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	<title>Archives des violences sexuelles - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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	<title>Archives des violences sexuelles - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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		<title>AVEC &#8220;BALANCE TA BULLE&#8221; 60 ILLUSTRATRICES TÉMOIGNENT  DES VIOLENCES SEXUELLES SUBIES</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2020 11:29:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#8220;Balance ta bulle&#8221; est un roman graphique collectif porté par 60 femmes bédéistes du monde entier. Chacune d&#8217;elle raconte le harcèlement, le viol et toujours la nécessité de se reconstruire. En France, l&#8217;ouvrage est édité par Florent Massot, électron libre et militant qui publie les écrits de femmes engagées. Comment est né cet ouvrage ? [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8220;Balance ta bulle&#8221; </em>est un roman graphique collectif porté par 60 femmes bédéistes du monde entier. Chacune d&#8217;elle raconte le harcèlement, le viol et toujours la nécessité de se reconstruire. En France, l&#8217;ouvrage est édité par Florent Massot, électron libre et militant qui publie les écrits de femmes engagées</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment est né cet ouvrage ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il était dans le catalogue de l’éditeur à Francfort, avec un autre que nous sortiront en janvier 2021, que l&#8217;on a traduit par <em>&#8220;Trajectoires de femmes&#8221;</em>. Ces 2 livres ont attiré mon attention. Ils traitent du même sujet, de la violence faite principalement aux femmes et en montrent le côté quasi systémique. Malheureusement c&#8217;est plus la norme que l’exception. Ce que je trouvais intéressant dans <em>&#8220;Balance ta bulle&#8221;</em> et <a href="https://www.liberation.fr/debats/2018/03/28/roxane-gay-revoltee-de-la-normalite_1639594">Roxane Gay</a> (autrice de <em>&#8220;Bad Feminist</em>&#8220;) le dit dans la préface, parmi les 60 illustratrices, il n’y en a qu’une qui a hésité en disant je ne sais pas quoi exactement raconter. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&#8217;est ce qui démontre le côté systémique des violences faites aux femmes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si cela a été désagréable pour beaucoup, sans doute la BD la plus difficile à faire de leur carrière, toutes ont eu tout de suite une idée par rapport à la violence sexuelle, verbale ou physique. Le côté systémique qui fait que la plupart des femmes a une histoire de violence qu’elle peut raconter, c’est glaçant !  Metoo le montrait un peu, mais on a tendance a dire oui mais ce sont les acteurs, mais non, c’est partout dans le monde. Il y a des histoires très dures à lire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les planches sont parfois difficiles à regarder. Est ce que c’est parce que la forme donne plus de poids et de force au discours que vous vous êtes intéressé à ce format graphique&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On vit une expérience de lecture nouvelle par rapport aux témoignages de livres. Voir ça graphiquement rend encore plus proche du réel, il y a un aspect reportage. Mais je ne me suis jamais senti voyeur. Le traitement de la violence au cinéma par exemple à Hollywood peut parfois être malsaine .Ce qui n’est jamais le cas ici.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.jaipiscineavecsimone.com/wp-content/uploads/2020/10/Capture-décran-2020-10-08-à-19.53.26.png" alt="" class="wp-image-20929"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une majorité des femmes a vécu ce type d’expérience, on peut se dire que c’est un peu de notre histoire qu’elles racontent ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"> Il y a un trait d’union avec le lecteur qui passe par la création. Mais c’est quand même très dur. A chaque fois que j’ai offert ce livre je dis lisez le quand votre mental est disposé parce que c’est un livre dur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous êtes très militant, vous éditez des personnalités fortes, est ce que cela a toujours été un parti pris dans votre travail d’éditeur&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai publié <a href="https://www.marieclaire.fr/virginie-despentes,1350638.asp">Virginie Despentes</a> en 1994 et 95, ce qui m’avait plu dans l’écriture de Virginie c’était ce côté radical et à l’époque où les femmes ne pouvait pas écrire certaines choses dans la littérature. Notamment ce qui avait fait le plus scandale dans <em>«&nbsp;Baise-moi&nbsp;»</em> c’était la scène des règles. Il faut imaginer qu’on a reçu des lettres d’insultes disant que c’était un scandale. Non pas que l’héroine tue des hommes mais qu’une fille ait ses règles et qu’elle en parle ! Il faut voir le chemin parcouru en 26 ans, on part de très loin, d’une parole complètement muselée pour les femmes et j’ai voulu avoir des auteurs qui puissent s’exprimer. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment concevez -vous votre rôle ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est de savoir comment rester à sa juste place sans se prendre pour le sauveur et ne pas prendre la parole à la place des femmes. Je fais très attention à ne pas être celui qui permet aux femmes de parler. Ce n&#8217;est pas le cas, je pense qu’aujourd’hui les femmes ont pris la parole et n’ont pas besoin de moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C&#8217;est votre aspect militant ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu’il n’y aura pas d’écologie sans égalité homme femme tout comme il n’y a pas de spiritualité sans égalité. Chacun a son masculin et son féminin, à nous de travailler le bon masculin et le bon féminin et aux hommes de se réconcilier avec leurs bons masculin. On a tous un travail à faire et le militantisme c&#8217;est aussi aller vers des livres pour les hommes. Commençons à réfléchir à ce qu’est le bon masculin aussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>On assiste à des réactions très violentes par rapport au discours féministes, comment analysez-vous ces tensions&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"> Il y a quand même dans ce monde qui est en totale révolution une redistribution de ce qui peut être la richesse de la vie. Beaucoup de gens se retrouvent déstabilisés et ça passe par une forme de violence, de peur de perdre ses acquis ou son pouvoir. J’ai édité <em>le guide du féminisme pour les hommes</em> écrit par deux professeurs américains. Et le message principal était de dire : on aimerait être dans une société où les hommes deviendraient féministes sans intérêt pour leur montrer qu’ils ont tout à gagner y compris dans leur couple. Pourquoi conserver des choses qui sont dysfonctionnantes ? Ça crée beaucoup de tensions que <a href="https://emmaclit.com/mes-parutions/">la bédéiste Emma</a> raconte très bien sur la charge mentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On veut tous conserver des repères de certaines choses dans les sociétés en mouvement. Mais les gens n’ont pas toujours conscience de leur côté conservateur. Moi j’aime bien parler de mutants et de militants. Dans le monde mutant que je fréquente, je suis surpris parfois d’une forme de misogynie qu’il peut y avoir parfois de la part de certains hommes et de certaines femmes qui abondent dans le même sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le roman graphique est un mode d’expression qui prend de l’ampleur, quelles sont les raisons de cet engouement ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous allons en développer beaucoup au travers d’une collection sous un angle pédagogique. Ils auront vocation à rendre plus explicite des concepts un peu compliqué. La BD peut le permettre, c’est un gros travail très difficile mais quand on réussit c’est formidable. J’avais travaillé Sur <a href="https://www.challenges.fr/lifestyle/l-incroyable-succes-de-la-bd-economix-qui-vulgarise-les-grandes-theories-economiques_563256"><em>Economix</em> </a>pour les Arènes, la première BD qui racontait l&#8217;histoire de l’économie. Elle a connu un énorme succès. Dans ce monde en mouvement, on a besoin d’avoir des livres accessibles et le roman graphique le permet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que vous êtes considéré comme un OVNI dans le milieu de l’édition &nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">je suis un OVNI.  J’ai été éditeur à 17 ans avec un premier livre de photos. Je suis un autodidacte, un électron libre. Mais je ne me vis pas comme quelqu’un d’isolé, j’assume complètement de faire partie de ce milieu de l’édition. Mais je fais les choses autrement. Je vais peut-être chercher des choses qui ont été refusées par pas mal d’éditeur. Par exemple quand j’étais directeur de collection aux éditions Les Arènes, j’avais amené <em>&#8220;La vie secrète des arbres&#8221;</em> qui a été un énorme succès parce que je m’intéressais à la communication des plantes. C’était pas gagné ! Finalement on a tapé dans le mille. Je suis beaucoup sur le terrain à la rencontre des gens, sans doute plus que d’autres éditeurs qui sont plus dans le texte. Faire de la BD, de l’essai, du roman, en principe ce sont de très grosses maisons qui font ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel est le fil directeur de vos publications ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fil conducteur c’est le contenu. Il y a un vrai lien entre tous ces contenus qui se nourrissent les uns les autres. C’est comme un écosystème.  je ne m’interdis aucune forme. Ce que nous sommes en train d’amener avec des auteurs féminins c’est quelque chose qui n’existait pas vraiment. J’espère faire sortir du côté un peu machiste de la BD française.  on l’a vu avec Emma qui a été extrêmement attaquée par des auteurs masculins. C’est compliqué d’être une femme bédéiste, mais tout ça va céder parce que le public sera là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sortie le 22 octobre</strong></p>
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		<title>JULIENNE LUSENGE L&#8217;ACTIVISTE QUI REND SA DIGNITÉ AUX CONGOLAISES</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Jul 2017 19:33:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ailleurs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Co-fondatrice et Présidente du SOFEPADI (Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral-2000) en République Démocratique du Congo et Directrice du FFC (Fonds pour les femmes congolaises-2010), Julienne Lusenge, native du nord Kivu à l’est du pays milite pour la reconnaissance des droits des femmes et l’égalité des genres. Conditions indispensables à la prévention [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Co-fondatrice et Présidente du SOFEPADI (Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral-2000) en République Démocratique du Congo et Directrice du FFC (Fonds pour les femmes congolaises-2010), Julienne Lusenge, native du nord Kivu à l’est du pays milite pour la reconnaissance des droits des femmes et l’égalité des genres<em>. </em>Conditions indispensables à la prévention des conflits qui gangrène son pays et particulièrement <a href="http://www.la-croix.com/Monde/Afrique/LEst-RD-Congo-dechire-22-guerre-2016-08-15-1200782377">la région du Kivu depuis plus de 20 ans</a> . Elle met en oeuvre une politique globale qui ne se contente pas d’assister les victimes de violences sexuelles. Elle mène un combat inclusif pour rendre ces femmes activistes du changement. «Les conflits sont menés sur les corps des femmes, nous sommes le champ de bataille. Mais nous sommes également les mieux placés pour analyser, faire la médiation et résoudre les conflits de manière équitable et durable». Membre du Conseil Consultatif de ONUFEMME, elle veille via le FFC à l’application de <a href="http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/1325(2000)">la Résolution 1325 &#8220;Femmes, Paix et Sécurité&#8221;</a> des Nations Unies relative à la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre adoptée en 2000. «&nbsp;Les droits des femmes sont également considérés comme un luxe, jamais fondamental, toujours une monnaie de négociation et la première chose à retirer de la table de négociation». L&#8217;intégration socio-économique des victimes de violence genrée est l’une des spécificités des actions menées par Julienne Lusenge. Son engagement à valeur universelle. Entretien.</strong></p>
<p><strong>Comment est né votre engagement&nbsp;?</strong></p>
<p>Je suis engagée dans la justice sociale depuis l’enfance. J’ai été marqué par mon père. C&#8217;est lui qui m&#8217;a appris à à défendre le droit des femmes. Je le faisais partout. A l’école et dans mon travail. J’ai été six ans journaliste dans une radio communautaire où j&#8217;animais des émissions centrée sur le rôle des femmes dans la vie publique, je rencontrais les gens. Je voyais les souffrances des communautés et l’engagement de leurs membres pour s’en sortir. Tout ça m’a marqué. Et surtout j’ai vu les femmes pendant les guerres dans notre pays. De quelle façon elles sont maltraitées, violées. Je ne peux même pas décrire ce qu’elles subissent&nbsp;!</p>
<p><strong>Quelle est la situation au Congo ?</strong></p>
<p>La situation reste dominée par l’absence d’organisation de toutes les élections. Ce qui suscite beaucoup de tension. Les sénateurs, députés provinciaux ainsi que les gouverneurs et vice-gouverneurs sont hors mandat depuis l’année 2011.Tandis que Le Président de la République (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Kabila">Joseph Kabila)</a> et les députés nationaux ne sont plus légitimes depuis le 19 décembre 2016. Sur le plan sécuritaire, il y a de fortes tensions conduisant à des graves violences. Au sein des différentes communautés de l&#8217;Est, la présence des groupes armés étrangers et locaux ne cesse d&#8217;endeuiller les communautés qui subissent régulièrement les affres des conflits. Le kidnapping des enfants et des adultes est devenu récurrent. Les ravisseurs demandent des rançons aux familles. La population réclame l’alternance au pouvoir.</p>
<p><strong>Vous souhaitez de nouvelles élections&nbsp;?</strong></p>
<p>Nous les attendons vraiment&nbsp;! Il n’y a pas les services de base. Pourquoi continuer avec le même régime&nbsp;? Nous n’avons pas vu les grands voleurs des biens publics être punis&nbsp;! Ils sont déplacés d’un poste à un autre. Nous voulons voir un changement de régime, des acteurs nouveaux. C’est la responsabilité de chaque congolais. Les tentatives d’alternance ont échoué jusqu’à maintenant.</p>
<p><strong>Quelle place a la femme dans la société congolaise ?</strong></p>
<p>La femme Congolaise vit au quotidien plusieurs formes de violations de ses droits et de discrimination dans le ménage et dans la famille. Elle est sous représentée au niveau politique, dans les institutions publiques et privées du pays. Sur le plan national, provincial et local, la proportion de femmes qui participent aux cercles des prise de décision est faible. De même que dans les initiatives de résolutions des conflits et le processus de paix. Elles n’y sont pas équitablement impliquées et subissent les décisions prises par les gouvernants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>La RDC est considérée comme l&#8217;un des pays&nbsp;du monde le moins favorable aux femmes, avec des taux élevés de disparités en ce qui concerne l&#8217;éducation, les droits liés à la santé sexuelle et reproductrice, les droits fonciers, l&#8217;accès aux libertés civiles, la représentation politique et les services sociaux de base.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Est ce qu’il y a une prise de conscience de la société congolaise. Est ce que les mentalités commencent à changer&nbsp;?</strong></p>
<p>Tout est venu de l’action de groupe de femmes. Il y a des régions qui ont été suffisamment soutenues par les partenaires occidentaux. Ils ont envoyé des fonds afin que les associations travaillent pour &#8220;conscientiser&#8221; les membres des communautés, les jeunes, les leaders d’opinion, les chefs coutumiers et les victimes. Mais certaines régions n’ont pas réussi, ou n’ont pas reçu le même soutien. Les coutumes restent encore trop fortes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_2690" aria-describedby="caption-attachment-2690" style="width: 586px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-2690" src="http://www.jaipiscineavecsimone.com/wp-content/uploads/2017/07/Twiiter-SOFEPADI.png" alt="Twitter SOFEPADI" width="586" height="500"><figcaption id="caption-attachment-2690" class="wp-caption-text">Twitter SOFEPADI</figcaption></figure></p>
<p><strong>Vous réfutez cependant la notion de «&nbsp;culture du viol&nbsp;»&nbsp;?</strong></p>
<p>Dans la plupart de nos communautés traditionnelles, le viol n’était pas accepté. Il y avait des règles qui bannissaient les violeurs. Ils étaient chassés du village. Cependant dans d’autres communautés il y avait des rituels qui favorisaient le viol. On offrait une jeune fille vierge lors de l’investiture du chef ou pour résoudre un conflit entre les communautés. Si un homme était tué, elle était alors donnée au frère du défunt pour perpétuer la progéniture de la personne tuée. Depuis l’arrivée des rwandais nous avons vu les viols changés de nature programmer pour détruire l’organe de la femme.</p>
<p><strong>Votre constitution pourtant reconnaît la parité homme/femme&nbsp;?</strong></p>
<p>C’est le cadre légal. Le nouveau code de la famille offre les mêmes droits aux homme et femmes. La RDC a ratifié plusieurs conventions internationales. Cependant la mise en œuvre de tous ces textes et la volonté politique posent problème. Le gouvernement ne nous soutient pas.</p>
<p><strong>Comment&nbsp;expliquer le manque de soutien de la part du gouvernement ?</strong></p>
<p>Au départ il pensait qu’on était là pour le mettre en cause sur la sécurité des populations et la protection des femmes. Dénigrer le pays à l’étranger quand on parlait des violences sexuelles. Les choses ont évolué avec <a href="http://www.un.org/sexualviolenceinconflict/fr/qui-sommes-nous/a-propos-du-representant-special/">l’action du rapporteur spécial des Nations Unies madame Bangura</a>. Elle a beaucoup travaillé au côté du gouvernement pour l’amener à accepter la réalité des faits. C’est un problème de santé publique et il fallait que le gouvernement s’engage. Elle a obtenu du gouvernement un communiqué conjoint signé par le Premier Ministre, le Ministre de la défense et les Nations Unies qui engage le gouvernement à lutter contre les violences faites aux femmes en sanctionnant les militaires auteurs de ces crimes. Elle a amené aussi le Président de la République a engagé <a href="http://femmes.blogs.challenges.fr/archive/2016/01/15/jeanine-mabunda-la-femme-qui-brise-le-silence-en-republique-109962.html">une conseiller spéciale Jeanine Mabunda</a> chargée de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants. Mais 60% des auteurs de ces crimes sont des civils. Il reste un grand travail d’éducation a mené auprès des jeunes et de toutes les couches de la population pour qu’on arrive au changement.</p>
<p><strong>Comment éduquer les populations ?</strong></p>
<p>Nous allons dans les écoles, dans les villages pour vulgariser la loi et montrer les conséquences de ces crimes sur les communautés. Ce sont les tranches d’âge des personnes actives qui sont attaquées. Les enfants de 2 à 17 ans et les femmes de 18 à 45 ans ont des maladies sexuellement transmissibles, le sida ou des séquelles qui ne leur permettront plus d’être actives pour la communauté. Notre travail est d’informer en langue locale sur les radios. Organiser des rencontres pour discuter de ces questions et en débattre avec les femmes et les hommes. Nous allons aussi dans les églises pour travailler avec les pasteurs,les imams, les prêtres pour les amener à s’impliquer dans la lutte. Nous voyons vraiment un changement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Le FFC soutient les organisations qui luttent pour changer les normes sociales, les coutumes et pratiques discriminatoires. Par exemple en incitant les hommes et les garçons à promouvoir une &#8220;masculinité positive&#8221;&nbsp; avec respect, amour et attention</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment amenez vous les femmes victimes à devenir actrices du changement ?</strong></p>
<p>Après une prise en charge holistique les survivantes sont constituées en groupe de soutien. Nous les informons de la loi et de leurs droits. On les transforme pour qu’elles deviennent elles mêmes des activistes, actrices du changement. Elles apprennent un métier. Elles prennent en charge leur famille. C’est elles qui paient les loyers, l’école des enfants, les soins médicaux. Toutes les charges sociales retombent sur les femmes. Les salaires des maris n’arrivent pas. L’Etat congolais ne paie pas les fonctionnaires.</p>
<p><strong>Vous prônez un processus inclusif ?</strong></p>
<p>Des femmes se regroupent au sein d’ateliers de couture. On achète les machines et tissus. Elles s’installent et cousent des uniformes pour les enfants. Elles prennent ainsi de l’importance dans la communauté. Elles font pression pour l’aboutissement de leurs dossiers devant la justice, pour encourager les autres survivantes à dénoncer et venir chercher de l’aide auprès des organisations. C’est une <em>détraumatisation</em> collective.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Nous qui étions des laissés pour compte sommes aujourd’hui valorisées car nous pouvons apporter du soutien financier à nos communautés en travailler.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vous insistez sur l’importance de rendre la justice dans les villages&nbsp;?</strong></p>
<p>Les jugements qui se font à la Haye c’est bien mais les gens ne se rendent pas compte de la situation et les victimes n&#8217;en sont même pas informées&nbsp;! Elles se sentent abandonnées. Beaucoup sont mortes avant qu’un jugement soit rendu. Nous amenons donc les tribunaux dans le village. Nous prenons tout en charge pour que les auteurs des faits soient jugés devant les membres des communautés et des familles là où les crimes ont été commis. Les femmes retrouvent leur dignité au sein de leur communauté. Nous voulons que le droit moderne s’applique mais sans revenir au droit coutumier. Nous avons demandé la formation de tribunaux spéciaux pour le Congo mais la communauté internationale a trouvé que c’était la mer à boire&nbsp;! alors que pourtant il y en a eu au Rwanda, et il va y en avoir en Centreafrique pourquoi pas au Congo&nbsp;?</p>
<p><strong>Qui sont vos partenaires&nbsp;?</strong></p>
<p>Pour <a href="http://www.sofepadirdc.org/">SOFEPADI</a> nos partenaires financiers sont la fondation Oak basée à Genève, la fondation American Jewish World Service (AJWS), la fondation NoVo et nous avons travaillé avec les ambassades de France et de Norvège, des Pays-Bas. Avec les fondations nous avons des contrats de 3 ans et nous pouvons affecter les fonds là où sont les besoins. C’est une véritable chance&nbsp;! Mais il faut que les donateurs soient patients et continuent à soutenir effectivement notre travail. Certains au bout de 6 mois abandonnent. Notre travail doit être soutenu à long terme pour que l’on obtienne des résultats. Les entreprises congolaises ne donnent pas de fonds pour les actions humanitaires ou sociales.</p>
<p><strong>Quels sont vos prochains objectifs&nbsp;?</strong></p>
<p>Nous continuons de travailler sur la paix pour résoudre les conflits au niveau local et national en plaidant auprès des acteurs politiques pour qu’on ne retombe plus dans la violence comme cela a été. Nous en appelons chaque jour aux consciences des politiques et principalement à la majorité présidentielle. Il y a des cas graves de violences sexuelles. Nous devons bâtir la démocratie dans notre pays pour que chaque congolais puisse un jour respirer la paix et profiter de toutes les richesses qui regorgent dans notre pays. Ca ne peut pas être l’apanage d’un groupe de gens.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/julienne-lusenge-lactiviste-qui-rend-sa-dignite-aux-congolaises/">JULIENNE LUSENGE L&#8217;ACTIVISTE QUI REND SA DIGNITÉ AUX CONGOLAISES</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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