Les tribunaux de Seine-et-Marne ont signé début avril une convention avec une association pour mettre à disposition des boutons connectés via une application afin d’alerter des proches en cas de violences à domicile et sans démarche juridique préalable.
Un clic qui peut sauver des vies. Alors que les personnes victimes de violences conjugales peuvent disposer en France d’un « téléphone grave danger » pour alerter rapidement les forces de l’ordre, un autre dispositif est en train de convaincre plusieurs tribunaux. Ceux de Seine-et-Marne début avril, après ceux de l’Yonne et du Vaucluse.
Il s’agit d’un petit bouton uni ou décoré qui peut se glisser sur la bretelle d’un soutien-gorge, sur un sous-vêtement ou se porter en bijou. Celui-ci est connecté à l’application mobile « Mon shérif » par Bluetooth. En cas de danger, une simple pression sur le bouton permet d’envoyer un SMS rédigé à l’avance et sa position à cinq personnes contacts désignées auparavant dans l’application. Ces proches peuvent alors se coordonner pour prévenir la police.
Un bouton qui peut enregistrer des preuves
D’autres clics sont possibles. Une double pression envoie une triple alerte géolocalisée sous forme d’appel téléphonique, de SMS et d’e-mail. Un appui long enclenche une sirène d’alarme pour faire fuir ou enregistre l’ambiance sonore sur des serveurs sécurisés, ce qui peut permettre de récolter des preuves. Le bouton d’alerte reste connecté au téléphone dans un rayon de 30 mètres et l’application fonctionne même si le réseau du téléphone est en EDGE. Sur le téléphone portable de la personne en danger, l’application porte même un autre nom pour encore plus de protection.
« Mon shérif » a été développé par Dominique Brogi, après les attentats de janvier 2015. Initialement, elle était destinée à toutes les personnes craignant pour leur sécurité. Aujourd’hui, elle revendique plus de 10 000 utilisateurs et utilisatrices quotidiennes.
Pas de démarches juridiques nécessaires
Les tribunaux de Meaux, de Fontainebleau et de Melun, en Seine-et-Marne, ont choisi de se doter de 100 boutons, qui viendront compléter les équipements comme le « téléphone grand danger » ou les bracelets anti-rapprochement, qui permettent de géolocaliser et de maintenir à distance les conjoints et ex-conjoints violents.
En plus de leur discrétion, l’avantage des boutons « Mon shérif » réside dans le fait qu’il n’est pas nécessaire d’avoir entamé des démarches juridiques pour en bénéficier. C’est par l’intermédiaire de l’association d’aide aux victimes et médiation judiciaire Avimej que des femmes pourront en disposer. L’association pourra donc veiller à accompagner également la victime pour se sortir de cette situation ou se tourner vers la justice.
D’après une enquête du service de statistiques du ministère de l’Intérieur publiée en novembre, 295 000 personnes âgées de 18 à 75 ans [PDF] ont déclaré avoir été victimes de violences physiques et/ou sexuelles par leur conjoint ou ex-conjoint chaque année, entre 2011 et 2018. Parmi celles-ci, 72 % étaient des femmes.