmes accès à davantage de courses. Des sélections réservées aux navigatrices, comme Skipper Macif ou CMB Océane, leur permettent aussi d’intégrer des projets en Figaro, avec un financement et un encadrement solides. La Fédération internationale de voile et la Fédération française ont également mis en place des dispositifs contre le sexisme. Une navigatrice confrontée à une discrimination peut désormais la signaler à World Sailing afin qu’elle soit prise en charge. Tout cela n’existait pas auparavant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ces avancées suffisent-elles à faire reculer les discriminations ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je pense qu’il faut aussi replacer la question dans un contexte plus large et se demander à quelles discriminations les femmes sont confrontées dans leur vie en général. La voile est aussi le reflet du reste de la société. Malheureusement, de nombreux exemples montrent encore aujourd’hui que, si certaines femmes avaient été des hommes, les choses se seraient passées différemment. Je pense donc que ce milieu reflète aussi cette réalité. En tout cas, je ne crois pas qu’il soit pire qu’un autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de choses sont mises en place, et c’est très positif. Bien sûr, tant qu’il existera des biais et des discriminations, cela voudra dire que ce n’est pas encore gagné. Mais de nombreux efforts sont engagés et j’espère qu’ils porteront leurs fruits. Aujourd’hui, la compétence des femmes en mer est indiscutable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La course au large française a-t-elle malgré tout pris de l’avance ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est également très positif, je trouve, c’est que, dans la voile en général et dans la course au large en particulier, des femmes ont ouvert la voie et fait leurs preuves depuis longtemps. Cela a sans doute contribué à créer une ouverture d’esprit plus importante que dans certains autres milieux ou sur certains circuits. En France, dans la course au large, depuis Florence Arthaud et toutes celles qui lui ont succédé, beaucoup de travail a déjà été accompli. Nous avons aussi pu en bénéficier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel est votre programme d’entraînement et de courses avant le Vendée Globe ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a tout un programme de courses en amont, en 2027 et en 2028, notamment parce que, pour se qualifier pour le Vendée Globe, il faut participer à une grande transatlantique en solitaire. L’objectif est donc de prendre part à toutes les courses du calendrier jusqu’au départ du Vendée Globe, afin de bien me préparer et de valider le bateau. À plus court terme, je navigue avec un autre équipage, celui de Boris Herrmann et du Team Malizia, pour préparer une traversée de l’Atlantique en équipage qui partira cet automne, puis le tour du monde en équipage, qui partira cet hiver. Cela me permet de garder un pied en Imoca, même si ce n’est pas sur mon propre bateau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le programme reste dense. Cette année vous permet-elle malgré tout de lever un peu le pied ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est quand même une année un peu plus calme. Le début de saison m’a permis de souffler après le Vendée Globe, parce que les choses s’étaient bien enchaînées jusqu’à la fin de l’année 2025. C’est agréable de pouvoir lever un peu le pied.</p>
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		<title>DU FOOT EN MARCHANT : L&#8217;EMANCIPATION PAR LE TERRAIN APRES 50 ANS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 09:14:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À côté de la Coupe du monde de football masculin occupant le terrain médiatique, de plus en plus de femmes pratiquent le football passé 50 ans. Elles se tournent en particulier vers le foot en marchant, une discipline plus douce, où elles sont largement les bienvenues. «&#160;Je n&#8217;avais pas pu faire de football quand j&#8217;étais [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À côté de la Coupe du monde de football masculin occupant le terrain médiatique, de plus en plus de femmes pratiquent le football passé 50 ans. Elles se tournent en particulier vers le foot en marchant, une discipline plus douce, où elles sont largement les bienvenues.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je n&#8217;avais pas pu faire de football quand j&#8217;étais jeune, parce qu&#8217;il n&#8217;y avait pas d&#8217;équipe féminine dans le club de mon village&nbsp;»</em>. Isabelle Boudais, 54 ans, a grandi à Plumeleuc, une vingtaine de kilomètres à l&#8217;ouest de Rennes. Son père était arbitre de foot et elle, mordue de la discipline. Tous les dimanches, au stade, elle suivait les matchs et jouait à côté du terrain avec les garçons de son âge. Mais officiellement, c&#8217;est au basket qu&#8217;elle était inscrite. Un autre sport collectif, tel qu&#8217;elle affectionne toute pratique physique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Adulte, elle s&#8217;investit dans le club de football de ses enfants, le Football Club Hermitage Chapelle Cintré (Ille-et-Vilaine), et se retrouve à prendre la responsabilité du développement d&#8217;une équipe de foot en marchant. La discipline vient du Royaume-Uni et a débarqué en France au cours des années 2010. Aujourd&#8217;hui, plus de 145 équipes dédiées sont réparties un peu partout dans le pays (voir la <a href="https://www.walkingfootballfrance.com/listeclubs%20">liste de Walking Football France</a>).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une version alternative du football</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, Isabelle Baudais se laisse tenter elle-même.<em> «&nbsp;J&#8217;ai toujours fait du sport, mais je me suis arrêtée deux fois car je m&#8217;étais cassé les ligaments croisés au basket. J&#8217;avais repris le badminton entre mes opérations, mais le foot en marchant m&#8217;a ensuite tentée, car c&#8217;est un &#8220;sport santé&#8221;&nbsp;»</em>, décrit-elle entre le retour de son travail et une réunion au club. Le «&nbsp;sport santé&nbsp;» désigne toute activité physique visant à améliorer la qualité de vie et à lutter contre la sédentarité, avec ou sans pathologie, d&#8217;après la Stratégie nationale sport-santé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le foot en marchant, lui, est une «&nbsp;<em>version lente du football avec des règles aménagées permettant une pratique loisir totalement sécurisée et accessible à tous et toutes (intergénérationnelle, mixité hommes-femmes et/ou sociale, inclusion)&nbsp;»</em>, décrit la Fédération française de football. Il se pratique à effectif réduit, à 5 contre 5 ou à 6 contre 6. Plusieurs règles diffèrent&nbsp;: interdiction de courir, pas de hors-jeu, tacles et contacts interdits&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Toucher un ballon pour la première fois</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces aménagements ont permis à Cynthia Valette, 42 ans, de toucher pour la première fois de sa vie à un ballon. Arrivée en Bretagne depuis sa Polynésie natale en 2019, elle cherchait à s&#8217;intégrer davantage dans la région et à faire des rencontres. C&#8217;est la mère d&#8217;une copine de sa fille qui lui a parlé de l&#8217;équipe dans laquelle elle pratiquait. Elle est allée par curiosité à l&#8217;un de leurs entraînements&#8230; et cela fait désormais trois ans qu&#8217;elle pratique. <em>«&nbsp;La bonne ambiance entre les joueurs et les joueuses m&#8217;a plu. Et les règles obligent à mener un jeu collectif. Cela permet à des personnes comme moi de pouvoir débuter et jouer, alors qu&#8217;au foot normal un joueur peut faire la partie quasiment à lui tout seul&nbsp;»</em>, dit-elle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Auparavant, Cynthia Valette n&#8217;avait jamais fait de sport en club. Juste un peu de pirogue, de natation ou de volley avec des copains ou des copines. Puis son arrivée en Bretagne, la recherche d&#8217;un boulot, son travail trouvé en tant qu&#8217;aide à domicile avec des horaires en décalé&#8230; ne l&#8217;ont pas aidée à s&#8217;inscrire à un sport. Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est elle qui gère l&#8217;équipe de foot en marchant au club Roz Chas à Le Trévoux (Finistère). La doyenne a 67 ans et est arrivée l&#8217;an dernier, sans jamais avoir touché un ballon auparavant non plus.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Du temps pour la pratique collective</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Leurs parcours ressemblent à ce que Melissa-Asli Petit a pu observer sur différents terrains. Sociologue du sport, spécialiste du vieillissement, elle étudie particulièrement la pratique du football par des femmes de plus de 50 ans. Elle s&#8217;est rendu compte que<em> «&nbsp;l&#8217;arrivée des femmes dans le monde du travail ou l&#8217;arrivée des enfants les conduit souvent à moins pratiquer de sport collectif et davantage de sport individuel comme la course à pied, la piscine&#8230; Une activité sur laquelle elles ont un pouvoir d&#8217;organisation temporelle&nbsp;»</em>, élabore-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, passé 50 ans <em>«&nbsp;les femmes acquièrent une plus grande liberté dans leur gestion du temps, leurs enfants deviennent grands, elles deviennent davantage maîtresses de leur désir et se décalent du regard des autres&nbsp;»</em>, poursuit la spécialiste. La médiatisation d&#8217;initiatives portées par des femmes plus âgées participe à l&#8217;effet boule de neige pour le football. Comme le Tournoi de foot international des mamies (Grannies International Football Tournament, en anglais) porté par <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/football-l-equipe-des-z-amies-foot-des-femmes-toutes-survivantes-d-un-cancer-prepare-un-tournoi-international-en-2027-3382648.html">«&nbsp;Mama Beka&nbsp;»</a>, de son vrai nom Rebecca Beka Ntsanwisi. Ou l&#8217;association<a href="https://footeuses-a-tout-age.fr/"> Footeuses à tout âge</a>, en France.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Emancipation par le ballon</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et qu&#8217;importent les regards posés sur soi. <em>«&nbsp;Quand on entend foot en marchant, on a l&#8217;impression que c’est une balade, mais c’est vachement cardio, il faut tenir la cadence&nbsp;»</em>, raconte Cynthia Valette. <em>«&nbsp;Tout de suite les gens rigolent, mais on fait régulièrement des portes ouvertes ou des démonstrations dans des lycées. Et tout le monde remarque bien que c&#8217;est assez physique et technique. Puisqu&#8217;il n&#8217;y a pas le droit de courir, il faut que la passe soit réalisée au bon endroit pour être réceptionnée&nbsp;»</em>, complète Isabelle Baudais.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux femmes prennent énormément de plaisir à pratiquer le football ainsi et montent en compétences physiques. Isabelle Baudais fait même partie de l&#8217;équipe de France féminine des 50 ans et plus de football en marchant, où elle est la seule joueuse (excepté la buteuse) à ne jamais avoir fait de football auparavant. L&#8217;an dernier, elle était en Espagne pour la Coupe du monde, d&#8217;où son équipe est revenue victorieuse. <em>«&nbsp;C&#8217;est beaucoup d&#8217;émotion quand même de représenter son pays, d&#8217;entonner l&#8217;hymne national, même si c&#8217;est pour le foot en marchant&nbsp;»</em>, rapporte-t-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Mixité choisie ou subie&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Ille-et-Vilaine, son club s&#8217;est même davantage ouvert aux femmes sur le terrain. Une section féminine de foot à 7 a été créée l&#8217;an dernier<em>. «&nbsp;Je vais les aider de temps en temps. Donc je me suis mise au foot traditionnel, mais uniquement lorsqu’elles ont besoin, car elles ont quand même 30 ans de moins que moi&nbsp;»</em>, souffle-t-elle. Sinon, la pratique du foot pour les filles et les femmes reste mixte dans son club. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&#8217;est d&#8217;ailleurs l&#8217;un des traits particuliers du foot en marchant, avec de nombreuses équipes où les femmes et les hommes se mélangent. Le club Roz Chas à Le Trévoux, où Cynthia Valette s&#8217;entraîne, se targue d&#8217;être le premier à avoir accueilli une équipe de foot féminine de foot en marchant. Mais depuis quelques années, elle aussi est devenue mixte, avec 34 adhérents, dont 10 femmes. Les femmes continuent cependant de disputer des matchs avec d&#8217;autres équipes féminines.<br><br>La mixité n&#8217;est pas un sujet pour Cynthia ou Isabelle. Même plutôt une source de plaisir. Seule Melissa-Asli Petit s&#8217;interroge&nbsp;: <em>«&nbsp;S&#8217;il y avait plus de sections Vétéranes +, est-ce qu&#8217;il n&#8217;y aurait pas plus de possibilités pour les femmes de constituer des équipes&nbsp;? Est-ce que la mixité est autorisée pour le foot en marchant par la fédération juste parce qu&#8217;elle le considère comme une deuxième division du football&nbsp;?&nbsp;» </em>Un soupçon de questionnement politique pour pousser les raisonnements d&#8217;un sport qui revendique surtout sa bonne ambiance. Ainsi que la qualité de ses troisièmes mi-temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>PENÉLOPE CRUZ ET OLIVIA WILDE PARLENT DE PÉRIMÉNOPAUSE SANS DÉTOUR</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:20:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une vidéo publiée par Allure, magazine américain consacré à la beauté, Penélope Cruz et Olivia Wilde échangent sur la périménopause, sa durée, les fortes fluctuations hormonales qu’elle peut entraîner et plusieurs symptômes encore méconnus. Penélope Cruz et Olivia Wilde ont été réunies dans Truth Serum, un format vidéo d’Allure dans lequel deux personnalités se [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans une vidéo publiée par <em>Allure</em>, magazine américain consacré à la beauté, Penélope Cruz et Olivia Wilde échangent sur la périménopause, sa durée, les fortes fluctuations hormonales qu’elle peut entraîner et plusieurs symptômes encore méconnus.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Penélope Cruz et Olivia Wilde ont été réunies dans <em>Truth Serum</em>, un format vidéo d’<em>Allure</em> dans lequel deux personnalités se posent des questions à tour de rôle. Publié à l’occasion de la promotion de leur film <em>The Invite</em>, leur échange a porté sur leur travail, leurs habitudes et leur vie personnelle avant d’aborder la périménopause. Lorsque Olivia Wilde lui demande ce que les femmes devraient mieux connaître de la périménopause, Penélope Cruz insiste d’abord sur sa durée. <em>« Cela peut durer dix ou douze ans. Cela peut commencer dès 40 ans. Les hauts et les bas peuvent être très intenses »</em>, explique-t-elle. Son médecin l’avait prévenue dès l’âge de 41 ans que ses hormones pourraient connaître de fortes fluctuations pendant plus d’une décennie. <em>« J’ai pensé que c’était une très mauvaise blague et qu’il était impossible de gérer cela. »</em> confie l&#8217;actrice espagnole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle raconte ensuite son expérience marquée par des kystes ovariens récurrents et de fortes variations de son taux d’œstrogènes, passé, selon elle, de 30 à 500. «<em> Ils ont dit que le laboratoire s’était trompé et qu’il fallait refaire le test. Mais le résultat était juste. ». </em>Penélope Cruz explique pourtant avoir encore ses règles chaque mois, malgré d’importantes fluctuations hormonales. <em>« Elles montent, elles descendent, encore et encore. Les femmes doivent le savoir parce qu’il faut pouvoir s’y préparer. »</em></p>



<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DandtGRkhLH/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/reel/DandtGRkhLH/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; 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margin-bottom:0; margin-top:8px; overflow:hidden; padding:8px 0 7px; text-align:center; text-overflow:ellipsis; white-space:nowrap;"><a href="https://www.instagram.com/reel/DandtGRkhLH/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" color:#c9c8cd; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:normal; line-height:17px; text-decoration:none;" target="_blank">Une publication partagée par Allure Magazine (@allure)</a></p></div></blockquote>
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<div style="height:50px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">L’échange aborde ensuite des symptômes moins connus. Penélope Cruz rappelle que la périménopause est encore souvent résumée aux bouffées de chaleur, alors qu’elle-même dit n’en avoir jamais eu. Olivia Wilde évoque l’épaule gelée, ou capsulite rétractile, une manifestation méconnue qu’elle a découverte grâce à l&#8217;actrice. Olivia Wilde reconnaît avoir appris beaucoup au fil de cette conversation, qui éclaire une transition hormonale longue, marquée par des manifestations très variables et encore insuffisamment connues.</p>



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		<title>SERENA WILLIAMS : À 44 ANS, SON RETOUR SUR LES COURTS DÉCRYPTÉ PAR LA COACH SPORTIVE LUCILE WOODWARD</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 17:33:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Serena Williams revient sur un court. À 44 ans, l’ancienne numéro un mondiale reprend la compétition au Queen’s, en double avec la Canadienne Victoria Mboko, près de quatre ans après son dernier match officiel. Que demande un retour au très haut niveau après 40 ans, deux grossesses et une longue interruption ? On a posé [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Serena Williams revient sur un court. À 44 ans, l’ancienne numéro un mondiale reprend la compétition au Queen’s, en double avec la Canadienne Victoria Mboko, près de quatre ans après son dernier match officiel. Que demande un retour au très haut niveau après 40 ans, deux grossesses et une longue interruption ?</strong> <strong>On a posé la question à la coach sportive Lucile Woodward.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une longue pause, la priorité concerne la masse musculaire. Elle conditionne la puissance, la stabilité des appuis et la qualité des démarrages, trois dimensions essentielles dans le jeu de Serena Williams insiste <a href="https://www.instagram.com/lucilewoodward/?hl=fr">la coach Lucile Woodward </a><em> « Les femmes, à partir de 35 ans, perdent du muscle. Après 40 ans, on le perd de plus en plus vite »</em>. Même une championne de ce niveau compose avec cette réalité physiologique. Et pour remettre de l’intensité dans son jeu, encore faut-il que le corps suive. À l’approche de la périménopause, la baisse des œstrogènes fragilise tendons et ligaments. Pour une joueuse qui a bâti son tennis sur la puissance de frappe, l’entraînement devient  un enjeu de durée autant que de performance. «<em> La puissance, c’est la force combinée à la vitesse »</em>, définit la coach. À 44 ans, l’enjeu est de préserver cette alliance avec un corps transformé par l’âge, les maternités et les années sans compétition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce niveau, ce qui se joue entre les matchs compte autant que l’entraînement. Récupérer, dormir, bien s’alimenter&#8230;  Avec l’âge, ces paramètres prennent plus de place. Lucile Woodward rappelle aussi que l’alimentation des sportifs de haut niveau ne correspond pas toujours à l’image très contrôlée que l’on s’en fait. <em>« Ils ne mangent pas forcément ultra équilibré. »</em> glisse-t-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après 40 ans, la reprise du sport se prépare</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.lequipe.fr/Tennis/Actualites/Apres-son-retour-a-la-competition-au-queen-s-serena-williams-enchainera-a-berlin/1682023">Dans le cas de la championne américaine</a>, cette reconstruction physique s’inscrit aussi dans une carrière traversée par deux maternités. Longtemps, les athlètes ont repoussé la grossesse à la fin de leur parcours, comme si revenir au plus haut niveau relevait de l’exception. Le frein tient aussi à l’économie du sport. <em>« Très souvent, elles ne faisaient pas d’enfants parce qu’elles pensaient que si elles arrêtaient pendant deux ans, elles allaient perdre tout leur sponsoring »</em>, analyse Lucile Woodward. Le cas de Justine Dupont, surfeuse professionnelle, soutenue par Red Bull après la naissance de son enfant, montre que les lignes bougent. <em>« Garder des athlètes dans leur escarcelle alors qu’elles sont enceintes et sur leur retour, c’est un gros travail sur l’image. Mais cela raconte de très belles histoires. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La grossesse modifie aussi les repères du corps. Elle entraîne une perte de masse musculaire, assouplit les ligaments et peut changer les appuis. <em>« Parfois, lors d&#8217; une grossesse, tes pieds ont un peu grandi. Tu peux prendre une demi-pointure parce que tes pieds s’affaissent »</em>, explique la coach. Il faut alors retrouver son équilibre, ses marques, son agilité. Ce rapport au corps concerne aussi les femmes qui reprennent une activité après 40 ans. La tentation est souvent de repartir directement vers la course, le tennis, la natation ou le cardio, avec l’idée de retrouver son niveau ou de perdre du poids. <em>« Elles vont avoir envie de maigrir et essayer de retrouver leur niveau sans faire de musculation. »</em>. Pourtant cela reste le socle de toute reprise sportive. <em>« Courir demande des cuisses. Nager demande des épaules. Jouer au tennis demande du dos, des abdos &#8230; »</em> énumère Lucile Woodward.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La musculation reste pourtant un frein pour beaucoup de femmes, car elle rend le corps plus visible<strong>.</strong> L’idéal de minceur a longtemps poussé à prendre le moins de place possible. Lucile Woodward renverse cette lecture : <em>« Il faut arrêter que les femmes veuillent tout le temps se rendre invisibles, transparentes, brindilles. C’est tout le champ lexical de la disparition. »</em> Serena Williams donne à voir l’inverse. Son corps reste puissant, entraîné, encore engagé dans le jeu. Lucile Woodward y lit aussi le plaisir de continuer. <em>« Elle aime ce sport. On le sent. Que ce soit après les grossesses, à 44 ans, ça lui plaît. »</em> Dans le sport de haut niveau, la retraite signe souvent la sortie du terrain. Ici, l’image change. <em>« Elle est là, elle est visible. Et j’espère que même à 70 ans elle sera encore sur des tournois master. »</em></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/serena-williams-a-44-ans-son-retour-sur-les-courts-decrypte-par-la-coach-sportive-lucile-woodward/">SERENA WILLIAMS : À 44 ANS, SON RETOUR SUR LES COURTS DÉCRYPTÉ PAR LA COACH SPORTIVE LUCILE WOODWARD</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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		<title>CANNES : CE QUE LE TAPIS ROUGE RÉVÈLE DE LA VISIBILITÉ DES ACTRICES DE PLUS DE 50 ANS</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 May 2026 14:49:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A Cannes, Jane Fonda, Joan Collins, Isabella Rossellini, Catherine Deneuve, Demi Moore ou Philippine Leroy-Beaulieu rappellent qu’une femme de 60, 70 ou 80 ans peut encore occuper le tapis rouge. Mais cette visibilité reste très codée. Derrière les images glamour, le cinéma continue d’accorder une place étroite aux actrices qui avancent en âge. Une visibilité [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/cannes-ce-que-le-tapis-rouge-revele-de-la-visibilite-des-actrices-de-plus-de-50-ans/">CANNES : CE QUE LE TAPIS ROUGE RÉVÈLE DE LA VISIBILITÉ DES ACTRICES DE PLUS DE 50 ANS</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>A Cannes, Jane Fonda, Joan Collins, Isabella Rossellini, Catherine Deneuve, Demi Moore ou Philippine Leroy-Beaulieu rappellent qu’une femme de 60, 70 ou 80 ans peut encore occuper le tapis rouge. Mais cette visibilité reste très codée. Derrière les images glamour, le cinéma continue d’accorder une place étroite aux actrices qui avancent en âge.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une visibilité qui reste très codée. Sur les marches, l’âge devient regardable lorsqu’il demeure associé, en vrac, séparément ou cumulativement au prestige, à la célébrité, à la minceur, à la blancheur, au luxe et à une maîtrise parfaite des codes du glamour. Alyson Walsh, fondatrice du site <em data-start="797" data-end="816">That’s Not My Age</em>, résume ce paradoxe dans <em data-start="842" data-end="856">The Guardian</em> par une formule très nette : <em>« on peut être vieille, à condition de ne pas avoir l’air vieille ».</em> C’est ce qui rend ces images à la fois réjouissantes et insuffisantes. Voir Jane Fonda à 88 ans sur un tapis rouge n’a rien d’anodin. L’actrice n’est pas seulement regardée comme une star de cinéma. Elle est devenue une figure globale, à la croisée de l’engagement politique, du féminisme et du glamour hollywoodien. Sa présence à Cannes rappelle que certaines femmes âgées restent visibles lorsqu’elles ont déjà accumulé un capital symbolique considérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas de Philippine Leroy-Beaulieu dit autre chose. Son image publique s’est réactivée avec <em>Emily in Paris</em>, où son personnage de Sylvie Grateau a imposé une figure rare dans les séries mondialisées, une femme de plus de 60 ans regardée comme désirable, puissante, élégante, sans être renvoyée au rôle de mère ou de grand-mère. À Cannes, sa visibilité prolonge ce récit. Elle incarne une femme qui vieillit tout en restant pleinement inscrite dans les imaginaires du désir, de la mode et du pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Demi Moore occupe encore une autre place. Depuis <em>The Substance</em>, elle cristallise les discours sur le corps, l’âge et la violence du regard porté sur les femmes. Sa visibilité récente ne repose pas seulement sur son statut de star. Elle s’inscrit dans un moment culturel où l’industrie semble regarder plus frontalement ce qu’elle exige des actrices qui vieillissent : rester désirables, vendables, reconnaissables, tout en portant sur leur corps les traces acceptables du temps. Aux Golden Globes 2025, Demi Moore a résumé cette injonction avec une phrase qui a beaucoup circulé : <em>« Vous n&#8217;êtes jamais assez »</em>, avant d’ajouter que l’on peut connaître sa valeur en cessant d’utiliser la règle qui mesure sans cesse les femmes. Un discours qui contraste avec sa silhouette que de nombreux commentaires non sollicités s&#8217;empressent de qualifier d&#8217;anorexique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&#8217;âgisme et quelques exceptions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que ces trajectoires individuelles donnent à voir ne doit pourtant pas masquer la forêt de l&#8217;invisibilisation. Les femmes âgées que le tapis rouge célèbre restent des exceptions. Elles sont déjà consacrées, déjà légitimées, déjà intégrées à une histoire prestigieuse du cinéma, de la mode ou de la culture populaire. Joan Collins incarne le glamour spectaculaire. Isabella Rossellini réunit cinéma, mode et héritage familial mythique. Catherine Deneuve reste une institution du cinéma français. Toutes sont visibles, mais leur visibilité repose sur une reconnaissance acquise depuis longtemps. Cette rareté se joue dans les rôles, les scénarios et les imaginaires. Meryl Streep a souvent raconté qu’à 40 ans, <a href="https://abcnews.com/news/story/meryl-streep-admits-thinks-hollywood-ageist-27503680?">Hollywood lui avait proposé plusieurs rôles de sorcières. </a>Elle y voyait un signe de ce que l’industrie pensait des femmes qui passaient un certain âge, des figures marginales, inquiétantes, sorties du champ du désir ou du récit central.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nicole Kidman a formulé le problème autrement en recevant son SAG Award pour <em>Big Little Lies</em>. <em>« Comme il est merveilleux que nos carrières puissent aujourd’hui se poursuivre au-delà de 40 ans. »</em>, déclarait-elle, avant d’ajouter que les actrices avaient prouvé qu’elles étaient <em>« puissantes, influentes et pleinement légitimes »</em>. Il ne s’agit pas seulement d’être encore là après 40 ans, mais d’être encore considérée comme une force narrative, économique et symbolique. En France, cette disparition porte le nom du <a href="https://aafa-asso.info/"><em>Tunnel de la comédienne de 50 ans</em>.</a> Créée en 2015 au sein d’AAFA, Actrices et Acteurs de France Associés, cette commission documente depuis dix ans la sous-représentation des comédiennes de plus de 50 ans dans les fictions françaises. Son baromètre consacré aux films français de 2025 indique que les femmes de plus de 50 ans ne représentent que 11 % des rôles, alors qu’une femme majeure sur deux a plus de 50 ans en France. À l’inverse, les hommes du même âge restent beaucoup plus proches de leur poids réel dans la population française.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des baromètres éloquents</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les données américaines confirment ce déséquilibre. Le <em><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/geena-davis-denonce-le-manque-de-femmes-realisatrices-aux-etats-unis-2/">Geena Davis Institute</a></em>, en partenariat avec Next50, a analysé la représentation des femmes de 50 ans et plus dans les films et séries les plus vus entre 2010 et 2020. L’objectif de cette étude est de comprendre comment les personnages féminins âgés sont représentés, quels rôles leur sont attribués, et comment leur présence se réduit à mesure que l’âge avance. Cette invisibilité se combine avec d’autres rapports de pouvoir. En France, <a href="https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2021/12/08/diversite-a-l-ecran-les-personnages-non-blancs-minoritaires?" type="link" id="https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2021/12/08/diversite-a-l-ecran-les-personnages-non-blancs-minoritaires?">l’étude <em>Cinégalités – Qui peuple le cinéma français ?</em></a>, menée par le Collectif 50/50 sur 115 films français sortis en 2019, a montré que seuls 6 % des personnages principaux sont des femmes perçues comme non blanches. Le rapport relevait aussi que plus les personnages avancent en âge, plus la diversité régresse. Le tapis rouge de Cannes donne donc à voir une vieillesse très spécicique : majoritairement blanche, socialement privilégiée, physiquement conforme, très éloignée de la pluralité réelle des femmes qui vieillissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces constats, plusieurs initiatives tentent de déplacer les lignes. À Cannes, <em>Women in Motion</em>, lancé en 2015 par Kering en partenariat avec le Festival, met en lumière les femmes dans le cinéma à travers des talks, des prix et un soutien à des talents émergents. Le programme a contribué à installer la question de l’égalité dans l’un des lieux les plus visibles de l’industrie mondiale du cinéma. Aux États-Unis, la réponse passe aussi par l’écriture. <a href="https://twlstories.org/"><em>The Writers Lab</em> soutient des scénaristes femmes et non-binaires de plus de 40 ans,</a> avec l’appui de figures comme Meryl Streep, Nicole Kidman ou Oprah Winfrey. L’enjeu est décisif, car tant que les femmes de plus de 40 ou 50 ans restent absentes des espaces d’écriture, leurs personnages restent plus facilement périphériques, caricaturaux ou inexistants. L’expérience de la scénariste Katja Meier montre toutefois combien les résistances demeurent fortes. Après avoir intégré un programme destiné aux femmes autrices de plus de 40 ans, elle a raconté au <em>Guardian</em> que des sociétés de production avaient aimé son scénario, mais lui avaient demandé de rajeunir son personnage principal de vingt ans. Dans un rendez-vous, quelqu’un lui aurait même dit ne pas croire que les femmes de plus de 50 ans constituent un public valable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vrai changement ne se joue donc pas seulement sur les marches. Il doit s&#8217;inscrire dans les scénarios, les rôles, les castings, les budgets et les récits que l’industrie accepte enfin de confier aux femmes qui avancent en âge. Derrière l’éclat du tapis rouge, une question demeure, quelles femmes ont vraiment le droit de vieillir sous les projecteurs ?</p>
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		<title>CLAIRE RICHARD : « J’AI COMPRIS QUE JE N&#8217;ÉTAIS PAS SEULE À AVOIR PEUR DE RESSEMBLER À MA MÈRE  »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 May 2026 06:30:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son ouvrage « Pardonner à nos mères », la documentariste radio et autrice de 40 ans explore les relations tumultueuses qui unissent les filles et leurs mères, dans le contexte du patriarcat. Vous avez grandi en vous répétant un mantra : « Je ne serai jamais comme elle ». Pourquoi avez-vous cherché à comprendre ce qui sépare les filles [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans son ouvrage « Pardonner à nos mères », la documentariste radio et autrice de 40 ans explore les relations tumultueuses qui unissent les filles et leurs mères, dans le contexte du patriarcat.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez grandi en vous répétant un mantra : « Je ne serai jamais comme elle ». Pourquoi avez-vous cherché à comprendre ce qui sépare les filles de leurs mères ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que j&#8217;étais prise depuis très jeune dans un faisceau de difficultés avec ma mère. C&#8217;était assez douloureux, mais je n&#8217;en parlais jamais avec mes amies, je gardais cela privé. Je vivais la situation comme un problème interpersonnel plus que comme quelque chose de sociologique. Puis en 2019, alors que j&#8217;étais enceinte et traversée de plein de sentiments ambivalents, j&#8217;ai découvert le terme de « matrophobie », développé par la théoricienne féministe américaine Adrienne Rich*. Dans son livre « Naître d&#8217;une femme », elle parle de la peur des filles de devenir comme leur mère, notamment à travers l&#8217;expérience de la maternité, en raison de l&#8217;impossible équation que constitue cette institution dans une société patriarcale. C&#8217;est venu clarifier ce que je ressentais de puis longtemps.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>À ce moment-là, vous découvrez aussi que vous n&#8217;êtes pas seule à chercher à tout prix à éviter de ressembler à votre mère. Qu&#8217;est-ce que cela a changé pour vous ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&#8217;alors, je n&#8217;avais eu droit qu&#8217;à des explications psychologiques sur la relation avec ma mère qui ne me parlaient pas du tout. Là, tout à coup, je tenais une explication politique. Je me rendais compte qu&#8217;il y avait une expérience partagée autour de cette situation. L&#8217;appel à témoignages pour le livre est venu confirmé cela. Le concept de matrophobie m&#8217;est alors apparu comme une idée puissante que j&#8217;ai eu envie de faire voyager pour mieux la faire connaître.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En quoi une lecture féministe aide-t-elle à comprendre ces différends entre générations de femmes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand j&#8217;étais adolescente, je n&#8217;avais pas les outils féministes pour comprendre pourquoi je cherchais ainsi à m&#8217;opposer à ma mère et à m&#8217;éloigner de l&#8217;image et du rôle de la féminité qu&#8217;elle me renvoyait. Puis en grandissant, je me suis beaucoup intéressée aux théories féministes. Je trouve que lorsqu&#8217;on met le doigt sur un mécanisme, cela permet d&#8217;être moins à sa merci. Alors j&#8217;ai souhaité contribuer à cette cartographie féministe, sur ce que le patriarcat fait à nos relations intimes. Ceci dit, j&#8217;ai eu très peur de trahir la cause féministe, en pointant du doigt les mères. Surtout que les idées sexistes continuent de circuler vigoureusement parmi les jeunes générations et l&#8217;on pourrait être tentée de se concentrer sur la défense basique du féminisme. Jusqu&#8217;à ce que je me rende compte que cette thématique résonnait chez d&#8217;autres femmes et qu&#8217;il y a un enjeu féministe à explorer la question de la complicité des femmes dans la transmission du patriarcat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <br><strong>Cette lecture féministe aide-t-elle forcément à « pardonner à nos mères », comme l&#8217;évoque le titre de votre essai ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J&#8217;ai mis du temps à accepter ce titre, qui était plutôt une suggestion de mon amie et éditrice Victoire Tuaillon <em>[qui dirige la collection Les Renversantes, aux éditions Leduc]</em>. Souvent, la question du devenir des liens familiaux est posée à travers le pardon. Aussi parce que nous vivons dans une société très influencée par la pensée chrétienne. Personnellement, ce n&#8217;est pas un terme que j&#8217;utilise. Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;il s&#8217;agit de nos mères qu&#8217;il faut tout pardonner. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs eu des remarques au sujet de ce titre, qui peut créer des malentendus, en particulier pour des personnes victimes de violences physiques ou psychologiques. Avec ce titre, mon souhait était finalement plutôt de s&#8217;interroger sur ce qu&#8217;on fait de cette relation à nos mères et de cette injonction au pardon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu&#8217;est-ce qui peut quand même permettre de comprendre à vos yeux pourquoi un tel décalage s&#8217;opère entre les mères et leurs filles aujourd&#8217;hui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut comprendre que beaucoup de nos mères<em> [Claire Richard a 40 ans]</em> sont nées avant la généralisation de l&#8217;avortement. Elles font partie de la première génération ayant eu accès à la maîtrise de la contraception. Elles ont pu ouvrir pour la première fois ouvrir un compte à leur nom <em>[à partir de 1965 – voir </em><a href="https://jaipiscineavecsimone.com/60-ans-de-liberte-bancaire-pour-les-femmes/"><em>notre article</em></a><em>]</em>. Elles ont davantage travaillé, tout en devant assumer la double journée à plein pot. Même si la question de l&#8217;inégalité face au travail domestique avait été théorisé par les féministes dès les années 1970, cela a mis du temps à imprégner les mentalités. Surtout, il y a eu un gros <em>backlash [retour en arrière]</em> féministe dans les années 1980 et 1990. Nos mères ont grandi dans un monde encore plus sexiste que le nôtre, donc elles ont reproduit à un certain degré les structures sociales dans lesquelles elles ont elles-mêmes grandi, de manière inconsciente ou parfois dans une forme de protection pour tenter de nous adapter à ce monde inégalitaire. Il faut aussi se souvenir que toutes nos mères sont des filles, qui elles-mêmes ont grandi avec une mère en lutte ou en proie à la société patriarcale et les normes de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong> Les relations filles-mères sont-elles condamnées à ces difficultés ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, je ne pense pas. Du moins, je n&#8217;espère pas. J&#8217;ai justement entamé ce travail en imaginant qu&#8217;il pourrait aussi constituer une sorte d&#8217;archive d&#8217;une forme affective d&#8217;un temps donné. Je remarque qu&#8217;aujourd&#8217;hui, il y a de plus en plus de parents qui se préoccupent de la façon d&#8217;élever des filles de façon plus égalitaire. Il existe plus d&#8217;outils pour cela aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> <strong>Votre mère a-t-elle lu votre livre et est-ce venu réparer des choses entre vous ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&#8217;est pas un livre sur notre relation, j&#8217;en dis d&#8217;ailleurs assez peu de choses. Mais bien sûr elle l&#8217;a lu, c&#8217;était très important pour moi qu&#8217;elle puisse le lire avant qu&#8217;il soit publié. Elle m&#8217;a même dit qu&#8217;elle lirait deux fois, une fois de façon brute et une deuxième de façon plus analytique. Mais elle ne m&#8217;en a pas encore parlé, sans doute qu&#8217;elle n&#8217;y est pas prête. Pourtant, j&#8217;ai l&#8217;impression que depuis l&#8217;écriture et la publication du livre, quelque chose s&#8217;est déjà dénoué entre nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.placedeslibraires.fr/listeliv.php?base=allbooks&amp;mots_recherche=pardonner+%C3%A0+nos+m%C3%A8res"><em>Pardonner à nos mères</em></a><em>, coll. Les Renversantes, éditions Leduc, 192 pages, 17 euros, version numérique 12,99 euros</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">*Adrienne Rich, <em>« Naître d&#8217;une femme : la maternité en tant qu&#8217;expérience et institution »</em>, paru pour la première fois aux États-Unis en 1976, puis publié en français chez Denoël / Gonthier en 1981. Une réédition française vient également de paraître en avril chez Hors d&#8217;atteinte, sous le titre <em>« La Maternité obligatoire. De l’expérience intime au poids de l’institution ».</em><br><br><br></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br> </p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/claire-richard-jai-compris-que-je-netais-pas-seule-a-avoir-peur-de-ressembler-a-ma-mere/">CLAIRE RICHARD : « J’AI COMPRIS QUE JE N&#8217;ÉTAIS PAS SEULE À AVOIR PEUR DE RESSEMBLER À MA MÈRE  »</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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		<title>ALICE BRAHAM BAT LE RECORD BRITANNIQUE DU MARATHON CHEZ LES FEMMES DE PLUS DE 50 ANS</title>
		<link>https://jaipiscineavecsimone.com/alice-braham-bat-le-record-britannique-du-marathon-chez-les-femmes-de-plus-de-50-ans/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 May 2026 09:31:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À 50 ans, Alice Braham boucle le marathon de Londres en 2 h 36 min 25 s et bat le record britannique chez les femmes de plus de 50 ans. Son parcours raconte une autre histoire de l’âge, loin du ralentissement que l’on associe encore trop souvent aux femmes après 50 ans. Avant d’être cette [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>À 50 ans, Alice Braham boucle le marathon de Londres en 2 h 36 min 25 s et bat le record britannique chez les femmes de plus de 50 ans. Son parcours raconte une autre histoire de l’âge, loin du ralentissement que l’on associe encore trop souvent aux femmes après 50 ans.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d’être cette coureuse de 50 ans qui affole les chronos du marathon britannique, Alice Braham a été une athlète de haut niveau. <a href="https://athleticsweekly.com/news/alice-braham-leads-the-masters-record-breakers-in-london-with-236-aged-50-1040011014/"><em>Athletics Weekly</em> rappelle qu’elle a représenté la Grande-Bretagne chez les juniors </a>aux championnats du monde de cross-country en 1995. Sa carrière n’a pourtant rien d’une ligne droite. Sa carrière n’a pourtant rien d’une ligne droite. Mère de quatre enfants et désormais coach sportive, la Britannique a retrouvé le très haut niveau course après course. En 2024, elle boucle le marathon de Berlin en 2 h 39 min 42 s. En 2025, elle bat le record féminin du Jersey Marathon. À Londres, elle confirme la force d’un retour construit dans la durée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’espère prouver qu’il existe une longévité dans la course et que l’âge n’est qu’un chiffre »</em> a commenté la recordwoman à. l&#8217;arrivée du marathon. Un récit positif sur le vieillissement dans le sport qui change notre regard sur l&#8217;âge et le sport, renvoyant les injonctions dans les cordes. Son marathon ne raconte pas une performance arrachée malgré l’âge, mais ce que l’expérience peut produire quand elle s’ajoute à l’entraînement, à la précision et à la connaissance de soi. À Londres, Alice Braham a redéfinit le niveau attendu dans sa catégorie, loin d&#8217;une participation symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Reuters, l’épreuve a battu le record mondial du nombre d’arrivants, avec 59 830 coureurs. Dans cette édition dominée par les images spectaculaires, les performances auraient pu rester dans les pages spécialisées. <em>RunABC</em> a cité l&#8217;exploit de la marathonienne parmi les records marquants de la course. Le précédent record britannique des femmes de plus de 50 ans appartenait à Annabel Granger, coureuse du club Bristol &amp; West, avec un temps de 2 h 47 min 44 s au marathon de Chester en 2023. Alice Braham l’améliore de près de neuf minutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce record illustre un constat désormais bien documenté sur l’endurance physique après 50 ans. Chez les sportifs entraînés, la performance ne s’effondre pas brutalement à 50 ans. Les travaux publiés dans <em>The Journal of Physiology</em> montrent plutôt un déclin progressif, qui reste modéré jusqu’à 50-60 ans. D’autres recherches, parues dans <em>Scientific Reports</em>, indiquent aussi que l’écart entre femmes et hommes tend à se réduire avec l’âge et l’allongement des distances. L’expérience, la régularité de l’entraînement et la gestion de l’effort deviennent des ressources majeures sur les longues distances. </p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/alice-braham-bat-le-record-britannique-du-marathon-chez-les-femmes-de-plus-de-50-ans/">ALICE BRAHAM BAT LE RECORD BRITANNIQUE DU MARATHON CHEZ LES FEMMES DE PLUS DE 50 ANS</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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		<title>POURQUOI LES FEMMES DE 50 ANS SONT AU CŒUR DE LA PROCHAINE RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2026 14:42:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nous vivons plus longtemps, mais nos entreprises, nos systèmes de santé et nos imaginaires restent construits autour d’une vie courte. Et si la longévité était moins un problème à gérer qu’un bouleversement à penser ? Une transformation qui place les femmes de 50 ans et plus au cœur des enjeux économiques, sociaux et politiques de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nous vivons plus longtemps, mais nos entreprises, nos systèmes de santé et nos imaginaires restent construits autour d’une vie courte. Et si la longévité était moins un problème à gérer qu’un bouleversement à penser ? Une transformation qui place les femmes de 50 ans et plus au cœur des enjeux économiques, sociaux et politiques de demain.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous vivons plus longtemps, mais nous continuons à organiser nos existences comme si elles tenaient encore dans un scénario hérité du siècle dernier. On se forme dans la jeunesse. On travaille au milieu de sa vie. On se retire ensuite du jeu, comme si la retraite marquait mécaniquement l’entrée dans une zone de retrait social, économique et symbolique. Ce modèle en trois temps a longtemps structuré nos politiques publiques, nos entreprises, nos imaginaires familiaux et même notre manière de nous raconter. Il reste pourtant de moins en moins adapté à la réalité des trajectoires contemporaines. Les vies s’allongent, les carrières se fragmentent, les reconversions se multiplient, les séparations, les reprises d’études, les créations d’activité ou les engagements nouveaux apparaissent désormais à des âges que l’ancien logiciel rangeait déjà du côté de la sortie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce que souligne l<a href="https://longevity.stanford.edu/the-new-map-of-life-full-report/">e programme <strong>The New Map of Life</strong>, porté par le <strong>Stanford Center on Longevity</strong></a>. Ses chercheurs appellent à repenser toute l’architecture de nos vies à partir d’un fait simple : la perspective d’une vie de 100 ans change tout. Le rapport pointe l’obsolescence du modèle dominant, fondé sur <em>« trois étapes linéaires et distinctes : l’éducation, le travail et la retraite »</em>. Une formule qui résume à elle seule le retard de nos sociétés. Nous avons gagné des années, mais nous les avons ajoutées à la fin de la vie au lieu de redistribuer les possibles tout au long du parcours. Le même rapport formule l&#8217;idée  que <em>« Le milieu de la vie est un moment aussi légitime pour se lancer ou bifurquer que l’adolescence »</em>. Car l’enjeu n’est pas seulement de vivre plus longtemps. Il est de savoir ce que ces années supplémentaires rendent possible. Une femme de 52 ans qui bifurque professionnellement, une salariée de 57 ans qui se forme à un nouveau métier, une entrepreneure qui lance son activité à 60 ans ou une veuve qui retombe amoureuse à 72 ans ne devraient plus être présentées comme des exceptions attendrissantes. Elles incarnent une réalité massive, encore trop peu pensée, de la longévité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les femmes, ce déplacement est crucial. La cinquantaine reste encore trop souvent racontée à travers la perte supposée de désirabilité, de visibilité, de fécondité, de place dans l’entreprise, de centralité dans la famille. Or cette décennie correspond aussi, pour beaucoup, à un moment de clarification. Les enfants grandissent, les contraintes familiales se déplacent, les priorités changent, les compromis pèsent différemment. Certaines veulent transmettre. D’autres veulent créer. D’autres encore veulent reprendre la main sur une vie professionnelle qui les a trop longtemps assignées à la disponibilité, au soin ou à l’effacement. C’est là que la révolution de la longévité devient profondément politique. Elle interroge la manière dont une société autorise, ou empêche, les femmes qui vieillissent à continuer d’exister comme sujets de désir, de travail, d’ambition et de décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vieux monde a pensé la vie comme une ligne droite. La longévité nous oblige à la penser comme une trajectoire plus souple, encore faut-il que les institutions, les entreprises et les récits collectifs cessent de traiter ces élans comme des anomalies.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’économie n’a pas encore compris le pouvoir des plus de 50 ans</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le monde économique aime parler d’innovation. Il célèbre la disruption, les nouvelles technologies, les marchés émergents, les usages de demain. Mais il continue souvent à regarder la longévité avec les lunettes d’hier. Dès qu’il est question d’âge, le vocabulaire se rétrécit. On parle coût, dépendance, retraite, absentéisme, adaptation. Beaucoup plus rarement désir, pouvoir d’achat, expérience, transmission, création de valeur. C’est pourtant l’un des grands contresens de notre époque. Les plus de 50 ans ne sont pas une population périphérique. Ils représentent déjà une force économique massive. Selon l’AARP, l’économie mondiale de la longévité a contribué à hauteur de 45 000 milliards de dollars au PIB mondial en 2020. Cette contribution pourrait atteindre 118 000 milliards de dollars en 2050. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité oblige à renverser le récit dominant. Les plus de 50 ans sont trop souvent décrits comme un poids pour les systèmes sociaux, alors qu’ils soutiennent une part considérable de l’activité économique. Ils travaillent, consomment, épargnent, investissent, transmettent, accompagnent leurs proches, financent parfois leurs enfants adultes, soutiennent leurs parents âgés et prennent de plus en plus de décisions dans la santé, le logement, les loisirs ou les services. Mais ce pouvoir reste largement sous-estimé. Dans les entreprises, l’innovation reste encore associée à la jeunesse, comme si la capacité à inventer, apprendre ou transformer disparaissait avec l’âge. Ce réflexe traverse le recrutement, les campagnes publicitaires, les politiques RH et les représentations médiatiques. Le marché parle aux jeunes pour vendre à tout le monde. Il oublie au passage une génération qui concentre pourtant de l’expérience, du pouvoir de décision et une capacité d’influence considérable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines initiatives commencent à traduire ce changement de regard. <a href="https://ageing-better.org.uk/employer-pledge" type="link" id="https://ageing-better.org.uk/employer-pledge">Au Royaume-Uni, le Centre for Ageing Better a lancé l’Age-friendly Employer Pledge,</a> un engagement signé par plus de 500 organisations. L’objectif est d’aider les employeurs à mieux recruter, retenir et faire évoluer les personnes de 50 ans et plus. Le dispositif invite les entreprises à analyser leurs données d’âge, à revoir leurs pratiques de recrutement, à développer la flexibilité, à soutenir la formation tout au long de la vie et à mieux accompagner les questions de santé au travail. La formule choisie par l&#8221;association résume bien l’enjeu : <em>« Et si une main-d’œuvre vieillissante était considérée comme un avantage, plutôt qu’un obstacle ? »</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, ce décalage reste particulièrement visible. France Travail a lancé une <strong>Mobilisation 50+</strong> pour répondre à la situation des demandeurs d’emploi seniors. L’organisme rappelle que les personnes de 50 ans et plus restent en moyenne presque deux fois plus longtemps au chômage que les 25-49 ans, et que seuls 25 % retrouvent un emploi dans les six mois, contre 41 % des moins de 50 ans. Le sujet dépasse donc largement la question des seniors. Il oblige à repenser ce que l’on appelle talent, potentiel et innovation. Tant que la nouveauté sera confondue avec la jeunesse, les entreprises passeront à côté d’une partie décisive de la valeur disponible. Et tant que les plus de 50 ans seront considérés comme une catégorie à gérer plutôt que comme une puissance à intégrer, l’économie de la longévité restera un marché immense, mais mal compris.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les femmes sont au coeur du sujet de la longévité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parler de longévité sans parler des femmes revient à passer à côté du cœur du sujet. Elles vivent plus longtemps, avancent plus souvent dans l’âge avec des parcours professionnels fragmentés, assument une part majeure du soin aux autres et arrivent à la retraite avec des pensions plus faibles. <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/femmes-de-plus-de-50-ans-mener-monde/">Elles sont à la fois les grandes actrices de cette révolution démographique </a>et celles qui en supportent le plus durement les angles morts. L’<strong>AARP</strong> rappelle que la population mondiale des femmes de 60 ans et plus devrait presque doubler d’ici 2050, passant de <strong>605 millions en 2020 à 1,14 milliard</strong>. L’organisation souligne aussi leur rôle majeur dans l’économie de la longévité. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=0yDeW64YHQw">Les femmes de plus de 50 ans travaillent, consomment, soutiennent leurs proches, prennent des décisions financières, assurent une part considérable du care</a> et contribuent à la croissance par du travail rémunéré comme par du travail invisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette puissance reste pourtant très mal reconnue. Les femmes qui vieillissent cumulent plusieurs formes d’effacement. Dans l’emploi, elles subissent à la fois le sexisme et l’âgisme. Dans la famille, elles restent souvent désignées comme les grandes organisatrices du soin. Dans les récits médiatiques, elles disparaissent plus vite que les hommes du champ de la désirabilité, de l’ambition et du pouvoir. La longévité ne produit donc pas les mêmes effets selon le genre. Pour les femmes, vivre plus longtemps signifie aussi avancer dans une société qui continue de sous-estimer leur valeur à mesure qu’elles prennent de l’âge. En France, les chiffres du Défenseur des droits donnent un appui très clair à ce constat. <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/discriminations-dans-lemploi-des-plus-de-50-ans-un-tiers-des-seniors-se-disent-inquiets-quant-leur" type="link" id="https://www.defenseurdesdroits.fr/discriminations-dans-lemploi-des-plus-de-50-ans-un-tiers-des-seniors-se-disent-inquiets-quant-leur">Son baromètre 2024 montre que les discriminations dans l’emploi touchent davantage les femmes seniors que les hommes seniors</a>, avec <strong>26 % des femmes de plus de 50 ans concernées, contre 20 % des hommes</strong>. L’âge ne s’ajoute pas simplement au genre. Il le reconfigure. Le vieillissement d&#8217;une femme reste jugé à l&#8217;aune de norme plus sévères.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La ménopause dans le radar du vieillissement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La ménopause illustre parfaitement cette zone aveugle. Elle concerne des millions de femmes au moment même où elles possèdent de l’expérience, de l’autorité, des compétences et une connaissance fine de leur métier. Pourtant, elle reste encore trop rarement intégrée dans les politiques de santé au travail. Au Royaume-Uni, l’initiative <strong>Menopause Workplace Pledge</strong>, portée par <strong>Wellbeing of Women</strong>, a été signée par plus de <strong>7 800 organisations</strong>. Le dispositif appelle les employeurs à mieux soutenir les personnes concernées par la ménopause, à former les managers et à adapter les environnements de travail. <em>« Les femmes représentent près de la moitié de la main-d’œuvre britannique, mais beaucoup se sentent contraintes de réduire leurs horaires, de renoncer à des promotions ou même de quitter leur emploi faute de soutien autour de la ménopause. » </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La longévité féminine ne peut donc pas être pensée uniquement comme une avancée biologique ou démographique. Elle oblige à regarder ce que les femmes donnent tout au long de leur vie, ce qu’elles produisent, transmettent. Travail rémunéré, charge mentale, soutien aux enfants adultes, aide aux parents âgés, engagement associatif, consommation, expertise professionnelle, mémoire collective. Une grande partie de l’économie repose déjà sur elles, mais cette contribution reste souvent dispersée, naturalisée, peu comptabilisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pour ces multiples raisons que la révolution de la longévité devient un enjeu féministe. Elle peut ouvrir une période nouvelle, faite de reconversions, de puissance économique, de transmission et de liberté. Elle peut aussi reconduire les vieux déséquilibres si elle se contente d’ajouter des années à des vies déjà traversées par les inégalités. La question centrale n’est donc pas seulement de vivre plus longtemps. <a href="https://fondationdesfemmes.org/note/le-cout-de-la-seniorite-des-femmes/">Elle est de savoir dans quelles conditions les femmes avancent dans l’âge, avec quelle reconnaissance, quelle sécurité financière, quelle place dans le travail et quelle visibilité dans la société.</a> Les femmes de 50 ans et plus ne sont pas une sous-catégorie du vieillissement. Elles sont l’un des visages les plus puissants de la longévité. Les regarder comme telles, c’est changer de perspective. Ce n’est plus leur demander de s’adapter à un monde qui les efface trop tôt. </p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/pourquoi-les-femmes-de-50-ans-sont-au-coeur-de-la-prochaine-revolution-economique/">POURQUOI LES FEMMES DE 50 ANS SONT AU CŒUR DE LA PROCHAINE RÉVOLUTION ÉCONOMIQUE</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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