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	<title>Archives des tabou - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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	<title>Archives des tabou - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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		<title>LA MÉNOPAUSE, LE DERNIER TABOU ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Aug 2019 13:46:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Ménopause]]></category>
		<category><![CDATA[tabou]]></category>
		<category><![CDATA[traitement hormonal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En France, six millions de femmes sont ménopausées. Une large population &#8220;abandonnée&#8221; par la médecine selon la gynécologue Brigitte Letombe, membre du comité scientifique du Groupe d&#8217;Etude sur la Ménopause et le Vieillissement Hormonal (GEMVI). Parler de sa ménopause demeure tabou. Les femmes qui vivent cette ultime transformation physiologique ne sont toujours pas écoutées. &#8220;Les [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>En France, six millions de femmes sont ménopausées. Une large population &#8220;abandonnée&#8221; par la médecine selon la gynécologue Brigitte Letombe, membre du comité scientifique du Groupe d&#8217;Etude sur la Ménopause et le Vieillissement Hormonal (GEMVI).  </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parler de sa ménopause demeure tabou. Les femmes qui vivent cette ultime transformation physiologique ne sont toujours pas écoutées. &#8220;Les médecins généralistes sont trop peu formés par choix ou par manque de temps et les gynécologues obstétriciens sont débordés par les activités chirurgicales, échographiques et obstétricales&#8221;. Spécialiste de la ménopause, Brigitte Letombe analyse ce désintérêt à l&#8217;aune de l&#8217;arrêt de la formation en gynécologie médicale, discipline qui prend en charge la femme notamment au cours de la ménopause. Cette spécialisation a tout simplement été effacée du cursus universitaire en 1986.&#8221;La gynécologie médicale n’existant pas en dehors de la France, au nom de l&#8217;harmonisation européenne, elle devait disparaitre&#8221;.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une pénurie de consultations pour les femmes ménopausées</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une décision peu visionnaire qui mobilise <a href="https://www.liberation.fr/tribune/1999/10/05/la-disparition-des-gynecologues-medicaux-est-programmee-depuis-1986-la-petition-qui-defend-cette-spe_285456">300 000 pétitionnaires</a> à la fin des années 90. En 2003, un Diplôme d&#8217;Etudes Spécialisées de gynécologie médicale refait surface après une interruption  de 17 ans. &#8220;Aujourd&#8217;hui on retrouve un tissu gynécologique médical avec 90 postes sur tout le territoire, mais avec des gynécologues beaucoup plus jeunes que leurs patientes qui ne sont pas encore très à l&#8217;écoute&#8221;. Maud Petit, députée du Val-de-Marne constate dans <a href="https://www.lequotidiendumedecin.fr/liberal/exercice/penurie-de-gynecologues-medicaux-buzyn-veut-rattraper-vingt-ans-dindigence">Le Quotidien du Médecin</a> : &#8220;Dans 6 départements métropolitains (&#8230;) la pénurie se ressent : il faut des mois pour un rendez-vous, les consultations sont parfois éloignées du domicile, alors les femmes renoncent à se soigner&#8221;. Idem sur le territoire, les femmes qui entrent dans cette période n&#8217;ont souvent d&#8217;autres choix que l&#8217;automédication. &#8220;Elles achètent de la phytotéraphie. Elles font tout ce qui est alternatif et quand vraiment elles ne vont pas bien, elles essaient de trouver un gynéco qui peut les prendre en charge&#8221; explique Brigitte Letombe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&#8217;étude qui crée la défiance sur le traitement hormonal</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Se pose alors la question du Traitement Hormonal de la Ménopause qui continue à être rejeté par certains médecins et les femmes elles-mêmes. En cause l&#8217;étude américaine <a href="http://www.menopauseafem.com/afem/index.php/articles-enquetes/128-whi-women-health-initiative">Women Health Initiative de 2002</a>. Cette première étude à grande échelle comparait le Traitement hormonal à un placebo. &#8220;Elle a montré que le traitement hormonal augmentait le risque de phlébites, des accidents vasculaires cérébraux et des infarctus du myocarde alors qu’on pensait l’inverse&#8221;. Seule étude randomisée sur le sujet, elle avait pris en compte des femmes de 63 ans en moyenne qui avaient plus de dix ans de ménopause installée. Condition indispensable, pour que l&#8217;on puisse utiliser le placebo. Cela n&#8217;aurait pas fonctionner sur des femmes en début de ménopause sujettes aux bouffées de chaleur. &#8220;Ce n&#8217;était pas la bonne population et ce n&#8217;était pas le bon traitement&#8221; souligne la gynécologue.</p>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>L&#8217;attention des médias autour de la publication des premiers résultats de WHI en 2002 a suscité la crainte et la confusion quant à l&#8217;utilisation de l&#8217;hormonothérapie après la ménopause. Cela a conduit à une réduction spectaculaire des ordonnances de HT aux États-Unis et dans le monde. Bien qu&#8217;en 2002, les résultats concernaient toutes les femmes recevant l&#8217;HT, des études ultérieures de la Women&#8217;s Health Initiative (WHI) et d&#8217;autres ont clairement montré que les femmes plus jeunes et celles proches de la ménopause présentaient un rapport bénéfice / risque très avantageux.</p><cite>The Journal of Clinical Endocrinology &amp; Metabolism &#8220;Where Are We 10 Years After the Women&#8217;s Health Initiative?</cite></blockquote>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph">LIRE AUSSI : <a href="https://www.jaipiscineavecsimone.com/menopause-au-travail-des-salles-de-pleurs-pour-les-policieres-de-nottinghamshire/">MÉNOPAUSE AU TRAVAIL : DES “SALLES DE PLEURS” POUR LES POLICIÈRES DE NOTTINGHAMSHIRE</a></p>



<h2 class="wp-block-heading">Se préparer à cette nouvelle tranche de vie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La peur du traitement hormonal conjuguée à la disparition de la gynécologie médicale laisse les femmes ménopausées à l&#8217;abandon selon Brigitte Letombe. Avec pour conséquence une population de femmes se débrouillant comme elles peuvent avec leurs symptômes. &#8220;50% des femmes en début de ménopause souffrent franchement de bouffées de chaleur, de troubles sexuels et de l’humeur&#8221;. Plus alarmant, les femmes ménopausées au début des années 2000 présenteraient des fractures graves faute de prise en charge hormonale. Brigitte Letombe insiste sur l&#8217;importance de préparer les femmes à vivre cette période. &#8221; Les deux, trois années qui précèdent la ménopause et l’année qui suit sont les moments les plus difficiles à passer&#8221;. Ce passage est d&#8217;autant plus mal vécu dans une société qui célèbre le jeunisme et stigmatise les femmes qui vieillissent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LIRE AUSSI : <a href="https://www.jaipiscineavecsimone.com/et-si-la-menopause-netait-quune-construction-sociale-un-enjeu-de-pouvoir/">ET SI LA MÉNOPAUSE N’ÉTAIT QU’UNE CONSTRUCTION SOCIALE, UN ENJEU DE POUVOIR ?</a></p>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<h2 class="wp-block-heading">La consultation de la cinquantaine</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La gynécologue regrette que cette tranche de vie soit tabou à un moment où les femmes sont enfin libres. &#8220;On est loin du vieillissement ! on a en moyenne 35 ans de vie encore à l’installation de sa ménopause&#8221;. Il faudrait un &#8220;vent sociétal&#8221; qui brise ce tabou à l&#8217;instar des règles devenu un sujet partagé sur les réseaux sociaux. Pour libérer la parole, le GEMVI a organisé un <a href="https://www.franceinter.fr/societe/pour-lever-le-tabou-le-sujet-un-menopause-cafe-organise-a-paris">&#8220;Ménopause Café&#8221;</a>, un format de tables rondes avec des spécialistes qui existe déjà en Australie, en Angleterre et en Belgique. Informer est une priorité qui pourrait être généralisée lors d&#8217;une consultation obligatoire à l&#8217;âge de 50 ans. &#8220;J’ai beaucoup milité pour la consultation de la cinquantaine. Il faut projeter ce qui va se passer en fonction de l’histoire personnelle, familiale, de la manière dont les femmes abordent cette période … Tout cela est un gros travail. Mais c’est ce qu’il faudrait obtenir&#8221;.</p>



<p class="wp-block-paragraph">LIRE AUSSI : <a href="https://www.jaipiscineavecsimone.com/menopause-arte-documente-laffolement-de-nos-hormones/">MÉNOPAUSE : ARTE DOCUMENTE L’AFFOLEMENT DE NOS HORMONES</a></p>
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		<title>ELLES ONT CHOISI DE VIVRE SANS ENFANT</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Aug 2018 10:39:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[maternité]]></category>
		<category><![CDATA[sans enfant]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré le regard toujours suspect de la société&#160; à leur égard les femmes que nous avons rencontrées assument leur choix. Agées de 46 à 69 ans elles témoignent de leur vie sans enfant. &#8220;Oui on peut être une femme même si on est pas mère&#8221; ! Avec plus ou moins d&#8217;insistance elles ont dû se [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Malgré le regard toujours suspect de la société&nbsp; à leur égard les femmes que nous avons rencontrées assument leur choix. Agées de 46 à 69 ans elles témoignent de leur vie sans enfant. &#8220;Oui on peut être une femme même si on est pas mère&#8221; !<br />
</strong></p>
<p>Avec plus ou moins d&#8217;insistance elles ont dû se justifier pour expliquer leur choix. <em>&#8220;On me répondait il n&#8217;est jamais trop tard pour bien faire&#8221;</em> raconte Isabelle, 49 ans. Une femme sans enfant reste pour la société un tabou lorsqu&#8217;il n&#8217;y a pas de cause d&#8217;infertilité. Et pourtant elles sont de plus en plus nombreuses à assumer une vie sans enfant. Une étude publiée par l&#8217;INED en 2017 comptabilisait 3% de françaises dans ce cas. <em>&#8220;Une contraception efficace, un début de vie en couple et une arrivée des enfants plus tardifs, une instabilité plus grande des unions, le souhait d’avoir avant tout un emploi alors qu’ils sont de plus en plus instables, l’incertitude économique croissante : tous ces facteurs semblent favoriser l’infécondité&#8221;.</em></p>
<h4>Ni égoïste ni immature</h4>
<p>Rapidement taxées d&#8217;égoïstes ou d&#8217;immatures éprises de (trop ?) de liberté le choix de ces femmes tient autant à leur histoire qu&#8217;à un profond ressenti. Agnès, 46 ans, enseignante n&#8217;a jamais éprouvé le désir physique d&#8217;avoir des enfants. &#8220;<em>Mon épanouissement passait par un métier qui me plaise&#8221;</em>. Cataloguée comme <em>&#8220;la femme bizarre de la famille&#8221; </em>elle avoue que la question de la maternité s&#8217;est posée dans ses vies de couple.<em> &#8220;Je me disais : je ne me vois pas avoir un enfant avec cet homme là,&nbsp; jusqu’à ce que je me demande si je n&#8217;étais pas en train de fuir &#8220;. </em>Françoise, 69 ans évoque aussi un accomplissement professionnel prioritaire. &#8220;<em>Je voulais avoir un métier et ne pas me sentir ligotée par un enfant&#8221;. </em>Une forte résonnance avec son enfance hors norme.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Un homme qui ne veut pas d’enfant est un futur homme qui voudra des enfants quand il aura trouvé la femme de sa vie. C’est un homme à convaincre&#8230; Il y a là une forme d&#8217;hypocrisie ! Isabelle.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Orpheline à l&#8217;âge de 18 ans, Françoise prend en charge l&#8217;éducation de son frère.<em>&#8221; J’ai joué le rôle de protectrice. Je n’ai pas réalisé la vie que j’aurais pu avoir si j’avais été seule&#8221;. </em>Toutefois lorsque la maternité arrive elle ne se sent pas prête. &#8220;J<em>&#8216;étais très jeune et j&#8217;ai avorté. J’ai pris conscience que je perdais cette possibilité d’avoir un enfant vers 38 ans. Et ça a été douloureux&#8221;. S</em>on choix de vie assumé elle n&#8217;a pas eu à faire face à la pression de la société. <em>&#8220;Peut-être parce que mon entourage connaissait mon histoire je n&#8217;ai jamais été vue comme la célibataire qui ne supporte pas les enfants&#8221; ! </em>Un regard bienveillant absent du parcours professionnel d&#8217;Isabelle. <em>&#8220;On m’a dit c’est pas normal ! Comme si j&#8217;étais moins compétente. Je l’ai ressenti comme une faille&#8221;.<br />
</em></p>
<h4>&#8220;Ce non désir d&#8217;enfant est en moi depuis toujours&#8221;</h4>
<p>Agnès refuse que son accomplissement passe par l&#8217;équation femme = maternité. <em>&#8220;Ce non désir d&#8217;enfant est moi depuis toujours. Il fait partie d’une peur plus globale qui est celle de l’attachement. Un lien et une responsabilité pour toute la vie.&#8221; </em>Pourtant vers la trentaine elle accepte l&#8217;arrêt de sa contraception pour faire plaisir à son compagnon. <em>&#8220;Un mois après je suis enceinte. J’ai trouvé plein de prétextes financiers, professionnels &#8230; Et j’ai avorté&#8221;</em>. Le présupposé instinct maternel interroge Isabelle. <em>&#8220;La maternité ne va pas de soi. Je pense qu’on peut être mère avec d’autres femmes et avec des hommes&#8221;</em><em>. </em>Agnès confirme<em>. &#8220;La maternité n’est pas innée et ce n’est pas parce qu’on est femme qu’on doit être mère&#8221;.<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Comment imagines tu ta vie de femme sans enfant&nbsp;? Ne pas être attendrie par les nourrissons&nbsp;? Ce sont aussi des questions qui viennent des femmes. Il faut se justifier. Agnès.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<h4>&#8220;On se méfie d&#8217;une femme sans enfant&#8221;</h4>
<p>Isabelle, Agnès et Françoise n&#8217;ont jamais douté de leur capacité à être mère. Mais leur besoin de transmission ne s&#8217;incarne pas dans un enfant. <em>&#8220;On trouvait bizarre que je n’éprouve pas le besoin d’avoir quelqu’un qui me ressemble et qui me survive&#8221;</em> raconte Agnès. Comme si renoncer à une descendance ôtait tout sens à la vie d&#8217;une femme. <em>&#8220;Tout est pensé dans la société à travers ce prisme. On se méfie d&#8217;une femme qui n&#8217;a pas d&#8217;enfant &#8220;</em> assure Isabelle. Un constat fait également par Françoise. <em>&#8220;Aujourd’hui quand on est une femme seule on est un peu discriminé. Au resto on est casé n&#8217;importe où&#8221; ! </em>Pour Isabelle la différence de traitement se fait dans la vie professionnelle. <em>&#8220;J&#8217;étais au rencard pour le choix des vacances&#8221;.<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>La transmission m’importe mais comme n’importe quel être humain. Le souci d’éternité je m’en fous. Françoise.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p>Toutefois Agnès estime qu&#8217;il y a de plus en plus de femmes qui refusent la maternité. &#8220;<em>Ménopausée très tôt mon corps s’aligne a mes choix de vie et c&#8217;est un argument imparable&#8221;</em>. Isabelle qui parait plus jeune que son âge nuance. <em>&#8220;C’est pas forcément facile à dire. Je pense que la femme est encore très associée à la maternité&#8221;</em>. Sans regret, Françoise constate qu&#8217;elle aurait pu mener une vie familiale et professionnelle. <em>&#8220;Je croyais que si je voulais me réaliser professionnellement les enfants pouvaient être un handicap. Aujourd’hui j’aurais au moins trois enfants&#8221;</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
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