Face aux menaces qui pèsent sur le droit à l’avortement aux Etats-Unis et dans certains pays européens, « Les écarlates », le collectif lancé par 5 femmes, dont Anne Broussard, Anne-Laure Gruet et Ophélie Koering a mené une action éclair le 4 juin devant l’Ambassade des Etats-Unis à Paris.
Une trentaine de femmes ont rapidement grimpé les escaliers du métro pour se poster devant l’Ambassade Américaine, place de la Concorde. Servantes écarlates, vêtues de capes rouges et coiffes blanches, telles les héroïnes du roman dystopique de Margaret Hatwood, les militantes de tous âges du mouvement citoyen, féministe et pacifiste « Les Ecarlates » ont choisi de lire leur manifeste. Riposte à la politique criminalisant le droit à l’avortement aux Etats-Unis, il débute ainsi : « Simone de Beauvoir nous avait prévenu.es. N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse, pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis« . L’actualité lui a donné raison.
En France 1/3 des femmes a recours à l’IVG au moins une fois au cours de sa vie.
Manifeste
Une riposte écarlate
L’Alabama, le Missouri, le Texas figurent au nombre des Etats Américains qui ont décidé d’anéantir le droit à l’avortement garanti par la Cour Suprême des Etats-Unis depuis 1973. Un obscurantisme bien partagé par 28 des 50 Etats américains. La mise en oeuvre de la politique Trumpiste, niant le droit des femmes à disposer de leur corps résonne aussi en Europe. « On voit bien le recul de la législation en Italie où 80% des médecins refusent de pratiquer une IVG. Au Portugal, l’avortement n’est plus gratuit. Pour vous découragez, on vous donne le montant des prestations auxquelles vous auriez droit si vous meniez votre grossesse à son terme » se désole Anne Laure Gruet, l’une des co-fondatrices des « Ecarlates’ qui a choisi de riposter avec un happening parfaitement mené.
Le droit à l’avortement suffisamment garanti en France ?
La banderole déroulée par les manifestantes récapitule : « 50% des avortements dans le monde sont clandestins. 1 femme en meurt toutes les 9 minutes ». Un décompte tragique témoignant de l’absence ou de la fragilité de ce droit fondamental. C’est pourquoi le manifeste demande « que soit inscrit dans la Constitution Française, le droit à la contraception et à l’avortement, pour toutes et sans condition ». Un amendement émanant d’élus UDI-Agir, LFI et de M’jid El Guerrab (non-inscrit) avait été rédigé en ce sens l’année dernière rappelle Anne Laure Gruet. Sans succès, au motif que ces droits étaient suffisamment garantis. Jusqu’à quand ?