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	<title>Archives des gynecologie médicale - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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		<title>LES FEMMES FACE À LA MÉNOPAUSE : UN SUIVI MÉDICAL SOUVENT INSUFFISANT EN FRANCE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathilde Doiezie]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 May 2021 15:36:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[gynecologie médicale]]></category>
		<category><![CDATA[menopause]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les femmes sont inégales face aux symptômes de la ménopause, mais beaucoup regrettent une prise en charge insuffisante, voire un manque de formation des professionnels qu&#8217;elles consultent. D&#8217;où viennent ces difficultés ? Qu&#8217;est-il possible de faire pour y remédier ? Deux gynécologues médicales et une sage-femme nous éclairent sur cette question. «&#160;Mon généraliste ne m&#8217;a parlé de [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les femmes sont inégales face aux symptômes de la ménopause, mais beaucoup regrettent une prise en charge insuffisante, voire un manque de formation des professionnels qu&#8217;elles consultent. D&#8217;où viennent ces difficultés ? Qu&#8217;est-il possible de faire pour y remédier ? Deux gynécologues médicales et une sage-femme nous éclairent sur cette question</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Mon généraliste ne m&#8217;a parlé de rien. Mon gynéco m&#8217;a juste expliqué que si j&#8217;avais des soucis pour les rapports sexuels, il pouvait me prescrire une crème&nbsp;»</em>. Il y a quatre ans, Victoria, 52 ans aujourd&#8217;hui, a commencé à ressentir les premiers symptômes de la ménopause, mais a fait face à une prise en charge qu&#8217;elle considère insuffisante.<em>&nbsp;«&nbsp;On ne m&#8217;a pas dit que j&#8217;allais ressentir une extrême fatigue. On ne m&#8217;a parlé que des traitements médicamenteux hormonaux. Je trouve qu&#8217;il y a vraiment un manque de prise en charge et d&#8217;information sur ce qui se passe dans notre corps&nbsp;»</em>, explique-t-elle au téléphone, remontée et en même temps satisfaite d&#8217;avoir finalement réussi à <em>«&nbsp;bien gérer&nbsp;»</em> cette période grâce à des compléments alimentaires qui lui ont fait beaucoup de bien.&nbsp;<br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Isabelle, 51 ans, s&#8217;est heurtée de son côté à un énième problème de prise en charge dans une vie gynécologique déjà fortement mouvementée, après un diagnostic très tardif de l&#8217;endométriose et une grossesse extra-utérine.&nbsp;<em>«&nbsp;Vers 40 ans, je n&#8217;étais pas très en forme psychologiquement à la suite de cette grossesse et mes règles se sont totalement arrêtées, mais personne ne s&#8217;inquiétait. On m&#8217;a juste bourrée d&#8217;antidépresseurs et on me disait que c&#8217;était à cause de l&#8217;endométriose, alors que je grossissais, que j&#8217;avais toujours mal au ventre et que j&#8217;avais comme des crises de panique dès que je me levais en raison d&#8217;une tension basse. J&#8217;ai demandé si ça pouvait être la ménopause, mais ma doctoresse me disait que j&#8217;étais beaucoup trop jeune. Elle a même refusé de me faire des tests que je réclamais&nbsp;»</em>, raconte-t-elle. Alors Isabelle a trouvé un autre médecin généraliste plus conciliant. Résultats des tests&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;des taux d&#8217;hormones d&#8217;une femme de 80 ans&nbsp;»</em>. Immédiatement, elle a reçu un traitement hormonal.&nbsp;<em>«&nbsp;Quelques jours plus tard, j&#8217;étais en pleine forme&nbsp;»</em>.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Les femmes estiment qu&#8217;elles n&#8217;ont plus besoin de suivi gynécologique»</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Qu&#8217;elles s&#8217;appellent Victoria ou Isabelle, de nombreuses femmes font face aujourd&#8217;hui à des insuffisances ou à des difficultés de prise en charge lorsqu&#8217;arrivent les premiers symptômes de la ménopause. La raison&nbsp;? Parce que&nbsp;<em>«&nbsp;la ménopause est un tabou à la fois pour les femmes et pour les professionnels&nbsp;»</em>, estime <a href="https://www.jaipiscineavecsimone.com/la-menopause-le-dernier-tabou/">Brigitte Letombe</a>, membre du comité scientifique du Groupe d’étude sur la ménopause et le vieillissement Hormonal <a href="http://www.gemvi.org/">(Gemvi)</a>. Pour les femmes,&nbsp;<em>«&nbsp;c&#8217;est encore vécu pour beaucoup comme un signe de vieillissement et de fin de vie&nbsp;»</em>.&nbsp;<em>«&nbsp;Elles viennent donc voir le gynécologue pour la contraception ou pour faire leur frottis&nbsp;»</em>, mais pas de manière systématique face aux premiers symptômes de la ménopause. Hélène Legrand, gynécologue tout juste à la retraite et coprésidente du Comité de défense de la gynécologie médicale, abonde&nbsp;:&nbsp;<em>«&nbsp;Des femmes se disent qu&#8217;elles n&#8217;ont plus leurs règles et plus trop de relations sexuelles, donc qu&#8217;elles n&#8217;ont plus besoin de suivi gynécologique, alors que c&#8217;est totalement faux.&nbsp;»</em>&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>3 femmes sur 4 méritent d&#8217;être prises en charge</strong> à la ménopause</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Puis il y a eu<em>&nbsp;«&nbsp;toutes les polémiques sur le traitement hormonal&nbsp;»</em>&nbsp;à partir de la publication d&#8217;une étude controversée en 2002, qui ont conduit à ce que les femmes se disent qu&#8217;elles n&#8217;avaient pas besoin de suivi particulier pour la ménopause. Or, comme Brigitte Letombe le rappelle,&nbsp;<em>«&nbsp;3 femmes sur 4 vont avoir des problèmes à la ménopause&nbsp;»</em>&nbsp;et méritent d&#8217;être prises en charge, parce qu&#8217;elles font face à cette période à des risques osseux, vasculaires, de diabète ou neurologiques plus élevés. Et si le traitement hormonal peut s&#8217;avérer être une réponse efficace face à certains symptômes, il n&#8217;est pas la panacée. D&#8217;autres prescriptions et suivis peuvent aussi être recommandés et être suffisants selon les cas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Brigitte Letombe milite donc pour que toutes les femmes puissent bénéficier à la cinquantaine d&#8217;une consultation spécifique de suivi de la ménopause, afin qu&#8217;elles soient bien informées des changements qui s&#8217;opèrent et obtiennent des recommandations personnalisées.&nbsp;<em>«&nbsp;La consultation de ménopause, c&#8217;est au moins trois quarts d&#8217;heure, parce que cela nécessite de prendre énormément de paramètres en considération. Et puis il faut expliquer, dédramatiser, connaître les idées reçues, rapporter les résultats des études&#8230; C&#8217;est énormément de boulot, puis il faut assurer le suivi pendant 3-4 ans.&nbsp;»</em>&nbsp;Malheureusement, les professionnels de santé ne sont pas tous assez formés ou en assez grand nombre pour que ce suivi soit correctement assuré pour toutes les femmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un vide de gynécologues médicaux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La France paie les frais de l&#8217;interruption de la formation de gynécologie médicale entre les années 1986 et 2003, qui a conduit à la pénurie de ces professionnels.&nbsp;<em>«&nbsp;Quand j&#8217;ai eu le concours en 1975, on était 130 gynécologues médicaux à sortir tous les ans, alors qu&#8217;il y avait moins de femmes en France qu&#8217;en 2021 et qu&#8217;elles vivaient moins longtemps&nbsp;»</em>, s&#8217;exclame Hélène Legrand. 3 millions de femmes signent dans les années qui suivent une pétition réclamant le retour de cette spécialisation. Face à ces revendications, la spécialisation est finalement réouverte. Seulement, difficile de combler le vide laissé pendant 17 ans. Les premières années, une dizaine de praticien·nes sont diplômé·es, pour arriver à 80-90 par an aujourd&#8217;hui. En 2020, la France comptait 923 gynécologues médicaux pour tout le territoire et 13 départements n&#8217;en recensaient aucun, selon le Conseil national de l&#8217;ordre des médecins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l&#8217;arrivée de la ménopause, lorsque les femmes choisissent de se faire accompagner, elles n&#8217;ont donc bien souvent d&#8217;autre choix que de se tourner vers leur gynécologue obstétricien ou leur médecin généraliste. Parfois, la prise en charge est bien réalisée. Parfois, moins.&nbsp;<em>«&nbsp;Il y a des gynécologues obstétriciens qui s&#8217;intéressent au sujet de la ménopause, mais ils sont souvent débordés par leur activité chirurgicale&nbsp;»</em>, explique Brigitte Letombe, qui fait aussi le lien avec le manque de gynécologues obstétriciens.&nbsp;<em>«&nbsp;Les médecins généralistes ont tellement de choses à faire qu&#8217;ils n&#8217;ont pas forcément le temps de faire de la gynécologie&nbsp;»</em>, rapporte de son côté Hélène Legrand. Les polémiques depuis 2002 font aussi que la plupart d&#8217;entre eux ne&nbsp;<em>«&nbsp;sont pas formés à l&#8217;éventualité d&#8217;un traitement hormonal&nbsp;»</em>, développe Brigitte Letombe.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les sages-femmes, des interlocutrices de choix&nbsp;?&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à cette pénurie, les sages-femmes pourraient-elles être des interlocutrices de choix pour une meilleure prise en charge de la ménopause&nbsp;? La réponse n&#8217;est pas catégorique et laisse entrevoir une querelle de chapelle. Pour Isabelle Derrendinger, secrétaire général du Conseil national de l&#8217;ordre des sages-femmes, son corps de métier est tout à fait apte à répondre à ce suivi pour certaines femmes. Les sages-femmes,&nbsp;<em>«&nbsp;profession de référence pour le suivi des femmes en bonne santé&nbsp;»</em>, peuvent tout à fait accompagner certaines femmes à ce moment de leur vie en insistant sur des conseils hygiéno-diététiques, comme le recommande la Haute autorité de santé, pour mieux faire face aux bouffées de chaleur, aux insomnies, à l&#8217;irritabilité ou prévenir les risques d’ostéoporose. Par contre, si une femme présente des facteurs de risque, alors elles la réorienteront vers d&#8217;autres spécialistes. Elles ne peuvent pas non plus prescrire de traitements hormonaux.&nbsp;<br><br>Les gynécologues médicales Hélène Legrand et Brigitte Letombe y voient un risque.&nbsp;<em>«&nbsp;Les sages-femmes revendiquent le suivi physiologique des femmes, mais comment savent-elles qu&#8217;une femme n&#8217;a pas de maladie&nbsp;?</em>, s&#8217;interroge Hélène Legrand.<em>&nbsp;Nous, on a fait de la médecine générale avant, on sait reconnaître quelque chose d&#8217;anormal dans le corps de la femme.&nbsp;» «&nbsp;Suivre une femme ménopausée, ça nécessite un bilan médical&nbsp;: un bilan cardiovasculaire, osseux, métabolique&#8230; Ce n&#8217;est pas la sage-femme qui va le prendre en charge&nbsp;»</em>, ajoute Brigitte Letombe. Pour la membre du Gemvi, l&#8217;amélioration de la prise en charge de la ménopause passe donc par une meilleure formation de l&#8217;ensemble des médecins. C&#8217;est pour ça que le Gemvi a travaillé pendant deux ans avec le Collège national des gynécologues et obstétriciens français pour publier de nouvelles recommandations sur la prise en charge des femmes ménopausées, rendues publiques en janvier.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La ménopause est une construction sociale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Isabelle Derrendinger insiste sur point :&nbsp;<em>« La ménopause ne nécessite pas en soit une consultation&nbsp;»</em>, car ce&nbsp;<em>«&nbsp;n&#8217;est pas une maladie&nbsp;»</em>, c&#8217;est une&nbsp;<em>«&nbsp;construction sociale&nbsp;qui pathologise ce moment de la vie&nbsp;»,&nbsp;</em>affirme-t-elle en citant les travaux de la sociologue Cécile Charlap, <a href="https://www.jaipiscineavecsimone.com/et-si-la-menopause-netait-quune-construction-sociale-un-enjeu-de-pouvoir/">autrice de&nbsp;<em>La Fabrique de la ménopause</em></a><em>.&nbsp;</em>Il&nbsp;n&#8217;y a donc&nbsp;<em>«&nbsp;pas forcément besoin d&#8217;aide thérapeutique&nbsp;»</em>, surtout d&#8217;un accompagnement pour&nbsp;<em>«&nbsp;lutter contre les constructions sociales&nbsp;»</em>. Sur ce dernier point, les trois professionnelles de santé sont d&#8217;accord. Lutter contre le tabou de la ménopause, c&#8217;est donc aussi bien encourager les femmes à aborder cette étape de manière sereine, qu&#8217;avoir des professionnels mieux formés et en plus grand nombre pour que ce passage engendre le moins de complications possibles.&nbsp;</p>



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<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/les-femmes-face-a-la-menopause-un-suivi-medical-souvent-insuffisant-en-france/">LES FEMMES FACE À LA MÉNOPAUSE : UN SUIVI MÉDICAL SOUVENT INSUFFISANT EN FRANCE</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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