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	<title>Archives des langage - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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	<title>Archives des langage - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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		<title>8 MARS : DE L&#8217;USAGE DES MOTS POUR UNE ÉGALITÉ PARFAITE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Chjara Benedetti]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Mar 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars]]></category>
		<category><![CDATA[droits des femmes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chjara Benedetti, 18 ans est en Hypokhâgne à Montpellier. Et elle a adressé à la rédaction de J&#8217;ai Piscine Avec Simone un texte à l&#8217;unisson des enjeux de cette journée du 8 mars dédié aux droits des femmes dans le monde. L&#8217;utilisation des mots et leur choix la passionne. L&#8217;étudiante « s&#8217;interroge sur les fonctions [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/8-mars-de-lusage-des-mots-pour-une-egalite-parfaite/">8 MARS : DE L&#8217;USAGE DES MOTS POUR UNE ÉGALITÉ PARFAITE</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chjara Benedetti, 18 ans est en Hypokhâgne à Montpellier. Et elle a adressé à la rédaction de J&#8217;ai Piscine Avec Simone un texte à l&#8217;unisson des enjeux de cette journée du 8 mars dédié aux droits des femmes dans le monde. L&#8217;utilisation des mots et leur choix la passionne. L&#8217;étudiante <em>« s&#8217;interroge sur les fonctions de notre langage dans notre société et sur les informations qu&#8217;il délivre à notre insu »</em>. Elle souhaite ici partager ses <em>« craintes et colères, dans l&#8217;espoir que certaines les pa</em></strong><em>r</em><strong><em>tageront »</em>. C&#8217;est fait.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle souvent des autres. Vous savez. On parle souvent sans savoir. Parce qu&#8217;on<br>aime dire. Parce qu&#8217;on aime s&#8217;exprimer. Parce qu&#8217;on aime parler, donner, notre avis, notre voix, à<br>l&#8217;écoute du plus grand nombre. Parce que je pense, comme vous je le crois, qu&#8217;on aime dire ce qu&#8217;on<br>comprend. Parce qu&#8217;on aime partager notre étonnement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Notre enthousiasme se traduit en mots. Notre monde se comprend en sons. Et on<br>aime cette irréalité tangible. Et on tend à se convaincre qu&#8217;elle possède une sorte de romance.<br>Qu&#8217;elle donne sens à ce que nous voyons. Mais nous préférons voir ensemble. Il est si triste de voir<br>seul. Alors, on parle et on comprend l&#8217;autre, ou l&#8217;on parle de lui, avec lui, par lui, grâce à lui. Et on<br>le juge, malgré nous « <em>ce n&#8217;est pas sa faute</em> »… On fait… en sorte, on le pense en tout cas, que le<br>langage soit universel, pour dire le plus de choses possibles, mais surtout, pour que le plus grand<br>nombre nous écoute, ou soit forcé de nous écouter. Or, est-il vraiment réaliste ce langage ? Est-il<br>vraiment universel ? N&#8217;est-il pas possible de s&#8217;en sentir exclu ?  <em>« les enfants, si dans un groupe de<br>trois personnes il y a Amélie, Jérémy et Clothilde, vous dites  &#8221; ils &#8221; pour rester neutre… »</em>. Lent<br>processus qui efface, pose l&#8217;un au-dessus de l&#8217;autre, invisible mais constant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>« Ça va ! C&#8217;est juste une manière de parle</em>r »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, on ne remarque pas que l&#8217;on fait mal. Qu&#8217;on fait du mal.  <em>« vieille fille »</em> . Aux<br>autres.  <em>« C&#8217;est pas sa faute »</em> . Avec qui on parle.  <em>« Mec t&#8217;es sérieux ? »  «  Moi c&#8217;est Céline » « Hein ? Pourquoi tu me dis ça ? » « Rien… laisse ».</em> On dit des pensées, sans qu&#8217;elles ressemblent aux mots <em>« fils de pute »</em> . On dit des mots, parce qu&#8217;ils sont <em>« sans importance »</em> , parce qu&#8217;on y est habitué. <em>« frérot tu fais exprès ou..? »« Moi c&#8217;est Catherine »</em>, sans qu&#8217;ils ne ressemblent à la pensée,<br>médiation perfide du langage… mots qui la dévoilent, sans qu&#8217;on s&#8217;en rende compte. Lapsus.<br>Inconscient ? Vaste question. Expressions idiomatiques. Sens courant, admis, « compris »  soidisant,<br>de tous, justement. Au point où cela infuse dans l&#8217;esprit. Au point où nous ne réfléchissons<br>plus <em>« ça va ! C&#8217;est juste une manière de parler… »</em> . Alors, on parle, sans se soucier, par habitude,<br>car c&#8217;est comme ça  <em>« fais pas ta pute »</em>, on parle, on utilise cette langue sans la comprendre, par<br>banalisation des expressions, par association d&#8217;idées incomprises. Grammaire, vocabulaire, aux<br>origines inconnues, la connaissance complexe souvent in-désirée. Nos mots et notre grammaire dévoilent une vérité communément admise, mais ignorée de tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne se rend pas vraiment compte que ce sont nos mots qui nous mènent, du début  <br>la fin, sur la pente, la dégringolade, de notre réflexion vers l&#8217;habitude. Voyez, alors même que je<br>parle de mots, on ne remarque pas mes propres expressions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« On » efface les genres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">On ne voit pas ce  <em>« on »</em> que j&#8217;utilise. Cet autre débat, au sein même de la grammaire.<br><em>« On »</em> est un pronom personnel, mot intime, humain, vivant, mais singulier, alors qu&#8217;il se rapporte<br>souvent à un pluriel.  <em>« On »</em>, est plusieurs. Mais on <em>« est »</em> une unité. Force d&#8217;union. Et, plus que<br>tout, <em>« on »</em>, est neutre. Il efface le genre. Il rassemble <em>« elle »</em> et <em>« il »</em>, il est à la même ligne dans<br>les tableaux de CP. En effet, on a tendance à oublier que la langue française possède un pronom<br>neutre. Symbole de l&#8217;humanité tout entière… et mon langage cherche à faire disparaitre la hiérarchie<br>grammaticale entre les pronoms, pour effacer celle, plus grande, de la fausse hiérarchie entre les<br>hommes et les femmes. Bien que j&#8217;utilise des lois paradoxales à mon objectif et continue d&#8217;accorder<br>ce qui le suit au masculin. <em>« Tous »</em>  au lieu de <em>« tous.tes »</em>. <em>« Ils » </em>, au lieu d&#8217;un <em>« iels »</em>  (bien plus<br>réel, bien plus représentatif de la contingence de la réalité, quoiqu&#8217;on en pense). Règles injustes,<br>injustifiables, de facilité et de pouvoir, qui infusent doucement dans les esprits, qui définissent<br>piteusement à l&#8217;avance les dominations du corps social  <em>« oui  &#8221; il &#8220;  est supérieur à « elle »  <br>mesdames, car apparemment un seul « il » , même dans un groupe de mille « elles » , possède<br>l&#8217;autorité absolu sur le langage.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trop peu se rendent compte de l&#8217;influence que la langue possède sur notre manière de<br>penser. Trop peu comprennent qu&#8217;une langue, qu&#8217;une grammaire et l&#8217;histoire des mots, nous<br>orientent tel un chemin de terre battu et creusé dans la forêt de notre esprit. Et j&#8217;aimerais, que cette<br>supériorité  du  « il  » dans la langue soit débattue, réfléchie, évoquée. Mais peu réfléchissent à ces<br>questions, ou acceptent qu&#8217;on se les pose. <em>« C&#8217;est juste comme ça voyons ! pourquoi toujours tout<br>changer, ils ont fait la même chose avec l&#8217;accent circonflexe et  à quoi ça a servi hein ?.. »</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réconcilier les prénoms</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être serait-il temps de réconcilier les pronoms. De mettre dans les mentalités,<br>sur un pied d&#8217;égalité, les <em>« ils »</em> et les <em>« elles ».</em> Leur faire comprendre que tous (tous.tes) ne sont<br>qu&#8217;un <em>« on »</em>. Il me semble qu&#8217;on commet trop de méfaits. De crimes. D&#8217;horreurs. Qu&#8217;on a trop de<br>peine. De rancoeur. Qu&#8217;on perd, trop de  <em>« elles »</em>…  par l&#8217;orgueil de trop de <em>« ils »</em> … et par la rigidité de trop de <em>« elles »</em>  … Mais la violence, le plaisir de domination, le rabaissement quotidien… ne<br>trompent pas. Et j&#8217;espère, qu&#8217;à la longue, le débat pourra enfin être considéré pour toute la gravité <br>qu&#8217;il possède. Que l&#8217;on cessera d&#8217;utiliser des règles uniquement par tradition. Sans questionner<br>l&#8217;habitude. Car chèr.es camarades, collègues, ministres… puisque vous détenez le pouvoir, ces règles<br>justifient en partie qu&#8217;on tue, batte, maltraite, viole, immole. Qu&#8217;on possède. L&#8217;autre. Pour la simple<br>raison que ce que l&#8217;on considère inférieur, nous ne le respectons pas, car nous aimons garder le<br>pourvoir. <em>« (…) ils ont fait la même chose avec l&#8217;accent circonflexe… »</em>. Le  <em>« il »</em> est d&#8217;accord, il ne<br>change pas sa position, elle lui est favorable et il l&#8217;aime bien au final, inconsciemment souvent.<br>Mais cette humiliation a assez duré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, regardez les bien : <em>« Il »</em>, pronom vif, aigu, onirique, voluptueux. <em>« Elle »,</em><br>syllabe  éthérée, souple, forte. <em>« On »</em>, son sourd bref, rapide, évident, universel… facile, pour<br>satisfaire les pragmatiques. Nous sommes <em>« on »</em>. Il ne devrait donc pas exister de différence. Même<br>au sein de la langue. Pas de hiérarchie. Croyez-le, les enfants n&#8217;intègrent pas cette règle uniquement<br>comme une supériorité grammaticale. Car ce n&#8217;est pas qu&#8217;une simple histoire de pronoms. Quand<br>bien même s&#8217;en serait une, c&#8217;est une bien sordide histoire.</p>
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