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	<title>Archives des conflit - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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	<title>Archives des conflit - J&#039;ai piscine avec Simone</title>
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		<title>FRÉDÉRIC ENCEL : « LA PARITÉ EST MATHÉMATIQUEMENT IMPOSSIBLE EN GÉOPOLITIQUE »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Oct 2021 09:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[Femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Frédéric Encel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Où sont les femmes en géopolitique ? Une question légitime à l&#8217;aune des conflits récents et particulièrement de la situation en Afghanistran. Peu nombreuses, les femmes géopolitologues font figure d&#8217;exception. Leur analyse fait défaut pour Frédéric Encel, docteur en géopolitique et maitre de conférences à Sciences Po. A la veille du colloque qu&#8217;il organisait à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Où sont les femmes en géopolitique ? Une question légitime à l&#8217;aune des conflits récents et particulièrement de la situation en Afghanistran. Peu nombreuses, les femmes géopolitologues font figure d&#8217;exception. Leur analyse fait</strong> <strong>défaut pour Frédéric Encel, docteur en géopolitique et maitre de conférences à Sciences Po. A la veille du colloque qu&#8217;il organisait à Trouville sur mer, nous lui avons demandé de dresser un état des lieux de la place des femmes dans les conflits et leurs résolutions. Il n&#8217;y a pas de miracle.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La géopolitique est-elle un domaine réservé aux hommes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La géopolitique, pas davantage que d’autres disciplines n&#8217;est réservée officiellement aux hommes puisque au sein des armées et de la police les femmes ont en principe leur place. Mais à l’école, depuis la maternelle jusqu’à l’université en passant par le lycée, l’histoire politico militaire semble être réservée aux garçons et c’est un constat empirique je fais en tant que professeur depuis 28 ans. C&#8217;est une discipline qui choisissent davantage les garçons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Il faudrait peut-être revenir à la manière dont les parents, la société perçoivent les garçons et les filles. Cela commence tôt, les petits soldats pour les garçons, les poupées pour les filles. Je ne dirais pas qu’il y a un encouragement particulier de la part des professeurs ou de l’institution en faveur des garçons pour choisir ensuite les disciplines qui vont mener à la géopolitique, mais c’est un constat que je fais lorsque <a href="http://www.fredericencel.org/index.htm">j&#8217;organise des colloques,</a> des conférences, des assises de géopolitique pour  trouver des intervenantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourtant vous soulignez qu&#8217;il y a beaucoup d&#8217;historiennes, à quel moment les perd-on ?</strong><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a pratiquement autant d&#8217;historiennes que d&#8217;historiens, mais souvent leur domaine de prédilection concerne d’autres angles que ceux de la guerre pour faire très court ou de la diplomatie. Par conséquent il faut soit ouvrir les angles car la géopolitique n’est pas seulement destinée à la guerre, soit il faut aller chercher des gens plus jeunes, ces dernières années il y a une vraie évolution, les jeunes doctorantes sont plus intéressées par la géopolitique. Mais a parité est mathématiquement impossible en géopolitique, pour moi c’est une difficulté lorsque j&#8217;organise des colloques, mais il y a toujours <a href="https://www.trouvillesurmer.org/wp-content/uploads/2021/09/prog-v18-geopo-2021-1.pdf">une experte a minima dans mes tables rondes.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.trouvillesurmer.org/wp-content/uploads/2021/09/prog-v18-geopo-2021-1.pdf"><br></a><strong>Les Américains ont eu des femmes Secrétaire d’État à la défense, Condoleezza Rice, Madeleine Albright. Ont-elles eu une influence particulière en géopolitique où à la marge ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La question qui est posée est celle de la politique menée et des différences réelles ou pas menées par des femmes par rapport aux hommes. Si cette différence existe, elle se fait dans le sens de la sévérité, de la dureté, du nationalisme voir de la guerre. Indira Gandhi en Inde, Margarethe Thatcher en Grande-Bretagne, Golda Meir en Israël, Madeleine Albright à la diplomatie américaine notamment pendant la catastrophe du Rwanda, Evita Péronne en Argentine en sont des exemples. Mais établir une règle selon laquelle les femmes seraient plus dures parce qu’elles essayent de démontrer qu&#8217;elles ne sont pas faibles est une hypothèse à laquelle je n&#8217;adhère pas forcément.<br></p>



<div style="height:20px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>L’une des grandes génocidaire de gouvernement intérimaire du Rwanda en 94 <a href="https://www.france24.com/fr/20110624-rwanda-tpir-pauline-nyiramasuhuko-condamnee-perpetuite-coupable-genocide-crime-humanite">Pauline Nyiramasuhuko</a> a été condamnée à la perpétuité par le Tribunal Pénal international pour crimes de génocide et crimes contre l&#8217;humanité en 1994. Elle a organisé une campagne de meurtres et de viols de 200 à 300 000 femmes.</p></blockquote>



<div style="height:17px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a un mouvement de <strong>diplomatie féministe</strong> qui a été instauré par les pays du Nord, est-ce que cette tendance pourrait avoir cours en matière de géopolitique ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Les pays du Nord ont renoncé à la puissance globale, Ils ont renoncé au &#8220;hard power &#8221; [NDLR : puissance militaire] pour l’essentiel. Peut-être pas la Norvège qui fait partie de l’OTAN. C’est plus facile avec les pays scandinaves parce qu&#8217;il y a très peu d’enjeux géopolitiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La résolution des conflits se passe toujours entre hommes, est-ce que la donne changerait si les femmes étaient à la table des négociations ? Et ce dès le niveau local ?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>C’est une question piègeuse, parce que si on répond oui, c’est qu’on accepte de se contenter que des femmes soient à des à postes subalternes. Le Rwanda aujourd’hui est le paradigme de la montée en puissance des femmes, le parlement est constitué aux deux tiers de femmes. Ce n’est pas un parlement démocratique mais dans les villages jusqu’aux anciens tribunaux post génocide, les femmes ont eu et ont un rôle tout à fait prépondérant. On peut citer l’ancienne ministre des affaires étrangères Louise Mushikiwabo qui dirige l&#8217;Organisation Internationale de la Francophonie, bras droit de Paul Kagamé, président du Rwanda. Est-ce que ça signifie que l’effectivité du pouvoir ou une partie de pouvoir en tout cas appartient aux femmes ? Non parce que l’effectivité du pouvoir n’appartient qu’à une seule personne cette personne est un homme. On est sur deux strates différentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Donc il n&#8217;y a aucun ruissellement du pouvoir vers les femmes ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En géopolitique il y a l’effectivité absolue du pouvoir, le vrai pouvoir concret, celui des stratège qui décident de la paix, de la guerre sur des espaces et des temps long avec des moyens importants et puis ensuite, souvent de manière pyramidale, il y a un organigramme, une administration où là on trouve beaucoup plus de femmes. En Inde il y a eu une première ministre, des ministres et des députées qui ont disposé d’un réel pouvoir égal en tout cas à celui de leur semblables masculins mais le sort des femmes dans la société ne s&#8217;est pas du tout amélioré notamment parmi les plus pauvres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles sont les femmes d’influence en géopolitique ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En France il y avait Thérèse Delpech, experte internationale du nucléaire aujourd&#8217;hui décédée. De centre-gauche, elle était influente, très proche du pouvoir sous la présidence de Sarkozy, elle faisait partie d’un think tank. Aujourd’hui, on peut citer Béatrice Gimlin directrice de la revue <em>Hérodote</em>, Nicole Gnesotto qui a dirigé union de l’Europe occidentale, branche militaire de l’union européenne complètement paralysée par L’OTAN.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que la place des femmes est un enjeu peu géopolitique ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui dans la mesure où les régimes phallocrates et misogynes accusent l’Occident d&#8217;instrumentaliser ce qui d’un point de vue social et culturel leur appartient. Et l&#8217;Occident au contraire estime avec plus ou moins de sincérité qu&#8217;on ne peut pas considérer de la même manière un régime qui traiterait réellement trop mal 50 % de sa population. Mais ce n’est pas un enjeu majeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nature du pouvoir doté de ses prérogatives étatique est différente de la nature du pouvoir local notamment municipal. Le plus important ce sont les exécutifs étatiques et encore pour longtemps. Et si on regarde les GAFAM qui les dirigent ? Il n’y a aucune femme. Donc je pense que ce n’est pas uniquement un problème político étatique.</p>
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		<title>AVEC &#8220;BACKUP&#8221; CÉLINE BARDET VEUT ACCÉLÉRER LA JUSTICE POUR LES VICTIMES DE VIOLS DE GUERRE</title>
		<link>https://jaipiscineavecsimone.com/avec-backup-celine-bardet-veut-accelerer-la-justice-pour-les-victimes-de-viols-de-guerre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Oct 2017 16:47:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Initiatives]]></category>
		<category><![CDATA[Céline Bardet]]></category>
		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[ONG crime de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[viol de guerre]]></category>
		<category><![CDATA[viols]]></category>
		<category><![CDATA[We are not Weapon of War]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Photo © Masha Rchv Céline Bardet, juriste internationale spécialisée sur les questions des crimes sexuels dans les conflits préside l&#8217;association &#8220;We are not Weapon Of War&#8221; &#8211; Nous ne sommes pas des armes de guerre -. Seule ONG dédiée à la lutte contre le viol comme arme de guerre.&#160; Enquêtrice auprès du Tribunal Pénal International [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Photo © Masha Rchv</p>
<p><strong>Céline Bardet, juriste internationale spécialisée sur les questions des crimes sexuels dans les conflits préside l&#8217;association <a href="http://www.notaweaponofwar.org/">&#8220;We are not Weapon Of War&#8221;</a> &#8211; Nous ne sommes pas des armes de guerre -. Seule ONG dédiée à la lutte contre le viol comme arme de guerre.&nbsp; Enquêtrice auprès du Tribunal Pénal International de la Haye, elle a forgé son expertise sur le terrain des Balkans, en Afrique, au Moyen-Orient et aujourd&#8217;hui en Libye. Présente au Women&#8217;s Forum les 5 et 6 octobre, elle a présenté &#8220;BackUp&#8221; sa plateforme numérique qui permettra de recueillir la parole des victimes pour en faire des acteurs de la justice de leur pays. Un pouvoir holistique qui s&#8217;accompagne d&#8217;une compilation de data essentielle pour traduire les auteurs de ces crimes devant la justice nationale et internationale. Interview.<br />
</strong></p>
<p><strong>Comment est né WWOW ?</strong></p>
<p>La base de la création de WWOW est une campagne que l’on a montée à Londres avec Angelina Jolie intitulée <em>&#8220;I’m not a weapon of war&#8221;</em> au sommet mondial sur le viol de guerre. Angelina Jolie m’avait dit il faut que tu montes quelque chose et il faut que tu le fasses à Paris, parce que les français ne parlent pas de ce sujet. L’année dernière le Time a fait sa couverture avec une photo d’une survivante de viol de guerre enceinte qui portait l’enfant de son agresseur. L’Angleterre a organisé un sommet global sur la question. J’ai voulu monter l’association à Paris parce que je trouvais qu’on parlait dans les médias beaucoup moins de viols de guerre que le font les médias anglo-saxons. Même si on en parle plus qu’avant à travers des documentaires, on ne dépasse pas le point de vue victimaire. Je connais plein de survivants de viol de guerre qui ont repris leur vie. Le témoignage est bon quand les gens ont dépassé leur trauma.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-width="550" data-dnt="true">
<p lang="en" dir="ltr">Angelina Jolie <a href="https://twitter.com/WilliamJHague?ref_src=twsrc%5Etfw">@WilliamJHague</a> walking around with us thats the atmosphere here. <a href="https://twitter.com/NotAWeaponOfWar?ref_src=twsrc%5Etfw">@NotAWeaponOfWar</a> <a href="https://twitter.com/hashtag/iamnotaweaponofwar?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#iamnotaweaponofwar</a> <a href="http://t.co/wsIY4LIhIN">pic.twitter.com/wsIY4LIhIN</a></p>
<p>&mdash; Céline Bardet (@CelineBardet) <a href="https://twitter.com/CelineBardet/status/477049206361051136?ref_src=twsrc%5Etfw">June 12, 2014</a></p></blockquote>
<p><script async src="https://platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Au moment où je vous parle on viole dans plus de 45 pays dans le monde.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment est né le projet BackUp&nbsp;?</strong></p>
<p>C’est venu de l’expérience que j’ai acquise depuis 15 ans. On s’est rendu compte que la grande majorité des victimes n’accèdent pas à l’aide dont elles ont besoin pour des raisons dues à la singularité du viol de guerre. Les victimes se cachent parce qu’il y a un trauma profond, une honte. Soit elles sont dans des zones inaccessibles et l’aide n’arrive pas tout le temps ou longtemps après. Le canal principal est soit les organisations humanitaires ou internationales. Il y a eu un évènement déclencheur quand j’étais en République Démocratique du Congo. Un viol en une nuit de plus de 250 personnes à Shabunda (territoire du Kivu). On a su que ces viols avaient eu lieu une semaine après. Ca m’avait marqué. Entre temps les victimes avaient bougé, on ne pouvait plus les retrouver. Elles ne demandent pas nécessairement de l’aide et ont énormément de mal à parler à des tiers, quelqu’un qui n’a pas leur culture, n’est pas de leur famille. elles vont aller raconter à leur sœur, leur cousine ce qui s’est passé. Ca veut dire qu’il faut qu’elles sortent de leur village pour aller chez le médecin, et il y en a plein qui ne veulent pas le faire.</p>
<p><strong>Comment BackUp va fonctionner ?</strong></p>
<p>Backup c’est une application et une plateforme globale qui permet de prendre contact. C&#8217;est un outil global disponible sur n&#8217;importe quel type de téléphone portable. Il y aura une version lettrée et une intuitive avec des pictos. On prend en considération les cas ou les personnes ne savent pas lire. On va choisir&nbsp; trois pays pilotes pour faire une étude de faisabilité. la Lybie en fera partie. On travaille actuellement avec les libyens sur ce projet qui permet aux victimes de s’identifier. La situation y est très particulière parce que les viols qui ont en lieu en 2011 continuent et concernent aussi beaucoup les hommes. Etant beaucoup sur le terrain, je suis beaucoup contactée par Whatsapp’s. Le fait d’avoir la possibilité d’écrire ou de s’enregistrer permet de préserver l’intimité, de laisser le choix aux victimes. Ca n’enlève pas les autres possibilités, Au départ elles n’ont pas à se confronter à quelqu’un d’autre.</p>
<p><strong>On ne pense jamais que le viol puisse concerner les hommes ?</strong></p>
<p>On a tout de suite une approche genrée de la question. Mais je suis une juriste de crime de guerre, enquêtrice internationale. Je ne suis pas spécialiste en violence sexuelle. Au cours de ma carrière les viols en masse étaient rarement pris en compte. Et le viol comme arme de guerre est un élément constitutif de crime international. Dans ce cadre là, il y a beaucoup d’hommes aussi victimes. En Ouganda ce sont principalement des hommes, en Libye aussi. En Syrie on verra ce qui va sortir une fois que le conflit se sera calmé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>30 à 40 % des viols commis en Syrie le seraient à l’encontre des hommes. La question du viol des hommes ne s’approche pas du tout de la même manière que celui des femmes. La honte et la stigmatisation ressenties par les hommes dans un pays musulman c’est extrêmement difficile d’en parler.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Pourquoi le viol est devenu une arme de guerre ?<br />
</strong></p>
<p>C’est le crime parfait. Parce qu’il est efficace, ne coûte pas cher. C’est une bombe à déflagration multiple. Il faut distinguer les violences sexuelles dans la guerre et le viol de guerre. Les violences sexuelles ce sont les soldats qui pillent le village et qui en profitent pour violer. Le viol de guerre est systématique et ordonné. Il y a eu un basculement dans les années 90. Le viol a toujours existé, le tribunal de Nuremberg n’a jamais traité vraiment des viols comme arme de guerre. La Bosnie a mis en place des camps de viol qui visait clairement un nettoyage ethnique et je pense que c’est là où on s’est aperçu que ça marchait bien. Boko Haram en a fait une arme massive. On en voit l’effet des années après. Il y a les enfants issus du viol, il y a les traumas. Ca décompose les familles. Je ne connais pas aujourd’hui un conflit à l’heure actuelle ou le viol n’est pas utilisé. C’est plus facile d’utiliser le viol que de tuer les gens. Il y a l’idée d’atteindre les générations suivantes avec les enfants issus du viol. Comment les intégrer dans la société&nbsp;? Je n’ai pas de mots. Je n’arrive pas à comprendre que ça ne pose plus de questions au niveau mondial.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_3067" aria-describedby="caption-attachment-3067" style="width: 484px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-3067" src="http://www.jaipiscineavecsimone.com/wp-content/uploads/2017/10/La-Sud-Soudanaise-Ayak-violée-plusieurs-fois-par-des-soldats-pendant-la-guerre-civile-pose-en-couverture-du-Time.png" alt="La Sud Soudanaise Ayak, violée plusieurs fois par des soldats pendant la guerre civile, pose en couverture du Time" width="484" height="495"><figcaption id="caption-attachment-3067" class="wp-caption-text">La Sud Soudanaise Ayak, violée plusieurs fois par des soldats pendant la guerre civile, pose en couverture du Time</figcaption></figure></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Qu’est ce que permet de faire BackUp une fois les victimes signalées&nbsp;?</strong></p>
<p>L’autre volet de ce projet est une fonction d’alerte. Il permet aussi à d&#8217;autres personnes&nbsp; (activistes, enquêteurs) de pourvoir transmettre des documents, des vidéos, des témoignages enregistrés, des photos…&nbsp; sur un serveur sécurisé.&nbsp;L’un des problèmes dans les conflits aujourd’hui &#8211; on la vu en Syrie &#8211; c’est que les organisations internationales ne peuvent plus accéder aux zones de conflit.<span style="text-decoration: line-through;"><br />
</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Il y a des libyens qui se baladent avec des disques durs cachés dans les sous-vêtements de leur femme et parce qu’ils ne peuvent pas sortir leur document et quand ils veulent sortir on check leur téléphone et à titre de représailles ils se font violer. On a cherché un moyen de faire sortir des documents de manière sécurisée et que ce ne soit pas identifiable sur les portables.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Que faites-vous de ces données ?</strong></p>
<p>Elles ne nous appartiennent pas. BackUp fonctionne comme une &#8220;save box&#8221;. Nous stockons et analysons ces informations. On aide les victimes à constituer un dossier. On peut les guider à distance. Enquêter sur un crime de guerre c’est plus complexe qu’un crime de droit commun parce que ça inclut de remonter les chaines de commandement… Nous allons pouvoir dire&nbsp;: <em>&#8220;nous on a tout ces éléments, on pense que cela peut être qualifié de telle et telle manière&nbsp;: crime de guerre, de crime contre l’humanité, torture… mais il nous manque le témoignage de cette personne ou une description&#8221;</em>.&nbsp; Nous proposons un espèce de guide juridique à distance qui leur permettra de participer au processus de justice de leur pays. C’est aussi un outil d’empowerment. A terme l’idée est de faire du backup un outil prédictif.</p>
<p><strong>La technologie va donc modifier le processus de la justice internationale&nbsp;?</strong></p>
<p>Je pense que c’est une évolution du système international. Nous avons plus qu’avant des difficultés pour se rendre sur les zones de conflit. J’ai travaillé sur la Bosnie dans les Balkans, au plus fort de la guerre les Nations-Unies ont toujours été présentes. C’est juste impossible d’aller en Syrie aujourd’hui ! Internet modifie le système. Aujourd’hui les syriens envoient des vidéos sur Utube. Nous allons les aider à devenir des agents de la justice. On ne va pas faire les choses à leur place. On va leur donner les outils, ce qui leur manque pour qu’ils conduisent ce processus de justice avec notre appui.</p>
<p><strong>Comment travaillez-vous sur le terrain&nbsp;?</strong></p>
<p>Pour prendre le conflit en Bosnie que je connais extrêmement bien, il y a eu un Etat qui en a agressé un autre. La Serbie à l’encontre de la Bosnie et de la Croatie et une forme de nettoyage ethnique. Il y a des crimes qui ont été commis par les deux parties. Le premier procès que j’ai conduit en Bosnie pour viol de guerre c’était à&nbsp;l’encontre d’officiers de l’armée bosniaque. Dans les conflits d’aujourd’hui c’est plus difficile. Si je considère que je n’ai pas assez d’éléments pour constituer un dossier je n’y vais pas parce que ça sert à rien. En Libye on travaille avec des procureurs&nbsp; qui n’ont jamais poursuivis un crime de guerre. Parce qu’ils n’ont jamais été confrontés à cette question. On leur montre comment monter un dossier. C’est pour ça que la justice est complexe.</p>
<p><strong>Comment gérer ce flux d’informations&nbsp;?</strong></p>
<p>La plupart des gens sur le terrain ne veulent plus parler parce qu’ils disent ça sert à rien. On a qualifié le BackUp d’accélérateur de justice. J’ai discuté avec Fatou Bensouda procureur de la Cour Pénale Internationale. Souvent les libyens envoient beaucoup de dossiers à la Cour Pénale mais ils ne sont pas correctement préparés. L’idée est de créer un genre de &#8220;hub de nettoyage&#8221;. Dire tel document est valable ou non.</p>
<p><strong>Accélérer la justice c’est aussi impliquer la justice locale&nbsp;?</strong></p>
<p>En France on travaille a une possible action de justice logée au pole crime de guerre et génocide du Tribunal de Grande Instance de Paris et qui concernerait la Libye. Pour la République Centrafricaine il y a une cour pénale spéciale qui est en train de se constituer. Elle sera hybride nationale et internationale. <a href="https://www.hrw.org/fr/afrique/republique-centrafricaine">Humain Right Watch</a> a sorti il y a quelques jours un rapport qui parle des viols en Centrafrique. Ce sera certainement le deuxième pays pilote avec lequel on va travailler. Il faut arrêter avec cette vision très occidentale de la justice internationale qui consiste à envoyer des Les experts pour aider à rétablir la justice. Il y a une justice tribale des chefs. Et l’intérêt c’est de travailler avec eux et d’insérer des normes de droit de l’homme. Les survivants vont parler aux chefs de tribus. Les victimes ne vont pas devant les tribunaux.</p>
<p><strong>Comment financez vous ce projet&nbsp;?</strong></p>
<p>On est en pleine levée de fond. On a aucun fond public aujourd’hui. Maintenant qu’on est très avancé sur le développement du backup j’espère que l’Union Européenne nous accompagnera. On a été sélectionné par <a href="https://www.ashoka.org/fr/histoire/ashoka-lance-shareit-tech-good-accelerator-%C3%A0-station-f">Shareit Ashoka</a>. un &#8220;fellowship&#8221;qui nous accompagne notamment en mettant gratuitement à notre disposition un groupe de développeurs luxembourgeois. Le viol de guerre est un sujet international mais on va quand même aller voir Marlène Shiappa. C&#8217;est très difficile de lever des fonds. Je pense que le sujet des violences sexuelles reste tabou. Nous avons des financements privés parce qu’on est une agence d’expertise mandatée pour réaliser des missions. Nous allons créer le premier observatoire mondial sur les violences sexuelles dans les conflits. Interpol nous a demandé de les aider à développer une étude de faisabilité sur un certificat international sur les crimes sexuels et on travaille au Niger mandaté par l’Union Européenne.</p>
<p><strong>Comment vous préservez-vous de ce que vous vivez sur le terrain&nbsp;?</strong></p>
<p>Je passe beaucoup de temps sur les zones de conflit et je pense qu’il y a un moment ou nos systèmes sont un peu différents du reste des gens. Je prends de la distance. J’ai une maison à l’ile d’Yeu où je me ressource. Mais aussi les survivants qu’on rencontre sont des gens résilients et extrêmement forts. Ils essaient de reprendre leur vie, humainement ca me nourrit énormément.</p>
<p><strong>Quelles sont vos prochaines actions&nbsp;?</strong></p>
<p>Je vais travailler sur le viol commis pendant la décennie noire en Algérie par les terroristes. Puis on va aller en Libye et en Ouganda et retourner en Centrafrique si on a le temps.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Propos recueillis par Sophie Dancourt</strong></p>
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<p><span style="text-decoration: line-through;">&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/avec-backup-celine-bardet-veut-accelerer-la-justice-pour-les-victimes-de-viols-de-guerre/">AVEC &#8220;BACKUP&#8221; CÉLINE BARDET VEUT ACCÉLÉRER LA JUSTICE POUR LES VICTIMES DE VIOLS DE GUERRE</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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		<title>JULIENNE LUSENGE L&#8217;ACTIVISTE QUI REND SA DIGNITÉ AUX CONGOLAISES</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sophie Dancourt]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Jul 2017 19:33:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[conflit]]></category>
		<category><![CDATA[droit des femmes]]></category>
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		<category><![CDATA[viol]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Co-fondatrice et Présidente du SOFEPADI (Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral-2000) en République Démocratique du Congo et Directrice du FFC (Fonds pour les femmes congolaises-2010), Julienne Lusenge, native du nord Kivu à l’est du pays milite pour la reconnaissance des droits des femmes et l’égalité des genres. Conditions indispensables à la prévention [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Co-fondatrice et Présidente du SOFEPADI (Solidarité Féminine pour la Paix et le Développement Intégral-2000) en République Démocratique du Congo et Directrice du FFC (Fonds pour les femmes congolaises-2010), Julienne Lusenge, native du nord Kivu à l’est du pays milite pour la reconnaissance des droits des femmes et l’égalité des genres<em>. </em>Conditions indispensables à la prévention des conflits qui gangrène son pays et particulièrement <a href="http://www.la-croix.com/Monde/Afrique/LEst-RD-Congo-dechire-22-guerre-2016-08-15-1200782377">la région du Kivu depuis plus de 20 ans</a> . Elle met en oeuvre une politique globale qui ne se contente pas d’assister les victimes de violences sexuelles. Elle mène un combat inclusif pour rendre ces femmes activistes du changement. «Les conflits sont menés sur les corps des femmes, nous sommes le champ de bataille. Mais nous sommes également les mieux placés pour analyser, faire la médiation et résoudre les conflits de manière équitable et durable». Membre du Conseil Consultatif de ONUFEMME, elle veille via le FFC à l’application de <a href="http://www.un.org/fr/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/1325(2000)">la Résolution 1325 &#8220;Femmes, Paix et Sécurité&#8221;</a> des Nations Unies relative à la lutte contre les violences sexuelles et basées sur le genre adoptée en 2000. «&nbsp;Les droits des femmes sont également considérés comme un luxe, jamais fondamental, toujours une monnaie de négociation et la première chose à retirer de la table de négociation». L&#8217;intégration socio-économique des victimes de violence genrée est l’une des spécificités des actions menées par Julienne Lusenge. Son engagement à valeur universelle. Entretien.</strong></p>
<p><strong>Comment est né votre engagement&nbsp;?</strong></p>
<p>Je suis engagée dans la justice sociale depuis l’enfance. J’ai été marqué par mon père. C&#8217;est lui qui m&#8217;a appris à à défendre le droit des femmes. Je le faisais partout. A l’école et dans mon travail. J’ai été six ans journaliste dans une radio communautaire où j&#8217;animais des émissions centrée sur le rôle des femmes dans la vie publique, je rencontrais les gens. Je voyais les souffrances des communautés et l’engagement de leurs membres pour s’en sortir. Tout ça m’a marqué. Et surtout j’ai vu les femmes pendant les guerres dans notre pays. De quelle façon elles sont maltraitées, violées. Je ne peux même pas décrire ce qu’elles subissent&nbsp;!</p>
<p><strong>Quelle est la situation au Congo ?</strong></p>
<p>La situation reste dominée par l’absence d’organisation de toutes les élections. Ce qui suscite beaucoup de tension. Les sénateurs, députés provinciaux ainsi que les gouverneurs et vice-gouverneurs sont hors mandat depuis l’année 2011.Tandis que Le Président de la République (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Kabila">Joseph Kabila)</a> et les députés nationaux ne sont plus légitimes depuis le 19 décembre 2016. Sur le plan sécuritaire, il y a de fortes tensions conduisant à des graves violences. Au sein des différentes communautés de l&#8217;Est, la présence des groupes armés étrangers et locaux ne cesse d&#8217;endeuiller les communautés qui subissent régulièrement les affres des conflits. Le kidnapping des enfants et des adultes est devenu récurrent. Les ravisseurs demandent des rançons aux familles. La population réclame l’alternance au pouvoir.</p>
<p><strong>Vous souhaitez de nouvelles élections&nbsp;?</strong></p>
<p>Nous les attendons vraiment&nbsp;! Il n’y a pas les services de base. Pourquoi continuer avec le même régime&nbsp;? Nous n’avons pas vu les grands voleurs des biens publics être punis&nbsp;! Ils sont déplacés d’un poste à un autre. Nous voulons voir un changement de régime, des acteurs nouveaux. C’est la responsabilité de chaque congolais. Les tentatives d’alternance ont échoué jusqu’à maintenant.</p>
<p><strong>Quelle place a la femme dans la société congolaise ?</strong></p>
<p>La femme Congolaise vit au quotidien plusieurs formes de violations de ses droits et de discrimination dans le ménage et dans la famille. Elle est sous représentée au niveau politique, dans les institutions publiques et privées du pays. Sur le plan national, provincial et local, la proportion de femmes qui participent aux cercles des prise de décision est faible. De même que dans les initiatives de résolutions des conflits et le processus de paix. Elles n’y sont pas équitablement impliquées et subissent les décisions prises par les gouvernants.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>La RDC est considérée comme l&#8217;un des pays&nbsp;du monde le moins favorable aux femmes, avec des taux élevés de disparités en ce qui concerne l&#8217;éducation, les droits liés à la santé sexuelle et reproductrice, les droits fonciers, l&#8217;accès aux libertés civiles, la représentation politique et les services sociaux de base.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Est ce qu’il y a une prise de conscience de la société congolaise. Est ce que les mentalités commencent à changer&nbsp;?</strong></p>
<p>Tout est venu de l’action de groupe de femmes. Il y a des régions qui ont été suffisamment soutenues par les partenaires occidentaux. Ils ont envoyé des fonds afin que les associations travaillent pour &#8220;conscientiser&#8221; les membres des communautés, les jeunes, les leaders d’opinion, les chefs coutumiers et les victimes. Mais certaines régions n’ont pas réussi, ou n’ont pas reçu le même soutien. Les coutumes restent encore trop fortes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><figure id="attachment_2690" aria-describedby="caption-attachment-2690" style="width: 586px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-2690" src="http://www.jaipiscineavecsimone.com/wp-content/uploads/2017/07/Twiiter-SOFEPADI.png" alt="Twitter SOFEPADI" width="586" height="500"><figcaption id="caption-attachment-2690" class="wp-caption-text">Twitter SOFEPADI</figcaption></figure></p>
<p><strong>Vous réfutez cependant la notion de «&nbsp;culture du viol&nbsp;»&nbsp;?</strong></p>
<p>Dans la plupart de nos communautés traditionnelles, le viol n’était pas accepté. Il y avait des règles qui bannissaient les violeurs. Ils étaient chassés du village. Cependant dans d’autres communautés il y avait des rituels qui favorisaient le viol. On offrait une jeune fille vierge lors de l’investiture du chef ou pour résoudre un conflit entre les communautés. Si un homme était tué, elle était alors donnée au frère du défunt pour perpétuer la progéniture de la personne tuée. Depuis l’arrivée des rwandais nous avons vu les viols changés de nature programmer pour détruire l’organe de la femme.</p>
<p><strong>Votre constitution pourtant reconnaît la parité homme/femme&nbsp;?</strong></p>
<p>C’est le cadre légal. Le nouveau code de la famille offre les mêmes droits aux homme et femmes. La RDC a ratifié plusieurs conventions internationales. Cependant la mise en œuvre de tous ces textes et la volonté politique posent problème. Le gouvernement ne nous soutient pas.</p>
<p><strong>Comment&nbsp;expliquer le manque de soutien de la part du gouvernement ?</strong></p>
<p>Au départ il pensait qu’on était là pour le mettre en cause sur la sécurité des populations et la protection des femmes. Dénigrer le pays à l’étranger quand on parlait des violences sexuelles. Les choses ont évolué avec <a href="http://www.un.org/sexualviolenceinconflict/fr/qui-sommes-nous/a-propos-du-representant-special/">l’action du rapporteur spécial des Nations Unies madame Bangura</a>. Elle a beaucoup travaillé au côté du gouvernement pour l’amener à accepter la réalité des faits. C’est un problème de santé publique et il fallait que le gouvernement s’engage. Elle a obtenu du gouvernement un communiqué conjoint signé par le Premier Ministre, le Ministre de la défense et les Nations Unies qui engage le gouvernement à lutter contre les violences faites aux femmes en sanctionnant les militaires auteurs de ces crimes. Elle a amené aussi le Président de la République a engagé <a href="http://femmes.blogs.challenges.fr/archive/2016/01/15/jeanine-mabunda-la-femme-qui-brise-le-silence-en-republique-109962.html">une conseiller spéciale Jeanine Mabunda</a> chargée de la lutte contre les violences sexuelles et le recrutement des enfants. Mais 60% des auteurs de ces crimes sont des civils. Il reste un grand travail d’éducation a mené auprès des jeunes et de toutes les couches de la population pour qu’on arrive au changement.</p>
<p><strong>Comment éduquer les populations ?</strong></p>
<p>Nous allons dans les écoles, dans les villages pour vulgariser la loi et montrer les conséquences de ces crimes sur les communautés. Ce sont les tranches d’âge des personnes actives qui sont attaquées. Les enfants de 2 à 17 ans et les femmes de 18 à 45 ans ont des maladies sexuellement transmissibles, le sida ou des séquelles qui ne leur permettront plus d’être actives pour la communauté. Notre travail est d’informer en langue locale sur les radios. Organiser des rencontres pour discuter de ces questions et en débattre avec les femmes et les hommes. Nous allons aussi dans les églises pour travailler avec les pasteurs,les imams, les prêtres pour les amener à s’impliquer dans la lutte. Nous voyons vraiment un changement.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Le FFC soutient les organisations qui luttent pour changer les normes sociales, les coutumes et pratiques discriminatoires. Par exemple en incitant les hommes et les garçons à promouvoir une &#8220;masculinité positive&#8221;&nbsp; avec respect, amour et attention</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Comment amenez vous les femmes victimes à devenir actrices du changement ?</strong></p>
<p>Après une prise en charge holistique les survivantes sont constituées en groupe de soutien. Nous les informons de la loi et de leurs droits. On les transforme pour qu’elles deviennent elles mêmes des activistes, actrices du changement. Elles apprennent un métier. Elles prennent en charge leur famille. C’est elles qui paient les loyers, l’école des enfants, les soins médicaux. Toutes les charges sociales retombent sur les femmes. Les salaires des maris n’arrivent pas. L’Etat congolais ne paie pas les fonctionnaires.</p>
<p><strong>Vous prônez un processus inclusif ?</strong></p>
<p>Des femmes se regroupent au sein d’ateliers de couture. On achète les machines et tissus. Elles s’installent et cousent des uniformes pour les enfants. Elles prennent ainsi de l’importance dans la communauté. Elles font pression pour l’aboutissement de leurs dossiers devant la justice, pour encourager les autres survivantes à dénoncer et venir chercher de l’aide auprès des organisations. C’est une <em>détraumatisation</em> collective.</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p>Nous qui étions des laissés pour compte sommes aujourd’hui valorisées car nous pouvons apporter du soutien financier à nos communautés en travailler.</p></blockquote>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Vous insistez sur l’importance de rendre la justice dans les villages&nbsp;?</strong></p>
<p>Les jugements qui se font à la Haye c’est bien mais les gens ne se rendent pas compte de la situation et les victimes n&#8217;en sont même pas informées&nbsp;! Elles se sentent abandonnées. Beaucoup sont mortes avant qu’un jugement soit rendu. Nous amenons donc les tribunaux dans le village. Nous prenons tout en charge pour que les auteurs des faits soient jugés devant les membres des communautés et des familles là où les crimes ont été commis. Les femmes retrouvent leur dignité au sein de leur communauté. Nous voulons que le droit moderne s’applique mais sans revenir au droit coutumier. Nous avons demandé la formation de tribunaux spéciaux pour le Congo mais la communauté internationale a trouvé que c’était la mer à boire&nbsp;! alors que pourtant il y en a eu au Rwanda, et il va y en avoir en Centreafrique pourquoi pas au Congo&nbsp;?</p>
<p><strong>Qui sont vos partenaires&nbsp;?</strong></p>
<p>Pour <a href="http://www.sofepadirdc.org/">SOFEPADI</a> nos partenaires financiers sont la fondation Oak basée à Genève, la fondation American Jewish World Service (AJWS), la fondation NoVo et nous avons travaillé avec les ambassades de France et de Norvège, des Pays-Bas. Avec les fondations nous avons des contrats de 3 ans et nous pouvons affecter les fonds là où sont les besoins. C’est une véritable chance&nbsp;! Mais il faut que les donateurs soient patients et continuent à soutenir effectivement notre travail. Certains au bout de 6 mois abandonnent. Notre travail doit être soutenu à long terme pour que l’on obtienne des résultats. Les entreprises congolaises ne donnent pas de fonds pour les actions humanitaires ou sociales.</p>
<p><strong>Quels sont vos prochains objectifs&nbsp;?</strong></p>
<p>Nous continuons de travailler sur la paix pour résoudre les conflits au niveau local et national en plaidant auprès des acteurs politiques pour qu’on ne retombe plus dans la violence comme cela a été. Nous en appelons chaque jour aux consciences des politiques et principalement à la majorité présidentielle. Il y a des cas graves de violences sexuelles. Nous devons bâtir la démocratie dans notre pays pour que chaque congolais puisse un jour respirer la paix et profiter de toutes les richesses qui regorgent dans notre pays. Ca ne peut pas être l’apanage d’un groupe de gens.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://jaipiscineavecsimone.com/julienne-lusenge-lactiviste-qui-rend-sa-dignite-aux-congolaises/">JULIENNE LUSENGE L&#8217;ACTIVISTE QUI REND SA DIGNITÉ AUX CONGOLAISES</a> est apparu en premier sur <a href="https://jaipiscineavecsimone.com">J&#039;ai piscine avec Simone</a>.</p>
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